Jérôme Latta
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Billet de blog 3 janv. 2022

« Il fallait que Paris fût victorieux, pour que le monde fût sauvé »

Dans son roman « Paris », Émile Zola accorde à la capitale française le pouvoir d'éclairer l'humanité tout entière, en fait le champ où germent les moissons de l'avenir contre l'obscurantisme religieux et les injustices sociales. Une vision exaltée, plus conforme au siècle qui s'achevait qu'à ceux qui s'annonçaient.

Jérôme Latta
Journaliste indépendant
Pigiste Mediapart
Affiche pour la parution en feuilleton de 'Paris", Théophile-Alexandre Steinlen, 1897.

Paris sauvera le monde. C'était du moins ce que pensait Émile Zola en 1897 au travers de plusieurs personnages de son roman… Paris. Il n'a pas été le seul à prêter à la ville de pareilles vertus, et comme beaucoup d'écrivains de son siècle, Zola a fait de la capitale un personnage, un organisme vivant (auquel il a d'ailleurs donné un ventre), qui représente le corps social. Il avait déjà livré, dans le cycle des Rougon-Macquart achevé avec un vingtième roman en 1893, la description de ses transformations urbaines, politiques et sociales sous le Second empire.

Dans Paris, dernier volet de la série des Trois villes précédé par Lourdes et Rome, Zola fait d'abord de la ville le leitmotiv d'un « océan » contemplé depuis les hauteurs de Montmartre, centre géographique et narratif du roman. Le Sacré-Cœur est en construction, encore dépourvu de son dôme, et devant lui s'étend cet océan primordial que le soleil fait bouillonner d'une vie confuse et sur lequel une tempête imminente doit s'abattre.

  • Maintenant, il s'était tourné vers la ville. Paris immense se déroulait à ses pieds, un Paris limpide et léger, sous la clarté rose de cette soirée de printemps précoce. La mer sans fin des toitures se découpait avec une netteté singulière, qui aurait permis de compter les cheminées, les petits traits noirs des fenêtres, par millions. Dans l'air calme, les monuments semblaient des navires à l'ancre, une escadre arrêtée en sa marche, dont la haute mâture luisait à l'adieu du soleil.

Chaudière de l'avenir

Du haut de la Butte, le regard balaye les « quartiers de misère et de travail » à l'est, les « quartiers marchands », « des affaires et des passions » au centre, et les « quartiers de richesse et de jouissance » à l'ouest. L'intrigue se déploie entre ces zones névralgiques, auxquelles on peut ajouter le quartier latin, haut lieu de la science et du travail intellectuel (« la montagne Sainte-Geneviève, ce plateau du Panthéon, où toute connaissance et toute science ont grandi »), et l'Assemblée nationale, théâtre des intrigues d'une République corrompue et affairiste qu'il faut cependant défendre, fût-ce contre elle-même.

  • Et jamais Pierre encore n'avait mieux distingué les grandes divisions de cet océan humain : la ville du travail manuel, là-bas, à l'est et au nord, avec le ronflement et les fumées des usines, la ville de l'étude, de l'intellectuel labeur, si calme d'une si large sérénité, au sud, de l'autre côté du fleuve ; tandis que la passion du négoce était partout, montant des quartiers du centre, où se ruait bousculade des foules, parmi le continuel fracas des roues ; et que la ville des heureux, des puissants, en lutte pour la possession du pouvoir et de la richesse, déroulait à l'ouest son entassement de palais, dans l'incendie peu à peu sanglant de l'astre à son coucher.

Paris est aussi une « cuve », une « chaudière » où s'élabore « le vin de l'avenir ».

  • Pierre fut extrêmement frappé, et l'idée de la cuve géante lui revint, de la cuve ouverte là, d'un bord de l'horizon à l'autre, où le siècle prochain allait naître de l'extraordinaire mélange de l'excellent et du pire.
  • Et tout cela bouillait dans la cuve colossale de Paris, les désirs, les violences, les volontés déchaînées, le mélange innommable des ferments les plus âcres, d'où sortirait à grands flots purs le vin de l'avenir.
  • Et cette minute-là compensa toutes leurs larmes passées et futures, tandis que l'immense Paris, à l'horizon, travaillait à l'avenir inconnu, dans le grondement de sa formidable cuve.

