"I can't breathe": les raisons de la colère

A l’aune des évènements si particuliers qui touchent la France, les discours entendus ces derniers jours frôlent souvent la mauvaise foi. Dans une société individualiste et repliée sur soi, prendre du recul et analyser les faits n'est pas évident. Comprendre l'Autre relève du défi. Retour sur ces jours qui ont secoué la France.

« Je ne peux pas respirer », les derniers mots de George Floyd avant de rendre son dernier souffle. George Floyd est devenu un symbole, un martyr, d’une société et d’un système à bout de souffle.

« Je ne peux plus respirer », dit George Floyd, tué en raison de sa couleur de peau, en 2020.

« Je ne peux plus respirer », dit le citoyen du monde, tué en raison des particules de CO2 engendrées par la pollution extrême, en 2020

« Je ne peux plus respirer », dit le malade du covid19 en 2020.

« Je ne peux plus respirer », dit le monde médical, étouffé par le port continu du masque, par le poids administratif et celui des responsabilités en 2020.

« Je ne peux plus respirer », dit le citoyen du monde, étouffé par l’angoisse et la peur de l’avenir en 2020

« Je ne peux plus respirer », dit le monde, tiraillé par tant de haine, d’agitation, de passion, de violence, en 2020

« Je ne peux plus respirer », expression devenue symbole de l’oppression générale d’un monde divisé, d’un monde malade, en 2020, mais dont la maladie dure depuis tant d’années.

Depuis les premiers signes de l’accalmie de la pandémie covid19, le monde n’a pas eu le temps de reprendre sa respiration, que d’autres évènements tragiques se succèdent, s’entremêlent, (re)naissent.

En tant que citoyen français et citoyen du monde, je n’ai toujours pas repris mon souffle. La maladie du covid19 m’en avait privé pendant des semaines, la connerie humaine a dramatiquement pris le relais.

Nous nous « trumpons ».

Ce jeu de mot facile traduit pourtant assez bien des problématiques actuelles. Nous vivons une trumpisation du monde et de la société. Un monde où la passion prend le dessus sur la raison, où l’important n’est pas ce que l’on dit et la véracité de ce que l’on dit mais la façon dont on le dit.

Un monde où tout le monde se sent légitime d’évoquer tel ou tel élément sans rien vérifier, en étant persuadé de ses compétences.

Un monde où c’est accepté de se moquer ouvertement d’un journaliste handicapé (https://www.lefigaro.fr/international/2015/11/26/01003-20151126ARTFIG00095-etats-unis-donald-trump-choque-en-se-moquant-d-un-journaliste-handicape.php )

Un monde où on peut traiter un joueur de football noir de fils de pute ou imiter des cris de singe (https://www.lexpress.fr/actualite/sport/fils-de-pute-trump-insulte-les-athletes-qui-ne-respectent-pas-le-drapeau_1946188.html ) https://www.lemonde.fr/sport/article/2019/11/19/racisme-face-aux-cris-de-singe-et-aux-insultes-la-prise-de-conscience-des-footballeurs_6019666_3242.html

Un monde où on peut frapper un joueur noir en raison de sa couleur de peau : https://www.liberation.fr/france/2019/05/23/racisme-dans-le-foot-en-alsace-relaxe-pour-le-president-de-l-as-benfeld-accuse-de-diffamation_1729080 )

Un monde qui crie à la Fake News (information erronée en français) dès que quelque chose ne lui plaît pas, incapable d’entendre un argumentaire différent du sien, sans vérification des faits.

Un monde qui crie, et qui s’essouffle, un monde qui ne peut plus respirer. Un monde qui se trompe de combat.

Black Lives Matter (La vie des noirs est importante)

Certains diront et pourquoi pas All Lives Matter ? (toutes les vies sont importantes).

Oui en soit c’est une évidence, chaque vie compte, tout à chacun a droit au respect et à sa dignité humaine, mais là n’est pas le propos. Certains diront combat communautariste, d’autres diront combat anti-raciste. Question de point de vue ? Black Lives Matter dénonce un racisme institutionnalisé.

Nous ne reviendrons pas sur le long combat de la communauté afro-américaine aux Etats-Unis, pays fondé sur l’esclavage et la ségrégation raciale qui si officiellement n’existe plus, demeure néanmoins une réalité troublante.

