Azouz Begag : revenant politique professionnel

 

 

Tous les printemps, M. Begag fait un petit tour par Lyon, convoque la presse et annonce...son retour en politique. Il serait vain de résumer la carrière politique d'Azouz Begag, même ses hagiographes locaux se perdent dans ses méandres. Essayons tout de même de résumer la chose.

 

Le secrétaire d'Etat qui se voulait ministre

Pour faire simple, disons qu'il a été secrétaire d'Etat de 2005 à 2007 dans le gouvernement Villepin, à côté d'un certain Nicolas Sarkozy.

Bien évidemment, Azouz Begag n'est pas à droite, la preuve c'est qu'il a cherché à devenir tête de liste aux régionales de 1993 pour les Socialistes en Rhône-Alpes : refus de la direction du PS. Mais Azouz Begag n'en a cure : 1995, il souhaite être tête de liste aux municipales dans le 1er arrondissement de Lyon pour le PS. Refus de Gérard Collomb : cet arrondissement est réservé aux Verts. 2001 : nouveau refus rapide de Collomb aux offres de service - pressantes - de notre Gône du Chaaba..., ce qui lui donne le temps d'aller rencontrer Michel Mercier de l'UDF, mais là encore, rien ne se passe comme prévu pour Azouz Begag...

Entre-temps, lors des élections législatives en 1997, il se porte candidat comme "Divers gauche" dans la 2è circonscription du Rhône. Mais il renonce avant le scrutin. En 1999, pour les Européennes, le PC lui demande d'être sur sa liste. Cette fois-ci c'est Azouz Begag qui refuse : on ne lui a pas proposé la tête de liste !

 

Avec le MoDem, je t'aime...moi non plus...

Cette fois-ci, ce sont les régionales de 2010 qu'il vise : conduire la liste en Rhône-Alpes pour le...MoDem ! A vrai dire, on pensait qu'Azouz Begag était parti du MoDem ou plutôt qu'il n'y avait jamais été sauf le temps d'une présidentielle -2007- et d'une législative la même année. Les Lyonnais se souviennent d'ailleurs des primaires du MoDem, qui avaient pour but le choix du candidat pour les municipales de 2008 et qui n'eurent finalement pas lieu, puisqu'Azouz Begag et Gilles Vesco associés dans un premier temps à Eric Lafond, se retirèrent du combat...La liste fut emmenée par Eric Lafond après avoir reçu l'investiture officielle du patron du MoDem, F. Bayrou.

Azouz Begag, dont on aurait pu attendre qu'il soutiendrait le MoDem, finit par soutenir le ...PS. Puis ce fut la rupture avec le MoDem, notre sociologue disant tout le mal qu'il pensait des "orange". Oui, mais voilà, une autre élection se profilait : les Européennes. Nouveau come back, nouvelles conférences de presse, nouvelles prétentions à la tête de liste en Sud-Est, avec comme seul programme : être l'Obama de l'Europe... Derechef, nouvelle déception pour Azouz Begag, mais les bouderies "begagiennes" durent le temps de l'annonce d'une nouvelle élection : et voilà donc les Régionales qui se profilent...

 

Narcisse en son miroir médiatique...

En réalité, Azouz Begag n'a rien à dire sur la crise économique, et plus étonnant, rien à proposer sur l'exclusion des jeunes et leur stigmatisation. Il n'a, à la rigueur, qu'un leit-motiv : l'anti-sarkozysme. Mais cela relève plus d'une haine personnelle que d'une réflexion politique d'envergure. Entendons-nous M. Begag s'exprimer sur les grands sujets qui agitent la société européenne? Bien sûr que non. Ce qui intéresse Azouz Begag c'est lui-même ou plus exactement son image sur un écran. Azouz Begag est le politicien type d'un monde en crise, magnifique représentant d'une classe politique française décrépie.

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