En attendant cette régénérescence, l'écrivain voit aussi fermenter la colère sociale, poindre une tempête ou un incendie, un effondrement sur le point de balayer l'ancien monde et ses croyances.

  • Puis, lorsqu'il (Pierre) se fut dévêtu, dans la sacristie, et qu'il se retrouva dehors, devant la basilique, fouetté par la bise d'hiver, un frisson mortel le reprit et le glaça, tandis qu'il regardait, au travers de la brume, si l'ouragan de colère et de justice n'avait pas balayé Paris, la catastrophe attendue qui devait l'engloutir un matin, en ne laissant, sous le ciel de plomb, que le marais empesté de ses décombres.
  • D'un coup, la terre manquait sous ses pieds, il n'entendait plus que le cri du peuple, du grand muet, demandant justice, grondant et menaçant de reprendre sa part, qu'on détenait par la force et la ruse. Plus rien ne pouvait retarder la catastrophe inévitable, la guerre fratricide des classes qui emporterait le vieux monde condamné à disparaître sous l'amas de ses crimes. À chaque heure il en attendait l'effondrement, Paris noyé de sang, Paris en flammes, dans une tristesse affreuse.
  • La bourgeoisie, au pouvoir, ne voulait rien lâcher de la souveraineté conquise, volée tout entière, tandis que le peuple, l'éternelle dupe, le grand muet, serrait les poings, grondait en réclamant sa légitime part. Et c'était cette injustice affreuse qui emplissait de colère l'ombre naissante. De quel nuage, aux flancs de ténèbres, la foudre allait-elle tomber ? Il l'attendait depuis des années déjà̀, cette foudre vengeresse que de sourds fracas annonçaient, de tous les points de l'horizon. (…) il sentait la foudre inévitable, rien désormais ne pouvait retarder la catastrophe. Jamais encore il ne l'avait sentie si prochaine, dans l'impudence heureuse des uns, dans la détresse exaspérée des autres. Et elle s'amassait, et elle allait sûrement éclater au-dessus de ce Paris de rut et de bravade, qui, le soir venu, attisait sa fournaise.

On tombe même sur un écho prémonitoire de la fameuse phrase de Gramsci dans les paroles de François, l'étudiant, fils de Guillaume :

  • « Le vieux monde ne veut pas mourir, il se débat dans une convulsion dernière, il semble ressusciter pour une heure, avant d'être emporté par le fleuve débordé des connaissances humaines. »

Le Sacré-Cœur, « citadelle de l'absurde »

Les tribulations dans la ville de Pierre Froment, prêtre en rupture de foi qui comprend cruellement l'impuissance et l'hypocrisie de la charité chrétienne, le conduisent d'un lieu à l'autre, d'un milieu social à l'autre (prolétariat, petite bourgeoisie, grande bourgeoisie, aristocratie) où se tissent les intrigues du récit en même temps que le cheminement intellectuel vers sa propre libération. Il revient toujours sur la butte Montmartre, où cette intrigue doit se dénouer chez son frère Guillaume, ses trois fils, sa belle-mère et sa fiancée – famille idéale, recomposée avant l'heure, qui incarne cet avenir plus humain et plus heureux. La fresque romanesque, classique, utilise la ville comme un décor à la fois clos et infini, dans lequel se meuvent des personnages tous liés entre eux et qui représentent la société dans son ensemble.

Comme son héros, l'auteur fait le bilan des idées – des utopies – du siècle, de Saint-Simon à Fourier, de Proudhon à Comte, des socialismes originels à l'anarchisme qui agite cette décennie-là avec ses attentats et son désir de revanche sociale (désir légitime, mais dont la violence reste inacceptable chez un auteur qui ne désavoue qu'en creux ses anciennes condamnations de la Commune).