Savez-vous qu’il est impossible souvent pour une entreprise de s’installer dans un quartier « noir » ou « hispanique » car les prêts bancaires sont majoritairement refusés ? https://www.youtube.com/watch?v=O5FBJyqfoLM&fbclid=IwAR2URUag4-sRTiLpPtQA3oeVQjGeDWPomSwZ18fd3FnsOrtz-Gud66CRg8w

C’est l’une des différences avec la France, où les aides sont plus généreuses lorsqu’une entreprise souhaite s’implanter dans un quartier dit sensible. C’est un fait.

Cela ne veut pas dire que la France n’est pas un pays raciste.

N’oublions pas que le « plan banlieue », proposé par l’ancien ministre de la Ville, Jean-Louis Borloo, a été rejeté en 2018 (https://www.nouvelobs.com/edito/20180529.OBS7383/rapport-borloo-comment-macron-laisse-les-banlieues-en-plan.html)

Il convient dès lors de préciser que les États-Unis et la France ne sont tout simplement pas le même pays historiquement et culturellement. La France est un ancien pays colonialiste, soumettant « l’Autre ». Ainsi, la problématique George Floyd n’est pas tout à fait identique à la problématique Adama Traoré.

Si la très grande majorité des français n’est pas raciste, l’inconscient collectif demeure dramatiquement imprégné d’un racisme systémique ou racisme d’État.

Ce mot que les « patriotes » de notre pays ont en horreur et qu’ils réfutent indéniablement, légitimant la fameuse « fake news ». Pourtant, derrière le mot tabou se dessine une réalité discriminatoire.

Un homme noir a vingt fois plus de chances de se faire contrôler, discriminer à l’embauche et à la recherche d’appartement : il s’agit d’un racisme institutionnalisé.

Comme le dit Virginie Despentes, le privilège blanc permet de ne jamais penser à sa couleur de peau lorsqu’on se promène dans la rue.

Ce fameux « privilège blanc », encore un concept venu d’Outre-Atlantique.

Houspillé par les « patriotes », il n’y a pas de privilège blanc en France, regardez nos SDF, qu’ils disent.

J’entends. Dans « privilège blanc », une sonorité bourgeoise ressort, comme si l’homme blanc était forcément riche et avait tous les privilèges que la société offrait.

Ce n’est pas ça.

Le privilège blanc est celui de ne pas penser à sa couleur de peau dans quand on est dans la rue, celui d’avoir peu de chance de subir une discrimination à l’embauche (sauf si vous êtes handicapé ou homosexuel, c’est encore une autre histoire).

Le privilège blanc c’est de pouvoir dire « les blancs ne peuvent pas comprendre ce que ressentent les noirs ». Je peux le dire. Mon propos sera globalement bien accueilli. Je peux le dire car je suis blanc.

Cette même phrase dans la bouche d’un(e) noir(e), et les « patriotes » crieront au scandale. Son propose ne sera pas bien accueilli. Il ne peut pas le dire car il est noir.

Je vais reprendre une phrase de Mme Marion Maréchal-Le Pen, surprenant pour un « islamo-gauchiasse » comme moi qui dit « je n’ai pas à m’excuser d’être blanche ».

Elle a raison. Je n’ai pas à m’excuser d’être blanc. Mais Mme Maréchal-Le Pen, qui le demande ? Personne.

Il est regrettable néanmoins que l’on ait demandé aux musulmans de s’excuser des agissements d’une minorité. Deux poids, deux mesures ?

Je suis fier d’être blanc, d’être français, de mes origines, de ma culture. Je ne m’excuse pas pour ça. Je ne m’excuse pas pour le passé, car ce n’est pas de mon fait. C’est un contexte différent, une époque différente. Par contre, aujourd’hui, je peux agir, je peux car je suis blanc.

Le privilège blanc c’est de pouvoir faire des petites blagues sur les bananes, la taille du sexe, le couscous, le riz.

Le privilège blanc c’est d’être un Balkany, qui aura été en prison moins de temps que nous avons été confinés.

Le privilège blanc c’est que quelqu’un qui aura été condamné pour évasion fiscale et blanchiment d’argent peut siroter une petite bière en terrasse sans que cela n’offusque personne (https://www.ladepeche.fr/2020/06/04/une-photo-des-balkany-profitant-des-beaux-jours-en-terrasse-indigne-les-internautes,8916969.php )

Le privilège blanc c’est quelqu’un qui peut appeler ouvertement et devant les caméras son assistant asiatique « grain de riz ». ( https://www.lepoint.fr/societe/grain-de-riz-accusee-de-racisme-isabelle-balkany-se-defend-07-02-2020-2361734_23.php)

