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Billet de blog 22 févr. 2013

ESTOMPE DE LA DETTE FRANCAISE

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ESTOMPE DE LA  DETTE FRANCAISE

REWRITING AMENAGEE   D'un article de la Tribune

(Irlande et France même combat?)

Ca y est ! L’Europe a commencé à exploser ! La France  a liquidé  la moitié de sa dette en catimini ! Elle a obtenu d’être un cas particulier de l’Euro. Il y a eu cette nuit un parfum de crise de la dette à Paris. Le gouvernement français a lancé une procédure accélérée pour liquider la BNP qui regroupe les reste des banques CA ET SG qui avait été nationalisées en 2013.

Une nuit pour agir

Vers 17 heures, mercredi, les agences Reuters et Bloomberg commencent à évoquer une possible liquidation de la banque. Mosco, le ministre français des Finances, prend alors peur. Si cette nouvelle se répand, les déposants à la BNP vont vider leurs comptes et les détenteurs des obligations émises par la BNP vont chercher à solder leurs positions. La valeur de la banque risque de s'effondrer et le projet de liquidation en douceur, prévue selon lui depuis septembre, risque d'échouer.

Le règlement du différend avec la BCE

L'affaire ne s'arrête pas là. Cet après-midi, le gouvernement annonce avoir trouvé un accord avec la BCE sur le règlement de la « reconnaissance de dettes » de 900 milliards d'euros signée par l'Etat Français à la BNP en 2010 afin que cette dernière puisse se refinancer auprès de la BCE. Cette reconnaissance de dettes obligeait Paris à rembourser chaque année en mars 90 milliards d'euros à la BNP afin que cette dernière puisse ensuite rembourser les sommes levées à la BCE. Evidemment, une fois la BNP liquidée, la question de cette procédure se pose. En réalité, Paris a clairement piégé la BCE en la contraignant à trouver un accord alors qu'elle rechignait depuis des mois à conclure.

L'accord avec la BCE met fin au paiement annuel de 45 milliards d'euros. La reconnaissance de dettes du gouvernement français envers la BNP est remplacée par le versement direct à la BCE  d'une obligation d'Etat Français de 40 ans de maturité et  portant intérêt à 3%. Ceci fera économiser, selon le  premier ministre français Héros, trente milliards d'euros par an au budget. « Ce sera autant de taxes et de coupes budgétaires en moins », a conclu le premier Ministre.

Avec ce mouvement précipité, la France  en finit avec un dossier qui empoisonnait son retour sur les marchés. Désormais, l'ex-«tigre gaulois» peut envisager l'avenir avec plus de confiance. D'autant que le rapport de la troïka publié ce jeudi ne tarit pas d'éloges sur le pays. Reste cependant deux questions. D'abord, l'économie de la France reste fragile. Elle repose uniquement sur les aides sociales, la demande intérieure restant des plus faible. Mardi, les constructions de maisons neuves ont atteint le plus bas niveau depuis 1970. Pas sûr, donc, que la France puisse être un modèle pour le reste de l'Europe. Ensuite, l'accord trouvé avec la BCE pose problème : la BCE ne doit pas acheter directement des dettes émises par les Etats de la zone euro. Certes, ici, il s'agit d'une conversion d'une dette bancaire. Mais ceci a furieusement le goût d'un renflouement direct. Il est vrai que les dirigeants européens et la BCE avaient déjà affirmé voici quelques semaines que « la France était un cas particulier. » Comme la Grèce. De plus en plus, donc, l'Europe devient donc une addition de « cas particuliers » qui permettent aux dirigeants européens d'éviter leurs propres engagements. le principal enseignement de cette "folle journée" restera cependant que, pour la première fois depuis le début de la crise, un pays a fait céder ses créanciers et la BCE dans un mouvement rapide et inédit. C'est peut-être la plus belle réussite française

http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20130207trib000747514/comment-l-irlande-a-liquide-son-fardeau-bancaire-en-une-nuit.html

http://www.20minutes.fr/economie/1095913-irlande-anglo-irish-bank-liquidee

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