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Billet de blog 24 avril 2017

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J'assume

J’assume, De ne pas être à ma place; De vivre dans un monde mauvais.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 J’assume,
De ne pas être à ma place;
De vivre dans un monde mauvais.
J’assume de voir autant de malheur;
De voir tous ces gens dormir dans la rue;
D’être informé de tous ces êtres sous les bombes, sous la faim;
De me convaincre, de croire que je fais le bien;
De profiter de ce que je déteste;
Les causes qui sont à l’origine de tout ce que je déteste;
D’acheter, de vendre;
De ne pas parler assez;
De ne pas donner plus à ceux qui en ont plus besoin.
J’assume de pleurer sur ces lignes que j’écris;
De voir la haine gagner ce monde;
De vivre ces affrontements;
De rester sans voix;
De n’être que spectateur de ce monde abjecte dans lequel je suffoque.
J’assume mes choix et surtout ce que je ne choisis pas.
J’assume l’air que je respire ;
Cette encre et ce morceau d’arbre sur lequel j’écris ;
Ces éléments qui me permettent de le partager sur internet.
J’assume ce que je dis, ce que j’écris et surtout ce que je ne dis pas ;
Mes colères, mes joies, mes tristesses quand je me sens utile et surtout ma tristesse et mon désarroi quand je ne le suis pas.
Ma vie est remplie de richesses inutiles, de paroles, de concepts que je hais mais dont je jouis pleinement.
Il est environ vingt-deux heures, le vingt-trois avril deux mille dix sept, je suis assis, impuissant dans une sorte d’amphithéâtre-escalier, face à la Seine qui a tant vue avant moi.
Je ne comprends pas les arcanes de ce monde.
Je l’assume.
Ma vie est un théâtre dans lequel je partage mon temps avec tous ces gens que j’aime, ceux que j’apprécie, et ceux que je déteste.
J’assume de ne pas réellement détester ces derniers.
Je ne les comprends pas.
Le temps avance et j’assume de ne pas percevoir les progrès de ce monde.
Les relations entre les êtres sont superficielles, mauvaises.
Chacun cherche à s’améliorer plus qu’à améliorer ce monde.
On se compare, on se parle, sans s’entendre, sans s’écouter, sans échanger, sans communiquer.
J’assume la faiblesse de ces lignes que d’autres auraient pu écrire avant de manière plus forte.
J’assume cette fatigue et la pauvreté de ces lignes qui en découlent;
Tout ce monde qui rit de moi, qui m’ignore, qui me prend de haut.
J’assume cette peur du monde, de cette femme, de cette hyène qui joue avec les peurs, la détresse et la pauvreté des gens, qu’elle soit d’argent, de connaissances ou d’amour.
J’assume ces jugements que je porte ;
Ces pensées que j’ai à propos de ces gens, et surtout, cette empathie, cet amour et cette absence de rancœur que je leur porte.
Je ne hais personne, seulement leurs pensées et leurs actes qu’ils ont eus, faits, à un instant de leur vie.
Je distingue les êtres de leurs actes, et de leurs pensées issus de leur vie et de leur parcours.
Je ne peux me résoudre à associer ces actes à leur être, à leur âme.
Je ne pense pas que nous sommes ce que nous faisons et je ne pense pas que nous ne pouvons pas devenir autre.
La moindre seconde subie, la vie, est un mouvement, un changement.
Je ne me sens pas responsable de ce que je décris mais de mon incapacité à le changer.
Et en même temps, c’est m’accordé beaucoup trop d’importance.

Chaque être est libre de penser et faire ce qu’il désire à un instant, mais je ne comprends pas le bonheur ressenti si celui-ci exclu celui d’autres.
J’ai besoin de le dire, de le crier et de le partager.
J’ai besoin de critiquer, de sentir, d’éprouver, d’aimer et de haïr ces choses que je ne sais nommer.
J’assume.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.