COMMENT L'UBERISATION VA TUER !!!

Les Taxis ont mis en lumière, un problème plus vaste que Uber : Je veux parler de l'Uberisation.

Qu’est ce que c’est que ce truc ?

C’est le principe de mettre en place une application qui permette à quelques informaticiens de faire bosser des CENTAINES de travailleurs indépendants (auto-entrepreneurs en France) SANS DONC en assumer les responsabilités sociales. Ce qui ne les empèchent pas de se comporter en PATRON quant au recrutement, à la logistique et à la facturation.

NON je ne suis pas chauffeur UBER. Pire...

...BIEN PIRE !

Tant que cette uberisation permet à des gars d’aller gagner leur croûte dans leurs jolies berlines, protégés, par leurs carrosseries, leurs ceintures de sécurité, leurs airbags, leurs ABS ; dorlotés par leurs clims, leurs radios et leurs sièges ergonomiques... le problème de l'ubérisation est pour eux économique parce qu'ils gagnent de moins en moins. C'est aussi un grave conflit en terme de concurrence déloyal pour les Taxis.
Rien qu'en cela c'est déjà dangereux j'en conviens mais je ne veux pas rentrer dans ce débat, le gouvernement s’en occupe (plutôt bien pour l’instant).

Mais il y a tellement PIRE.

Car une Ubérisation bien plus perfide JETTE EN MASSE DES JEUNES A VÉLO DANS LE TRAFFIC URBAIN.

Je m’explique...

A Paris, Bruxelles, Londres et bientôt Berlin, Madrid, Amsterdam.... des startups au modèle économique calqué sur Uber proposent un service de livraison, à vélo, entre des restaurants et des clients, via une application.
“C’est cool, c’est fun, c’est "écolo" et les restaurateurs comme les clients sont relativement satisfaits. SOIT !

Restent -les livreurs-… dont je suis.

Nous sommes une tribu entre 150 et 200 à Paris. Je parle de “tribu” parce que le groupe est principalement composé de jeunes, honnêtes, volontaires, téméraires et courageux. 

Attention à ne pas confondre coursiers et livreurs.
Les coursiers à vélo- ne sont pas nouveaux. Ils sont un petit groupe de SALARIÉS qui évoluent depuis une vingtaine d'années au sein de PME.

Il en va tout autrement des LIVREURS.

Les Startups qui "n'embauchent” (comme Uber) que des auto-entrepreneurs.

Je pourrais parler aussi des nombreux scooters qui travaillent avec ce même statut d’auto-entrepreneur pour Resto-In ou Allo Resto… mais je ne veux parler ici que des cyclistes qui sont beaucoup plus exposés, de par leur fragilité, et courageux de par les efforts qu’ils fournissent sous la canicule, le froid ou la pluie.

Si nos logos diffèrent (plusieurs startups s'affrontent), on nous reconnaît par contre à la taille quasi caricaturale de nos GROS sacs à dos, les "cubes". Certaines de ces Startups usent quasiment de “glacières à bretelles”.

Cette tribu de cyclistes est en augmentation aussi exponentielle que vertigineuse du fait de la relative facilité à devenir auto-entrepreneur. Facilité qui permet donc à toute une cohorte de Startups ubèriennes d'engager -à peu de frais- toujours plus de jeunes gens âgés pour la plupart de 20 à 25 ans.

Des auto-entrepreneurs donc, sont payés -à la courses- ET ”cravachés” à coups de primes au rendement... et de sanctions. Toutes ces choses qui sont autant de subordination.
Combien connaissent ce terme à 20-22 ans ? Moi-même je l’ai appris il n’y a qu’un an et je tente depuis de faire connaître cette expression ESSENTIELLE que tant de gens ignorent mais qui a pourtant tellement de répercutions sur leurs vies. Mais j'y reviendrais...

Mais allez convaincre un jeune, SPORTIF qui plus est, empli de sa fougue, de son sentiment de puissance, son pouvoir tout neuf de libre-arbitre, bref sa "liberté"... Essayé de le convaincre que son approbation au système peut avoir d'immenses répercutions, sur lui à court terme et sur beaucoup de gens à moyen et long terme.

