Les angles morts décevants de Lordon et Todd

On est toujours déçu que par les siens... Du moins ceux qui vous éduquent deviennent des figures tutélaires à envoyer chier. Pour mieux y revenir. Ci après, deux déceptions de gauche.

La première concerne Frédéric qui se prête au jeu d'aller offrir la contradiction raisonnable et raisonnée de gauche à une école de francs droitards de souche, dont deux parangons posent les questions. Et, vers 1h08 30'' tout bascule: la seule force de proposition anticapitaliste est la promotion d'une institution vieille de 150 ans, respectable évidemment, à promouvoir certainement, mais dont l'existence n'a apporté que 50 000 travailleurs sur 25 millions actuels, à être à ses yeux libérés du capital: les SCOP. Les bras m'en tombent. Après tant de réflexion commune, de débats fructueux, il est incapable de mener à bien le combat: le salaire à vie adossé à la qualification, et l'interdiction de la propriété lucrative. Là, pour le coup, il les aurait fait blêmir. Quel acte manqué, qui ne traduit qu'une chose: les institutions salariales de la valeur économique sont bien difficile à promouvoir, même par ceux qui y adhérent et qui pourraient en être les meilleurs promoteurs.

© HEC Débats

 

La seconde concerne Emmanuel, dont le discours sur l'élection américaine que je partage n'est même pas tempéré par le fait que le milliardiare élu ne remettra pas d'un iota en cause le libre-échange, la libre circulation des capitaux et des marchandises, ni ne diminuera les guerres extérieures de l'empire. Aucune analyse de la disparité entre les aspirations des électeurs et celui élu. Avec une négation complète de la seule force qui remet en cause en France l'euro et le libre-échange et dont il nie l'existence même. Et de conclure, narcissique, sur son intention de ne pas voter, lui qui considère à tord comme démocratique nos systèmes de représentations. Voilà bien un concept que Todd n'a pas assimilé: un citoyen qui vote ses lois.

© Lebazarderaf

 

Bref, pour l'instant, le cul reste dans les ronces. Je plains les pauvres.

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