Le privilège blanc c’est de pouvoir dire en tant que représentant de l’état, en tant que défenseur de la liberté, de l’égalité, de la fraternité, en tant que représentant du personnel de police « Bamboula, c’est à peu près convenable" ( https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/02/09/97001-20170209FILWWW00316-bamboula-c-est-a-peu-pres-convenable-le-derapage-d-un-policier-en-direct.php )

Le privilège blanc c’est de pouvoir utiliser le terme « beurette » en référence à la femme maghrébine, musulmane, premier fantasme de l’homme dans sa recherche de plaisir solitaire onanique, révélant encore une fois cet inconscient collectif de l’ex-Empire de reléguer la femme maghrébine à un objet soumis. Le suffixe -ette rappelant de manière troublante des termes comme soubrette ou midinette. (https://www.leparisien.fr/societe/beurette-pourquoi-la-1ere-recherche-pornographique-de-france-pose-question-18-07-2019-8119632.php)

Allez, c’est drôle n’est-ce pas ? La petite blague sur le singe c’est drôle aussi, ça va quoi ? Et puis le mangeur de couscous aussi ?

Non mais c’est vrai, merde à la fin, on ne peut plus rien dire dans ce pays.

Et puis les blagues, sur les blancs qui ne savent pas danser ont émergé, il y a eu moins de rire, ça grinçait un peu des dents, sur le « cachet d’aspirine » aussi. Ils étaient drôles les comiques « issus de la diversité », Smaïn ou Jamel Debbouzze lorsqu’ils se moquaient de leur communauté, dès lors que l’on se moquait du blanc, c’était tout de suite moins accepté.

Allez c’est drôle, n’est-ce pas ? Non mais c’est vrai, merde à la fin, on ne peut plus rien dire dans ce pays.

Qui n’a jamais dit une blague raciste ? peu importe sa couleur de peau. Personne. Tout le monde l’a fait. Il y a manière de le dire, de le faire, de le penser.  

Pierre Desproges disait : « On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui ».

Une invitation à l’entre soi ? Non. Il faut juste accepter l’auto-dérision et l’auto-critique. Cela vaut pour absolument tout le monde.

Les paroles sont souvent bien plus violentes. Quand elles sont quotidiennes, elles deviennent source d’humiliation et de peur, qui engendrent un enfermement et quelques fois à des « pétages de plomb ».

Aujourd’hui beaucoup disent NON, ça suffit. Laissez-moi respirer.

Le racisme est une réalité qu’il est dangereux de nier. Ce beau pays qu’est la France en est malade.

Aujourd’hui il est acceptable de dire que l’Islam terroriste est un problème en France, sujet qui inonde les médias, lorsque ce dernier concerne moins de 5% des musulmans.

Aujourd’hui, il est acceptable de dire qu’une femme politique est un singe. (https://www.liberation.fr/france/2015/06/22/taubira-comparee-a-un-singe-la-condamnation-d-une-ex-candidate-fn-annulee_1335002 )

Aujourd’hui en tant qu’homme blanc, j’ai le droit de dénoncer tout cela, et ce sera globalement accepté. Aujourd’hui, si vous êtes noir et que vous dénoncez tout cela, vous engendrez l’indignation.

Aujourd’hui, si vous êtes noir, vous ne pouvez pas dénoncer le racisme sur les réseaux sociaux : PAS BIEN

Aujourd’hui, si vous êtes noir, vous ne pouvez pas dénoncer le racisme sur les terrains de football ou tout autre évènement sportif : PAS BIEN

Aujourd’hui, si vous êtes noir, vous ne pouvez pas dénoncer le racisme sur les plateaux télé : PAS BIEN

Aujourd’hui si vous êtes noir, vous ne pouvez pas dénoncer le racisme en vous agenouillant : PAS BIEN

Aujourd’hui si vous êtes noir, vous ne pouvez pas dénoncer le racisme en manifestant : PAS BIEN

Aujourd’hui, si vous êtes noir, vous ne pouvez pas dénoncer le racisme en étant une célébrité : PAS BIEN

Aujourd’hui, si vous êtes noir, vous servez forcément l’intérêt communautariste : PAS BIEN

Aujourd’hui, si vous êtes noir, vous ne pouvez rien dénoncer.

Mais enfin comment peut-on dire que la France est un pays raciste alors qu’Omar Sy est la personnalité préférée des français ?

Bon alors déjà, j’aimerais savoir qui fait ce sondage et qui y répond. Personnellement on ne m’a jamais rien demandé.

Omar Sy est à cette place, car il est drôle, il fait rire les gens, mais on lui fait bien comprendre qu’il doit rester à sa place de comique et ne surtout pas s’inviter dans le débat public. Une sorte de mise en abyme de son rôle fictionnel, tiré d’une histoire vraie, dans Chocolat.