J'ai oublié de dire que, pour ma part, j'ai 45 ans et que, comme disent certains de mes petits camarades, je suis un peu le "Daron", le tonton... ou le “vieux con” comme pensent sûrement d’autres (ou parfois les mêmes... mais qu'importe je suis devenu "philosophe").

Oooh je n'ai pas voulu faire cet étrange boulot par pur jeunisme. Au chômage pendant longtemps, je me suis dis un jour, pousser par mon gout pour le vélo, qu'à l'heure de la pollution et du vélib... le vélo (j'en ai toujours fait) était peut-être un bon moyen de gagner sa vie en étant vraiment UTILE car participant à désengorger les grandes villes de façon "durable"... RIEN QUE ÇA... le tout en se faisant plaisir.

Ne suffisait donc, pensais-je, que d’un vélo, de volonté et un peu de professionnalisme.

Il se trouve que j’ai eu cette idée fin 2013 et, le temps de faire les démarches administratives, j'attaquais les recherches en 2014 et tombais vite sur la première des startups de livraisons implantée sur Paris depuis peu. On l'appelera "TTT". Elle recrutait à tour de bras.

J'attaquais donc fièrement les livraisons à vélo.

Je me suis vite rendu compte qu’en fait “D'UN PEU” de professionnalisme. En fait, il en fallait... BEAUCOUP ! Principalement parce que l'interface numérique, on dit l'APP, n'avait pas été conçu par des cyclistes, encore moins des livreurs.

Qu'à cela ne tienne. Au fur à mesure je me suis équipé. Tout était bon pour gagner du temps et avoir tout sous la main donc pas dans le sac. Une tenue quasi militaire (si si eux aussi sont dirigé par l'urgence), un super casque à visière rétractable. Un sifflet aussi (magique sur les grandes places). J'ai aussi équipé mon vélo de 3 lampes, 2 rétros, 1 grosse sonnette pour les piétons distraits et de pneus quasi increvables "qualité allemande" pour les (trop) nombreux morceaux de verres qui parsèment notre festive capitale.
J'ai étudié la géographie, la topographie, la toponymie et les aménagements cyclables de Paris. J’ai tenue ma compta, fait des statistiques. J'ai réduis ma vitesse pour plus de vigilance, j’ai changé mon alimentation et, le plus important, -j'ai appris à me reposer- pour récupérer...

Bref je me suis formé, adapté.... Professionnalisé. À mes frais et tout seul comme un grand.

Tellement -Professionnalisé- qu’en 2 mois je comprenais vite que cette startup qui “m’employait” n’était, ELLE, pas du tout professionnelle. Buggs à répétition, tarification obscure, erreur de facturation, retard de paiement, discours évasif, mensonges, menaces, sanctions...

Mon sens du relationnel et des responsabilités me décidait vite à fédérer tous les livreurs que je croisais devant les restos. Ce faisant je me rendis compte de 2 choses :

1 - Nous n'étions pas si nombreux que ça. TTT nous disais avoir près de 400 livreurs mais une fois avoir pris 30 numéros de téléphone je m'aperçu que je recroisais toujours les mêmes. (J'apprendrais plus tard, grâce aux documents liée à la procédure aux prud'hommes qu'ils n'avaient jamais eu plus de 60 livreurs.)

2 - En parlant avec les autres, je découvrais que les accident étaient très fréquents ET surtout que l'attitude de nos “donneurs d’ordres” oscillait entre désinvolture et mépris.

Ce sont les différents récits, parfois réellement tragiques, de mes camarades qui, après un premier sentiment de révolte, me décidais à ME poser des questions puis à EN poser.
Tout d'abord à TTT par la voix de notre manager. Mais ses réponses m'étaient très très insatisfaisantes.

Le jour où... ma vie a changé
C'est pas l'intermédiaire d'un ami commun, que je fis la connaissance d'
un juriste du droit du travail qui me mit en relation avec un avocat. Tout deux tombèrent des nues à la lecture du “contrat d’intermédiation” de 30 pages que j’avais signé avec cette startup.

