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Billet de blog 27 août 2017

Dans quel camp la violence est-elle vraiment ?

Jérôme PIMOT
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Suite aux propos de Deliveroo.fr dans Le Monde par la voix de son directeur général, M. Hugues Décosse, laissant penser que les collectifs de livreurs manifestant partout en France demain dimanche 27 août et lundi 28, pourraient porter en eux de la violence, voici la réponse que me dicte mon expérience très concrète des collectifs.
D'autres parts suite à un mail envoyer aux restaurateurs, toujours par M. Décosse, je tiens à rassurer ici et d'avance les restaurateurs avec lesquels nous tenons à conserver des relations courtoises, étant bien plus proche d'eux que ne le sont Deliveroo.

M. Décosse

La violence résulte de la peur.
Or, nous n’avons pas peur.

Vous nous avez mis sur de frêles vélos dans les rues, dans un milieu dangereux et hostile.
Vous nous avez "motivés" à affronter ces risques et à en faire non pas un champ de bataille mais quasi un terrain de jeu.
Un jeu dangereux certes mais auquel nous nous sommes fait et qui nous renforcé.

Nous avons appris à regarder loin pour anticiper les risques et à rester en équilibre...

Nous n’avons pas besoin d’être violents.
Nous n’avons pas besoin de menacer.

Vous auriez reçu des menaces ?
Sans doutes d’individus isolés sans aucune relation avec nos collectifs.
Peut-être même pas des livreurs.

Vous nous avez offert une violence, votre violence managériale et économique, qui n’a besoin que d’être racontée.

Demain nous n’allons rien casser.
Comme à notre habitude nous allons jouer.

D’ordinaire c’était un jeu, dangereux, pour gagner de l’argent.
Demain le jeu sera d’éteindre des tablettes SANS toucher rien ni personnes, de récolter des soutiens et des “likes” sur nos différentes pages locales d’informations qui ne manqueront pas, soyons-en certains, d’intéresser beaucoup de monde.

Il existe bien des façons de convaincre et -les mots- restent la meilleure.
Surtout quand ils expriment une réalité très concrète. Celle de la rue. Nos rues. Nos vies.
Une réalité, que vous ne connaissez pas, et bien différentes de vos “stratégies de communications et d’influence”.

La violence a servi naguère à interpeller l’opinion dans des temps où l’information était complexe à diffuser.
Mais plus besoin de heurts désormais, du moins dans nos rangs, à l’heure des médias numériques et des réseaux sociaux..

Chercher à nous diaboliser ne fait que renforcer notre énergie que de nombreux leaders de nos collectifs ont appris à canaliser.
Le moindre individu belliqueux, d’où qu’il vienne… sera écarté de la contestation et si besoin est, vous sera... renvoyé.

De même qu’à Lyon, en mai dernier, vous accusiez les Marseillais de violence lors des première grèves alors qu’il n’y en avait eu aucune. Vous parliez de plaintes déposées… Des résultats d'enquêtes ?

Vous étiez même allé négocier avec les grévistes.
Négocie t-on avec des individus violents ? NON bien sûr.

De même que vous parlementiez tout récemment avec des livreurs Lyonnais... qui participent eux aussi aux manifestations de demain.
Piètre interlocuteur sans doute que vous envoyates.

Bref cette diabolisation gratuite dont vous faites preuve à notre égard est, elle, une réelle forme de violence assez éculée et, qui plus est M. Décosse, comme vous devez le savoir, “La violence est le dernier refuge de l'incompétence”.
Et en référence à mon introduction, la violence, votre violence ne peut avoir qu’une origine...

Bon dimanche……...

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