Empreinte de positivisme et d'humanisme, la vision de Zola quête une synthèse dont il est persuadé que le XXe siècle la livrera – pauvre de lui –, malgré la vogue du mysticisme et la contre-offensive de cette « nouvelle Église » qui veut se réconcilier avec la République pour mieux l'arraisonner, rapprocher Rome et Paris.

  • Avec la charité illusoire, inutile, l'Évangile croulait, le fin du Livre était prochaine. Après des siècles d'obstinées tentatives, la rédemption par le Christ échouait, il fallait un autre salut au monde, en face du besoin exaspéré de justice qui montait des peuples dupés et misérables.

La construction du Sacré-Cœur matérialise cette contre-offensive, au point que Guillaume, le frère de Pierre, chimiste exaspéré par les injustices et séduit par l'anarchie, envisage de le faire sauter avec un explosif surpuissant de son invention, le jour de son inauguration. Pour Zola, l'explosion sociale ne peut résulter de la violence terroriste, mais la basilique est une « provocation », un « temple idolâtre, bâti à la glorification de l'absurde », la « folie mystique et malpropre d'un cœur qui saigne », une « borne géante, que Paris verra de toutes ses rues, et qu'il ne pourra voir sans se sentir méconnu et injurié, dans son effort et dans sa gloire ».

  • « Dieu n'est pas là, il n'y a là qu'un défi à la raison, à la vérité, à la justice, un colossal édifice qu'on a dressé le plus haut possible, comme une citadelle de l'absurde, dominant Paris, qu'il insulte et qu'il menace. » (Pierre)
  • « N'est-ce point inacceptable, après des siècles de science, ce soufflet au simple bon sens, cet insolent besoin de triomphe, sur la hauteur, en pleine lumière ? Ils veulent que Paris se repente, fasse pénitence d'être la ville libératrice de vérité et de justice. Non, non ! il n'a qu'à balayer tout ce qui l'entrave, tout ce qui l'injurie, dans sa marche de délivrance… » (Guillaume)
  • « Une telle impudence, un tel soufflet donné à la raison, après tant de travail, tant de siècles de science et de lutte ! Et cela justement en face, au-dessus de notre grand Paris, la seule ville au monde qu'on n'aurait pas dû souiller de cette tache au front !... À Lourdes, à Rome, cela s'explique. Mais à Paris, dans ce champ de l'intelligence, si profondément labouré, où pousse l'avenir ! » (Guillaume)
La butte Montmartre avec le Sacré-Cœur en construction, François Borrel (Musée Carnavalet).

Avec Guillaume Froment, savant réprouvé, et son confrère Bertheroy, savant consacré, Zola célèbre au contraire la « religion de la science », dément la « faillite » de cette dernière, alors diagnostiquée. De ses avancées émergeront inéluctablement la « justice » et la « vérité » pour mettre un terme à la misère, aux inégalités obscènes, à la guerre et à l'obscurantisme religieux. La « chaudière » parisienne est le laboratoire de l'avenir.

  • « Oui, c'est vivant et c'est fort comme le soleil, comme ce grand soleil qui resplendit là, sur Paris immense, en y mûrissant les choses et les hommes. Paris moteur lui aussi, Paris chaudière où bout l'avenir et sous laquelle, nous autres savants, nous entretenons l'éternelle flamme… » (Bertheroy)
  • Il eut un geste vers Paris, sur lequel un soleil de victoire se couchait, et il dit encore : « L'entendez-vous gronder ?... C'est nous qui entretenons la flamme, qui mettons toujours du combustible sous la chaudière. Pas une heure, la science n'interrompt son travail, et elle fait Paris, qui fera l'avenir, espérons-le… Le reste n'est rien. » (Guillaume)

L'initiatrice, la civilisatrice, la libératrice

Paris est donc le creuset de cet avenir, et on retrouve chez Zola cette manière qu'avait aussi Hugo de faire incarner à la ville un rôle rédempteur, celui d'un phare qui éclaire l'humanité en même temps qu'un cloaque où se logent tous ses maux et où fermentent les idées de demain. Cette vision optimiste et franco-centrée – plus que franchement nationaliste tant l'histoire a opposé la capitale au reste du territoire – en fait une ville éternelle, berceau des révolutions du passé et de celles de l'avenir, garante du « bonheur humain ».