Le privilège blanc c’est qu’au contraire Jean-Marie Bigard peut s’inviter dans le débat public.

Le privilège blanc c’est de pouvoir mettre un masque sur lequel est écrit « Allez tous vous faire enculer » en direct à la télévision et amuser la galerie.

Le privilège blanc c’est de pouvoir dire à une chroniqueuse télé noire qu’elle devrait s’appeler Corinne, prénom plus chrétien. (https://www.huffingtonpost.fr/2018/09/19/zemmour-suggere-a-hapsatou-sy-de-sappeler-corinne-prenom-de-saint-chretien-qui-nen-est-pas-un_a_23532276/)

Le privilège blanc c’est de pouvoir propager des fake news sur les noirs s’en risquer quoique ce soit (https://www.leparisien.fr/societe/80-des-blancs-tues-par-des-noirs-les-fausses-statistiques-americaines-d-eric-zemmour-03-06-2020-8329017.php)

Le privilège blanc c’est l’entre-soi télévisuel où sur un plateau télévision sont invités des gens de la droite extrême et de l’extrême droit pour un débat. A aucun moment, la voix n’est donnée aux premiers concernés ou à des vrais spécialistes de ces questions.

Le privilège blanc c’est de pouvoir dire « Si on considère que la parole du délinquant vaut celle du policier » sur un plateau télé, sous-entendant dès lors que le policier aurait toujours raison.

Mais surtout, en France, c’est le cas, puisque les délinquants sont au-dessus des lois. Dois-je vraiment citer tous ces hommes politiques ou chefs d’entreprises qui, eux, ont voix au chapitre et le droit à la repentance ?

Le Racisme c’est tabou mais on en viendra tous à bout.

Mais pendant que le monde s’essouffle à dénoncer tout cela, ces gens là vivent leur meilleure vie, à déverser leur palabres nauséabondes, responsables d’une pandémie raciste se propageant à vive allure. Les indignés n’ont même pas le temps de reprendre leur souffle face ) cette frénésie continue.

La polémique Traoré

Le combat de Mme Traoré est louable. Il est temps de s’indigner. Sauf qu’en France, on n’aime pas les indignés. On n’aime pas les gilets jaunes, on n’aime pas les infirmiers, on n’aime pas les enseignants, on n’aime pas les noirs, on n’aime pas les jeunes. L’indignation légitime d’une grande partie de la nation indigne.

Alors, oui, Mme Traoré se trompe sur beaucoup de choses, oui sa famille n’est pas un modèle de vertu et n’est peut-être pas la meilleure représentation de la cause, sa passion prend le pas sur la raison. C’est bien le problème de la société.

Mais en tant que frère ou sœur comment réagiriez-vous ?

Personne n’a la réponse car tant qu’on ne vit pas quelque chose, on ne peut pas comprendre. On ne peut pas dire, « moi, je ferais, dirais, … ».

Moi, en 44, j’aurais été résistant. Ah bon ? Comment le sais-tu ? Je suis sûr que les mêmes personnes qui ont dénoncé leurs voisins ou ont voulu foutre leurs voisins infirmiers dehors pendant le confinement disent la même chose.

Personne ne peut comprendre. On peut néanmoins chercher à comprendre. Ça s’appelle l’empathie.

Cela n’excuse pas tout, mais permet un nouveau regard ou un regard différent sur les gens, les problématiques, la société.

Le racisme institutionnalisé c’est pardonner à des Balkany et condamner fermement des Traoré. C’est aussi inviter des Carlos Ghosn en prime time, deux jours après son évasion de prison dans une valise.

 

Le racisme institutionnalisé c’est contrôler un homme noir plus souvent qu’un homme blanc au prétexte qu’il serait statistiquement plus apte à commettre un crime.

Osons pousser le vice. L’explosion de la pédophilie en France et dans le monde met en lumière, une large majorité d’hommes blancs. Nous en croisons potentiellement tous les jours. Pourquoi ne pas contrôler tous les hommes blancs ?

Je pousse volontairement plus loin pour dénoncer l’absurdité de certains argumentaires.

« L’Autre, ce fléau »

L’Autre avec un grand A est un fléau. La pandémie covid19 a renforcé ce sentiment. L’Autre est suspect. On ne doit pas avoir de contact avec l’Autre, l’Autre ne m’intéresse pas, l’Autre est un danger.

Au-delà de la pandémie, ce principe s’applique dans la société française à grande échelle.