- Mais Jérôme, c’est un contrat de Travail !!!
- Ah bon, c’est à dire ???
- C’est plein de subordination
- De quoi ???
- Pour toi qui n’y connaît rien c'est compliqué, mais pour n’importe quel juriste c'est ce qui défini que TU ES SALARIÉ !
- Ah non non je suis auto-entrepreneur
- Oui mais c'est pas comme ça que ça marche. C'est pas toi qui décide. NI TTT. Ce qui fait que tu es salarié ou pasn c'est la façon dont tu travailles avec TTT.

(s’ensuivirent des explications)

- ET donc Maitre… Que faut-il faire ???
- Il faut attaquer aux prud'hommes pour REQUALIFICATION en CONTRAT de TRAVAIL.

C'est quoi le "lien de subordination”.

C'est ni plus ni moins la clé de voûte du contrat de travail et du système social en France.
"si le Code du travail ne définit pas ce qu'est un lien de subordination, en l'absence de définition posée par la loi, c'est la jurisprudence qui a posé les critères à remplir pour caractériser l'existence de ce lien. Elle définit le lien de subordination comme l'exécution d'un travail qui se fait sous l'autorité d'un employeur ayant le pouvoir de donner des ordres et des directives, de contrôler l'exécution du travail et de sanctionner les manquements du salarié"

Dans notre cas c'était :

- Le sac siglé obligatoire
- Le maillot siglé obligatoire
- La casquette siglé obligatoire
- Le téléphone de TTT sur lequel TTT avait la main tout le temps.
- L'utilisation d'une carte de paiement TTT (pour payer les commandes)
- Le travail au sein d'un service organisé (et complexe)
- Classement, Notation dont découlait une prime (OU PAS)
- L'interdiction formelle d'aller travailler chez la concurrence (sous peine de 100000€ de préjudice c'est dans le contrat)
- Le mandat de Facturation (oui oui, on est "indépendants" MAIS c'est eux qui font nos factures... avec des erreurs) 
- Des sanctions : Retenu sur facture si il manque un truc dans le sac (même si les sacs étaient très souvent agrafés par les restaurateurs)

Restait à convaincre mes camarades.

Ce ne fut pas le plus simple mais à l’automne 2014, après 2 mois très éprouvants passés au téléphone et en réunions auprès de mes camarades de galère, le tout ponctué d’intimidations de TTT et de trahisons, nous réussissions en décembre, une dizaine de livreurs et moi, à amener cette startup devant les Prud’hommes. Petite victoire sommes toutes car la première et courte instance devait se clore sur une première “pirouette” juridique qui permit à TTT de repousser la plaidoirie en octobre suivant. En effet elle "réfutait la compétence des Prud’hommes dans cette affaire" pour essayer de porter la procédure devant le Tribunal de Commerce certainement plus conciliant. Fort heureusement notre avocat, de la vieille école, s’y attendait et nous avait prévenus.
Bien que certains camarades aient ensuite accepté des conciliations, très relatives, nous sommes encore quelques-un à attendre octobre et une décision de justice favorable qui, j’espère, fera jurisprudence. L'affaire étant en court c'est pour cela que je ne veux pas donner la marque de cette Startup. TTT serait trop heureuse de ralentir encore la procédure en m'attaquant pour diffamation.

L'après TTT

Du fait de cette procédure j’ai dû trouver un autre "employeur". Et, “coup de bol”, une nouvelle plateforme venait d’arriver sur Paris en provenance de Bruxelles : Take Eat Easy.
Des gens plus “cools”... en apparence, mais qui se sont vite révélés être du même acabit que les précédents.

J’y travaille toujours. Enfin, plus vraiment depuis 2 mois puisque malgré mon professionnalisme je n’ai pu éviter l’accident. Ce n’était pas la première fois que je tombais mais jusqu’à présent j’avais toujours pu reprendre le guidon.

Là, NON… Et pour cause : Fracture du poignet !!!

Pour un cycliste, qui passe son temps en appuie sur ses poignets, c'est un peu l'équivalent de la rupture du tendon d'Achille pour un coureur. Un drame !!!

Alors j’ai dû me poser...

Me poser, réfléchir et prendre conscience de l'étendue d'un drame qui allait bien plus loin que mon poignet car : “Si le professionnalisme, l’expérience, la maturité, les précautions, l’équipement ne m’ont pas empêché de tomber… Qu’en sera-t’il de tous mes petits camarades toujours plus nombreux, toujours moins formés, toujours plus jeunes, toujours plus baratinés, toujours moins payés, toujours plus chargés, toujours plus “pressés” (dans tous les sens du terme) ?”