  • Seulement, il croyait à la mission initiatrice de la France, il croyait surtout à Paris, cerveau du monde d'aujourd'hui et de demain, d'où devaient partir toute science et toute justice. Déjà̀ l'idée de liberté et d'égalité s'en était envolée, au grand souffle de la Révolution, et c'était de son génie, de sa vaillance que l'émancipation définitive allait aussi prendre son vol. Il fallait que Paris fût victorieux, pour que le monde fût sauvé. (Guillaume)
  • Et le Paris nocturne, semé d'étoiles, étincelant comme un ciel d'été, restait lui aussi la grande énigme, le chaos noir, la cendre obscure toute pétillante d'étincelles, dont la prochaine aurore devait sortir. Quel avenir s'enfantait là pour la terre entière, quelle parole décisive de salut et de bonheur allait, avec le jour, s'envoler aux quatre points de l'horizon ?
  • Et c'était l'exaltation de Paris, tout le futur qui s'élaborait dans son énormité, et qui s'en envolerait, en une clarté d'aurore. Si le monde antique avait eu Rome, maintenant agonisante, Paris régnait souverainement sur les Temps Modernes, le centre aujourd'hui des peuples, en ce continuel mouvement qui les emporte de civilisation en civilisation, avec le soleil, de l'est à l'ouest. Il était le cerveau, tout un passé de grandeur l'avait préparé à être, parmi les villes, l'initiatrice, la civilisatrice, la libératrice.
  • En lui, dans les ouvriers de ses faubourgs, parmi les paysans de ses campagnes, il y avait des ressources infinies, des réserves d'hommes où l'avenir pourrait puiser sans compter. Et le siècle finissait par lui, et l'autre siècle commencerait, se déroulerait par lui, et tout son bruit de prodigieuse besogne, tout son éclat de phare dominant la terre, tout ce qui sortait de ses entrailles en tonnerres, en tempêtes, en clartés victorieuses, ne rayonnait que de la splendeur finale dont le bonheur humain serait fait.

Au fil du roman, la métaphore du champ l'emporte sur celle de l'océan, le magma corrompu le cède à l'image d'une terre fertilisée par la lumière, qui connaît d'abord sa saison des semailles.

  • À cette heure, sous le soleil oblique de l'après-midi d'hiver, Paris était ensemencé d'une poussière lumineuse, comme si quelque semeur invisible, caché dans la gloire de l'astre, eût jeté à main pleine ces volées de grains, dont le flot d'or s'abattait de toutes parts. L'immense champ défriché en était couvert, le chaos sans fin des toitures et des monuments n'était plus qu'une terre de labour, dont quelque charrue géante avait creusé les sillons.
  • Il dit tout haut son rêve. « C'est Paris ensemencé par le soleil, et voyez quelle terre de labour, que la charrue a creusée en tous sens, ces maisons brunes pareilles à des mottes de terre, ces rues profondes et droites comme des sillons. » Marie s'égaya, se passionna. « Oui, oui ! c'est vrai… Le soleil ensemence Paris. Tenez ! regardez de quel geste souverain il jette le blé de santé et de lumière, là-bas jusqu'aux lointains faubourgs ! Et même, c'est singulier, les quartiers riches, à l'ouest, sont comme noyés d'une brume roussâtre tandis que le bon grain s'en va tomber, en poussière blonde, sur la rive gauche et sur les quartiers populeux de l'est… C'est là n'est-ce pas ? que doit lever la moisson. »
  • En effet, à mesure que le soleil s'abaissait derrière le lacis des nuages, il semblait que le semeur de l'éternelle vie lançait sa flamme d'un geste volontaire, à cette place, puis à cette autre, dans un balancement rythmique qui choisissait les quartiers de labeur et d'effort. Là-bas, une brûlante poignée de semence tomba sur le quartier des Écoles. Puis, là-bas, une autre poignée éclatante alla fertiliser le quartier des ateliers et des usines.

