Article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 – LOI Rothschild - «Le Trésor public ne peut être présentateur

 
Certains croient que la LOI GISCARD 73 n’existe pas. Elle eut existé, mais  elle a été remplacée  par l’article 104 du Traité de Maastricht, et ensuite par l’article 123 du Traité de Lisbonne. Avec une constante, viser à privatiser les prêts aux  Etats.  Avec  un  succès  certain. Cela  a produit  240 000 milliards de dettes, et à un taux  moyen de 3%,  cela produit du 24 milliards par jour, et du 7 000 milliards par an.  Cela crée  le PNB  des  US, tous les ans ! Succès remarquable !

Article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 – LOI Rothschild

«Le Trésor public ne peut être présentateur

de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France»

Tout a commencé  par  la Loi Rothschild, en  France,  en 1973 sous  le règne de POMPIDOU avec Giscard aux finances. POMPIDOU  avait l’image du valet des Rothschild. Giscard  avait été auparavant  secrétaire d’Etat au Trésor en 1960 avec  Wilfrid  Baumgartner  comme Ministre des  Finances, ancien Gouverneur de la  Banque de  France.  Giscard avait eu ainsi tout loisir d’apprécier le volume d’affaires  qui échappait  à la banque privée.  C’était  l’escompte  des  obligations  d’Etat  qui passait  par la Banque de France et non pas  par les banques commerciales. Un vrai fromage en devenir !

A l’époque l’escompte régnait en maître et en masse  sur les places financières Vous aviez en main une obligation, vous la confiez à la Banque de France qui vous remettait des liquidités et vous vous engagiez à rembourser au plus tard à la date d’échéance de l’obligation. C’était « Ma Tante » pour les entreprises, banques et autres entreprises.

L’Etat n’était pas en reste. Il lançait ses propres effets sur un coin de table. Il pouvait s’engager à payer 10 millions dans 5 ans. Il présentait le billet à la BDF qui lui donnait 10 millions moins quelques sous correspondant aux intérêts. C’était pratique, rapide, et en petit comité. Il n’y avait pas d’agence de notation. Et si l’Etat n’avait pas un rond ensuite pour rembourser à échéance, la BDF passait à zéro la valeur de l’obligation dans ces comptes. Elle pouvait perdre ainsi allègrement ses 10 millions qu’elle avait généreusement prêtés à l’Etat.

Mais pour se refaire une santé financière, la BDF ne manquait pas de ressources et avait plusieurs méthodes. Elle pouvait vendre un peu d’or, elle encaissait ses 10 millions ou plus et elle avait un profit dans ses comptes, et elle avait  un peu moins de  stock d’or hors bilan. Le comptable était content. Il n’y avait plus tout à fait le stock d’or nécessaire pour garantir  le paiement des billets, mais ce n’était pas grave. Depuis le 15/08/1971, Nixon avait rompu le lien entre le dollar et l’or.  On voguait donc déjà  sur une mer de papier monnaie.   Mais on vivait bien.

En roue de secours,  si  la BDF ne voulait pas vendre de l’or, elle achetait du papier et le transformait  en  monnaie qui valait de l’or ! C’était  les alchimistes du 20ième siècle. Cela se  passait  à Chamalières,  banlieue de Clermont-Ferrand  dont  le Maire était  ….. … Giscard ! Il était  bien  placé pour sentir  le fumet de l’opération. Quelles que soient les pertes de l’Etat,  les comptes de tout un chacun étaient  au vert ! Et  on n’avait pas d’écologistes  l’époque.

Evidemment, par moment, l’Etat en faisait  trop. Il dépensait sans  compter, et  la  BDF  imprimait à tout va. Et l’étranger à  qui on présentait un magnifique billet de 100 Francs pour acheter  quelques litrons de pétrole finissait par dire  «  stop, j’en ai déjà plein dans mon matelas ». Alors la BDF dévaluait. Il fallait 5 francs  pour acheter  un dollar ? on dévaluait de 10%.Pour  avoir un  dollar il fallait 5,5 francs.  On  rachetait des dollars  au  prix fort et on pouvait  payer  le pétrolier au prix fort.  Mais tout le monde était  content. On avait gagné tellement d’argent  en construisant, en vendant, 50%, 70%, 100%,  grâce au fric de l’Etat,  qu’on pouvait payer 10% de plus.  C’est ce qu’Alfred Sauvy appelait le « chèque sans provision  qui rend tout le monde heureux ! ». C’était le bonheur en dehors de la  Finance. 