Car l’objectif de Take Eat Easy n’est même pas un secret et c’est sans complexe qu’elle nous claironne fièrement et régulièrement “qu’on est pour l’instant 150 mais qu’à la fin de l’année nous devons être 500...”.

500 !!!

500 jeunes, pour beaucoup insouciants, dans les rues de Paris. Entre bus, camionnettes, camions poubelles, filles qui se maquillent au rétro, gars au téléphone, scooters inconscients, motards énervés, livreurs de pizzas fous dangereux (mais salariés eux), vélibs nonchalants, piétons sous casque audio ou/et traversant le nez sur leurs smartphone ET... NOS AMIS… TAXIS et VTC caractériels ou carrément psychopathes. Leur grand TRUC quand on les ennuis sur les voies de bus, où l'on est pourtant plus chez nous que chez eux, vu qu'ils n'y sont que tolérés, c’est, une fois nous avoir dépassé, de se caler devant nous et... PILER.
Autant vous dire qu’entre leurs 4 freins à disques ABS de 25 cm d'une berline haut de gamme... et nos 4 petits patins en caoutchoucs 5 cm… il faut de sacrés réflexes et/ou beaucoup de chance.
Ce n’est pas que je ne les aiment pas hein. Mais, disons que... j’ai appris à m’en méfier. Parfois j’avoue, pour les pires, je tend la jambe et je shoote dans le rétro. C’est de bonne guerre !

Je parlais donc de 500… mais 500 n’est QUE l'ambition de Take Eat Easy.

C’est donc sans compter les autres nouveaux venus : Foodora, Deliveroo, Pop-Chef, NestorFoodCheri...  qui poussent comme des champignons et voudront -elles aussi- leurs centaines de livreurs.

 

J’en appelle à votre bon sens

Est-ce simplement du catastrophisme que de penser que l’afflux de centaines de jeunes non qualifiés dans un environnement aux risques si graves et si nombreux n’entraînera pas une courbe EXPONENTIELLE DE DRAMES ???

Et je peux vous garantir que certains des petits jeunes avec lesquels je travaille sont loin d'être TOUS aussi concernés par mon "professionnalisme" qui pour eux “n’est pas fun du tout” ou “n’est qu’un truc de vieux” [SIC !!!]

Certains commencent cependant à réfléchir. D'ailleurs, étrangement, c’est souvent après être tombé.

Tantôt c’est Barthelemy qui glisse et percute un poteau en essayant d'éviter une piétonne distraite : Rate explosée, 5 vertèbres et 4 côtes cassées et 2 semaines de soins intensif.

Tantôt c'est Eddy, qui "rentre dans un Taxi"…par le pare-brise arrière : 2 vertèbres tassées et un trauma psy : la hantise désormais du vélo dans Paris.

Tantôt c'est Maxime qui se prend une -trop classique- portière malencontreusement ouverte : Pied cassé.

Tantôt c'est Julie, 20 ans, petite étudiante de 1,50 m qui se fait renverser PUIS agresser par un automobiliste de mauvaise foi. Plus de peur que de mal mais elle pleurait encore en me racontant l’histoire plusieurs jours plus tard.

Tantôt c'est Matthiew qui, sur une voix de bus où il est pourtant à sa place, se fait renverser par une bagnole (même pas un taxi). Le type se barre : Cuisse et bras râpés et brûlés par la chute et roue arrière morte. 150€ de roue (à ses frais bien sûr) et pas d’outil de travail pendant plusieurs jours !!!

Et tantôt c'est moi qui cherche à éviter un piéton qui traîne sa valise sur la piste cyclable du boulevard Magenta : Glissade, chute sur la main gauche, fracture du poignet, 6 semaines de plâtre, 3 semaine de rééducation mais surtout, à l'heure où j'écris ces lignes, l’incertitude de pouvoir un jour supporter à nouveau les vibrations des pavés.

Tout cela sans compter les accidents dont je n’ai pas connaissance...