Le roman s'achève sur la vision de l'inéluctable « moisson future de vérité et de justice », sous les yeux de la bien nommée famille Froment.

  • « Ah ! la moisson ! reprit Guillaume gaiement, qu'elle pousse donc vite, dans cette bonne terre de notre grand Paris, retournée par tant de révolutions, engraissée par le sang de tant de travailleurs ! Il n'est que cette terre-là au monde pour que l'idée y germe, y fleurisse… Oui, oui ! Pierre a raison, c'est le soleil qui ensemence Paris du monde futur, qui ne poussera que de lui. »
  • Alors, Marie, d'un beau geste d'enthousiasme, leva son enfant très haut, au bout de ses deux bras, l'offrit à Paris immense, le lui donna en auguste cadeau. « Tiens ! Jean, tiens ! mon petit, c'est toi qui moissonneras tout ça et qui mettras la récolte en grange ! » Paris flambait, ensemencé de lumière par le divin soleil, roulant dans sa gloire la moisson future de vérité et de justice.

Capitale du seul XIXe siècle

Le roman frappe par le tableau qu'il dresse des tensions idéologiques de cette époque et par « cette résonance qui nous [le] rend familier », comme l'écrit Edwy Plenel dans la préface à l'édition Points classiques. Il frappe aussi, inversement, par cette confiance dans l'avenir, cette foi aveugle dans la science et le progrès, qui ne peuvent apporter que bienfaits. L'étonnement n'est pas moindre de voir cette espérance incarnée tout entière par Paris, appelé à régner sur le siècle qui s'achève comme sur celui qui vient. Ce dernier, s'il verra la capitale culturelle et politique du monde d'alors jeter encore des feux brillants, sera pourtant celui de son déclin.

La capitale française, de nos jours, a perdu dans un monde décentralisé son caractère d'épicentre culturel et, si elle est encore le foyer de bien des mobilisations, elle n'a plus été à l'avant-garde politique après Mai-68. Le centre gentrifié et muséifié de la métropole n'est plus le théâtre de la confrontation des classes sociales, et il commémore surtout ses splendeurs aristocratiques passées en même temps qu'il exhibe son devenir bourgeois, parachevant la victoire que Zola voulait croire provisoire.

Zola véhicule une vision de la mission civilisatrice de la France que seul Paris pourrait mener et une conception universaliste qui ont vieilli en même temps que le pays et sa capitale. Comme la plupart de ses contemporains, l'écrivain n'a, par exemple, pas condamné le colonialisme, auquel il s'est à peine intéressé. Encore influencées par les théories maladroites de « l'hérédité », ses conceptions restent largement essentialistes et positivistes, et sa foi exaltée dans l'avenir ô combien imprudente. Il oscille aussi entre ce progressisme naïf et résolu qui le mettait à l'avant-garde de son temps, et ce moralisme dans lequel il tombe souvent et qui nous le rend obsolète.

Paris atteste la foi de Zola en un avenir plus heureux, en germe dans cette ville où siègent la science et la raison avant de régner sur le monde. Le roman témoigne surtout de ce que Paris a pu représenter pour ses contemporains, moins la Ville lumière que celle des Lumières, moins celle des monuments que celle des révolutions qui s'en sont emparés. Un personnage de fiction autant qu'un personnage de l'histoire, l'indéniable capitale du XIXe siècle qui ne serait cependant pas celle des siècles suivants. Lesquels ne verront ni l'avènement du « bonheur humain », ni la « moisson de justice et de vérité ».

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