Mais c’était ainsi toute une activité financière qui passait sous le nez du système financier privé. On voit l’intérêt pour le système privé d’ aujourd’hui. Génération de 240 000 milliards de dettes qui tous les jours créent 1 pour 10000 de richesse supplémentaire soit 24 milliards tous les jours, un PNB américain tous les ans ! Ce fut une affaire splendide pour la finance. D’ailleurs l’emprunt Giscard lancé dans la foulée rapporta 100 milliards pour 7 milliards empruntés.

Comment cette histoire de LOI ROTHSCHILD  a-t-elle pu être vendue aux politiques de l’époque. On dit toujours que c’était un package complet de la réorganisation de la BDF. On croyait  que le prix de l’or allait filer avec les dévaluations. On pensait que le dollar découplé de l’or allait exploser, qu’il y aurait une inflation  galopante.  Je crois que c’est cet argument que Giscard a développé pour emporter le morceau. Et il gagna  ses  100 milliards en indexant  l’emprunt sur l’or !  Un véritable tour de force.

Ensuit c'est en 1993, avec le Traité de Maastricht[4], qu'une interdiction de principe est énoncée, dans son article 104:

  1. Il est interdit à la BCE et aux banques centrales des États membres, ci-après dénommées “banques centrales nationales”, d'accorder des découverts ou tout autre type de crédit aux institutions ou organes de la Communauté, aux administrations centrales, aux autorités régionales ou locales, aux autres autorités publiques, aux autres organismes ou entreprises publics des États membres; l'acquisition directe, auprès d'eux, par la BCE ou les banques centrales nationales, des instruments de leur dette est également interdite.
  2. Le paragraphe 1 ne s'applique pas aux établissements publics de crédit qui, dans le cadre de la mise à disposition de liquidités par les banques centrales, bénéficient, de la part des banques centrales nationales et de la BCE, du même traitement que les établissements privés de crédit.

Cette prise de  pouvoir par le  financier  est triste  pour  une raison de base qui  tient  à l’ampleur du taux de marge de l’industrie, du commerce,  par rapport à  celui de l'activité financière.  Industrie,  commerce, sont des activités  où l’Homme crée réellement.  En  Finance,  il y a peu de création de valeur ajouté réelle. Le Financier va jouer sur des masses importantes où il va appliquer un taux de marge faible  (3 à 10%) . L’Homme n’y a pas sa place. Alors  qu’en industrie et commerce  on va  travailler dans l’espoir d’avoir un taux de valeur largement supérieur  à 50%.. C'est le domaine de l'Homme.

C’est cette différence qui a crée le problème. Le  financier travaillant en  taux de marge faible, ne peut pas accepter la moindre inflation. S’il travaille  à 5% et qu’il y a une  inflation de 3%, il perd 40% de son taux de marge. Alors qu’un industriel qui travaille  à  70% de marge brute, résistera sans problème  à un taux d’inflation de 15%.

C’est  cette guerre qu’il y a  depuis 40 ans. C’est une guerre qui se renouvelle dans l’Histoire de l’Humanité. Le guerrier ( industriel, commerçant….) crée de la richesse,  il gouverne alors. Quand  la richesse est conséquente,  le gestionnaire financier prend le pouvoir. Il ne crée  plus,  IL essaye de faire fructifier. Mais il ne suit pas le changement du monde.   Et il ruine les affaires. Alain Peyrefitte, a écrit un excellent livre sur ce sujet ( Le Miracle du Développement, 1994 environ).  Il est à méditer.

Alors on descend dans l’arène !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.