 

Alors quoi… On attend un MORT ou DES MORTS... Et combien ???

Un mort qui déclenchera une enquête de police, de la Sécu, de l’URSSAF, du FISC et de l’Inspection de Travail.
Un mort qui déclenchera la colère et la rage de parents dévastés.
Un mort qui sera à mettre sur le compte d’un terrorisme social et économique moins “télégénique” sans doute que le Djihadisme ?

J'écris ici car je préférerais que ce sujet APPARAISSE dans les médias AVANT qu'un de mes petits camarades ne DISPARAISSE dans une housse mortuaire.

 

Toujours plus de livreurs

L'offre existe certes et je ne cherche pas à détruire ce marché et cette profession qui n'en ai pas encore une mais qui malgré tout est dans l’air du temps, Mais PAS COMME ÇA !
Ces startups se foutent complètement de réguler le marché. Elle pourrait être plus sélectives dans leur recrutement, plus pédagogues, plus responsables…
Mais non !!!

Il faut toujours plus de livreurs et ce pour 3 raisons :

1 - Plus de livreurs pour une plus grande visibilité... qui motivera les investisseurs à la recherche de la startup la plus visible, donc dynamique, donc rentable. Les levées de fonds étant la principale source de revenues à court termes du modèle économique Startupesque. Car on ne gagne pas 6 millions en quelques mois en livrant véritablement des burgers tièdes et des frites molles. Par contre ON PEUT décrocher la timbale en montrant à un business angel "qu'on a beaucoup de livreurs qui colportent la marque sur leurs sacs, leur maillots et leurs casquettes". LÀ on gagne des ronds. Le record mondial dans le secteur datant de ce printemps où les philippins de Foodpanda on levé 100 millions.
En Europe les britanniques Deliveroo "n'ont" décroché en début d'année QUE 25 Millions.

2 - Plus de livreurs pour une plus grande disponibilités de ces cyclistes -en attente- prêts à partir. Attente qui ne coûte rien aux start-up puisque nous sommes payés -à la course- et donc seulement quand nous pédalons.

3 - Plus de livreurs pour mettre la pression sur ceux qui, au fil du temps et de la réflexion deviendraient… au mieux suspicieux au pire vindicatifs selon le bon vieil adage "Si t'es pas content tire-toi y'en a 50 qui attendent".

Je vous disais aussi que je ne voulais pas -bêtement détruire la profession-. C’est le modèle économique que je veux dénoncer et combattre.

En parallèle de fédérer encore une fois peu à peu mes nouveaux petits camarades de Take Eat Easy (après TTT donc) j’ai décidé il y a quelques jours de lancer cette alerte à M6, Médiapart, les Inrocks, le Canard Enchaîné et... Gérard Filoche. Alerte qui jusqu’ici n’a pas -encore- retenti.

 

Mais si le marché existe ; comment l'exploiter sainement ???

Parallélement à tout ça j'ai aussi découvert Franck Lepage (un grand bonhomme trop peu connu) et le principe des SCOP (Sociétés Coopératives et Participatives) et des SCIC (Sociétés Coopératives d'Intérets Collectifs) dont parle aussi assez régulièrement Michel Onfray. J’ai donc pris contact avec l'une de ces SCOP parisienne, Coopaname, afin de travailler sur l’APRÈS, sur une alternative Économique Sociale et Solidaire histoire de nous redonner accès à un salariat plus sécurisant socialement et plus encadrant en terme de recrutements et de formations. Afin également de nous grouper pour peser et pouvoir négocier et mutualiser : Tarifs de livraisons, assurances, matériels et communication.

A l’heure ou l’on apprend que Paris va encore investir 150 millions d’euro pour "dynamiser et favoriser encore davantage la pratique du vélo" je veux croire que ce métier est voué à un bel avenir. Merci donc à la COP21 et Alain Boulanger (M. Vélo à Paris) et peut-être aussi à Michel Drucker, Laurent Jallabert, Gérard Holtz, le Tour de France, JC Decaux (et ses Vélibs)...

Car OUI c’est encore MON métier puisqu’après 2 mois d'arrêts je reprend le 9 juillet (en espérant que mon poignet tiendra...).