L’Autre, c’est la femme, celle qui meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon, celle qui est une pute, une salope, celle qu’on ne respecte pas

L’Autre, c’est le nègre, le bougnoul mais aussi le gaouri (l’occidental) ou le karlouche (noir), le gitan, le rom, le parisien, le riche, le pauvre, le « cas soc ».

L’Autre c’est le fonctionnaire, le privilégié, le gilet jaune, l’étranger.

L’Autre c’est tout ce qui n’est pas soi.

Aujourd’hui dans notre société, l’Autre est le problème, jamais de remise en question, d’auto-critique, une vision systématique glorifiée de « l’entre-soi ».

Aujourd’hui, on peut proposer un sujet sur les profs décrocheurs (moins de 5%) et en faire une généralité.

Aujourd’hui, on peut parler de l’Islam et des musulmans comme étant le problème majeur de la France et en faire une généralité (moins de 5% d’intégristes)

Aujourd’hui, on peut stigmatiser les gilets jaunes comme casseurs et en faire une généralité (moins de 5%)

Mais aujourd’hui, on ne peut pas dénoncer le racisme dans la police (plus de 10%), et même au-delà du racisme, le suprémacisme et le néo-nazisme (https://www.liberation.fr/france/2020/06/04/bougnoules-negres-des-messages-racistes-de-policiers-de-rouen-devoiles-par-arte-et-mediapart_1790290)

(https://www.nouvelobs.com/societe/20200608.OBS29845/messages-racistes-de-policiers-sur-facebook-un-deuxieme-groupe-de-9-000-membres-devoile.html)

Aujourd’hui, ça ce n’est pas accepté.

Une grande majorité de police fait son travail avec dévotion et respecte les lois. Aujourd’hui ce n’est pas les policiers qui deviennent racistes. Mais des franges racistes et extrémistes qui intègrent la police pour agir sous couvert de loi, ce qui en dit long sur les méthodes de recrutement et de formation de ces derniers.

Aujourd’hui, je vis dans un pays où la police peut faire ce qu’elle veut, et où ses enseignants sont fustigés, ses infirmiers gazés et méprisés.

Aujourd’hui, je vis dans un pays où la police est au-dessus des lois, la police peut manifester son indignation malgré les interdictions et personne ne criera au scandale.

Je précise encore une fois, ni jalousie, ni victimisation mais un état de fait.

Aujourd’hui la police découvre l’amalgame et la réalité de nombreux personnes en étant stigmatisée.

Ce n’est pas juste, mais peut-être doit-on passer par là pour que les choses s’améliorent, pour que certains policiers osent dénoncer l’agissement de certains collègues.

« Pas d’amalgame ».

En effet, pas d’amalgame. Cela vaut donc pour tout le monde.

Difficile de parler de l’Islam pendant le confinement, malheureusement, ce n’était pas la faute des musulmans. Évidemment, si la propagation dans l’église évangélique de Mulhouse s’était déroulée dans une mosquée. Je n’ose même pas imaginer.

Facile de montrer le non-respect du confinement dans les quartiers sensibles, et presque s’amuser de voir des parisiens blancs danser sur une chanson de Dalida dans la rue.

Difficile d’avouer que la solidarité d’aide alimentaire, d’aide à la personne et d’aide à l’éducation s’est faite dans ces mêmes quartiers qui n’ont pas eu besoin de l’État.

Dans ce monde où l’on voudrait séparer les couleurs, non M. Zemmour les noirs ne veulent pas que les blancs s’agenouillent devant eux. Les mêmes droits pour tous par contre, sont revendiqués.

Tant de choses encore à dire et à écrire, à expliquer, mais l’essentiel est là.

Face à une trumpisation du monde, je ne souhaite pas une bigardisation ou une balkanisation de ce dernier et pourtant c’est la voie empruntée.

Je finirai sur les paroles d’Eleanor Roosevelt, ancienne Première Dame de 1932 à 1944, du Président Roosevelt.

« Je suis qui je suis aujourd’hui du fait des choix que j’ai fait hier »

Des choix que l’on fait aujourd’hui pourra découler une société meilleure pour nos enfants.

Des choix de bon sens et non de haine.

Pour que toi, citoyen, tu puisses à nouveau respirer.

Pour que toi citoyen, tu puisses éradiquer ce virus pandémique qu’est le racisme, que cette deuxième vague soit celle de la solidarité, de l’entraide et de la compréhension de l’Autre, cet être si redouté, pourtant si fascinant.

Le vaccin c’est toi, c’est nous. #YouMatter

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