Mais pourquoi donc reprendre le guidon si je considère que c’est si dangereux ?

Parce que : J’AIME ET JE CROIS VRAIMENT DANS CE QUE JE FAIS AVE MON VÉLO.

 

On ne sensibilisera pas l’opinion publique sur les dangers de l’Uberisation en laissant les Taxis détruire les bagnoles d’UberPop et en victimisant (à tort ou à raison) leurs malheureux chauffeurs et, par la même : UBER.
En effet, il serait fort judicieux que les Taxis sachent qu’en plus d’une armée d’avocats d’affaires internationales et de pénalistes de tous poils, Uber a aussi une armée d’experts en communication qui “récupéreront” tout ce qu’ils pourront.
Ils n’ont parfois même pas besoin de récupérer quoi que ce soit… Regardez le Buzz de Courtney Love... on ne pouvait pas trouver pire emmerdeuse (pauvre Curt).

Alors oui, s’il s’agit vraiment de communiquer, leur moyens sont aussi démentiels que terrifiants et ils sanglotent déjà sur les réseaux sociaux en se trouvant tout un tas de gentils followers solidaires et conciliants (merci les codes promo) qui twittent fiévreusement en se faisant livrer des burgers par un gentil cycliste pour lequel : “Mince alors... ils n’ont pas de monnaie pour le pourboire !” ou alors “Oh mon pauvre ça doit être dur en pleine canicule ?” ou, question qui tue : “C’est pas trop dangereux le vélo dans Paris ?”.

La capitalisation de Uber (50 milliard...) ou Foodpanda (100 millions) n’est que l'illustration de la désinhibition enfin affichée d’un capitalisme cynique et tellement fier de pouvoir ENFIIIIIN se libérer des cotisations patronales et, détacher des contraintes matérielles, de pouvoir se rependre à la vitesse 4G.

Et même s’il ne s’agissait que d’une guerre de communication sans accidents (si seulement…), sans morts (pas encore) ; entre l’image (d’Épinal ou pas) pathétique ou violente des Taxis parisiens -internationalement- étiquetés comme antipathiques défendant des privilèges "douteux"... comparée à l'image de centaines de jeunes cyclistes qui EUX transpirent et bravent courageusement au péril de leurs fragile santé un trafic hostile (souvent lié aux Taxis d'ailleurs) tout ça pour ne jouir souvent QUE du plaisir de faire du vélos en gagnant leurs vies (de misère)… Je suis sûr que la croisade -d'intérêt public mondial- anti-UBERisation passerait mieux.

Les enfants-ouvriers chinois ont bousculé “un peu” les choses et même si on achète toujours des Nike et des iPhones on peut imaginer que quelques enfants (sans doute trop peu encore), au lieu de bosser, jouent maintenant... Ou pas… Mais la Chine est tellement lointaine, tellement hermétique, tellement ancestrale, tellement différente.

Mais nous, nous ne sommes pas en Chine et nous avons nos post-ados qui slaloment à 35 km/h entre nos chauffards.

Sachant que la loi Macron est déjà là, et que se profile la mission Combrexelle j’espère qu’il n’est pas trop tard mais quoi qu'il en soit je me sens si petit.

Maintenant que vous savez tout ça, vous savez COMMENT des startup calquées sur UBER envoie déjà en masse nos gosses à l'hôpital... ...en attendant pour certains, bientôt, le cimetière.

 

Vous êtes la seule chance de faire passer ce message, légalement, honnêtement, et ainsi sauver quelques bras, quelques jambes, quelques vies…

Lé vélo comme ultime symbole révolutionnaire ne nous montre-t'il pas que des chaines n'ont pas spécialement besoin d'être rompues mais au contraire, utilisés différemment, correctement, elles peuvent nous lier ensemble, non pas pour nous immobiliser mais pour nous unir et nous renforcer nous faire aller plus loin, plus vite, plus sainement. Des chaines de "distribution de l'Espoir" en somme.

Merci à tous de m’avoir lu jusqu’ici et
Merci à Mediapart pour tout ce que vous dites et faites.

Infiniment respectueusement

Jérôme

 

PS.

Désolé pour les fautes et la construction sans doute décousue de ce texte, mais j’ai arrêté l’école trop tôt.

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