Pandémie : Tous Les Peuples ?

Pandémie, en brandissant cet épouvantail l’OMS et les gouvernements effraient. Pourquoi ne pas prendre certaines libertés en utilisant l’étymologie de ce mot afin de le rendre plus humain. A l’échelle du monde il pourrait alors être traduit par "tous les peuples". Notre problème actuel ne se situerait t-il pas également là, l’oubli de l’essence des choses ?

Des communicants qui ne savent plus communiquer

Nombre de communicants s’élèveraient peut-être face à cette simplification, oubliant que dans ce monde il ne s’agit pas uniquement d’eux et de leur égo, ni des gens qu’ils conseillent, des gouvernements et gouvernants auxquels ils obéissent.

Il s’agit de tous les citoyens, qui, face à la maladie, ne sont jamais égaux ; de tous les morts d’hier, d’aujourd’hui, de demain.

Se faire comprendre, de tous, n’est-ce pas là l’essence de la communication ?

Combien de conseillers pour écrire ou corriger les discours de nos politiques en cette période de crise et pourtant rien n’est clair, en dehors d’une chose, les français ne croient globalement pas en ces messages qui leur sont jetés à la figure comme autant d’agressions :

  • Les masques ne sont pas nécessaires
  • Restez confinés mais seulement après les élections et à partir de midi lundi
  • De toutes façons les français ne sauront pas porter les masques correctement
  • Inciter les gens à éviter de se regrouper mais les obliger à faire du sport dans une tranche horaire réduite
  • Sous entendre qu’il faudra que nous portions tous à l'avenir ces protections inexistantes, mais dire que le gouvernement s’en remet à un comité d’experts pour nous dire quand
  • Commander des milliards de masques tout à coup, sans avoir les moyens de les acheminer et sans qu’il soit possible à la Chine de répondre à la demande mondiale

De grands mots : pandémie, experts, OMS, sont érigés comme un rempart face à des gens qui ne demandent qu’une chose, la vérité.

C’était une option possible dès le début de cette crise, certes cela aurait généré de la peur dans la population, mais cette peur n’aurait-elle pas été cent fois plus efficace que le déni.

En disant aux français : « le virus est là, aujourd’hui nous n’avons malheureusement pas de masques pour tout le monde, ils sont nécessaires en priorité au personnel hospitalier, médecins généralistes, personnel de soins à domicile et pharmaciens, aux magasins alimentaires, les premiers devant vous soigner, les seconds vous nourrir. En attendant de pouvoir trouver une solution, faites attention, limitez les contacts à ceux qui partagent votre logement, il en va de votre santé. », le peuple dans sa grande majorité se serait sans doute senti concerné, qui ne l'est pas, sans protection, face à la mort?

Dire aux gens, nous avons confiance en vous et ce dans toutes les langues parlées par les français et les personnes présentes sur notre territoire, afin que nul ne se sente exclu et ne puisse dire aussi « je n’étais pas au courant, je ne me sens pas concerné puisqu'on ne m'a rien dit ».

Or ces communicants, nos gouvernants, ont participé à accroître l’exclusion dans une période où l’humain pouvait montrer ce qu’il a de meilleur. Mais ont-ils confiance en nous, eux qui pensent ou veulent mériter notre confiance?

Il n’est pas trop tard pour rétablir la vérité, pour que nos politiques s’élèvent, en admettant simplement qu'ils ont eu peur comme nous tous, de cette maladie, de l'inconnu.

Peur d’avouer non leur incompétence mais leur méconnaissance face à ce drame.

J’aimerais croire qu’ils le feront, que notre Président lundi soir aura ce courage, faisant fi des conseils mal avisés d'experts et de communicants qui ne savent pas ou plus communiquer.

 

Redéfinir des priorités solidaires pour sauver nos économies sous respirateurs

36 millions de morts et 37 millions de personnes infectées, ce sont les chiffres du SIDA; c’était hier, c’est aujourd’hui et surtout la source de la maladie est la même, nos choix sociétaux et environnementaux ayant détruit les barrières naturelles entre l’homme et l’animal sauvage.

95 000 décès chaque année dans le monde selon l’Organisation Mondiale de la Santé, c’est le chiffre terrible du Choléra et selon l’institut Pasteur nous sommes actuellement dans la septième pandémie cholérique débutée en 1961.

Fort heureusement ces maladies n’ont pas paralysé l’économie mondiale, malheureusement, dans notre quotidien jusqu’au jour C, le choléra n’était quant à lui qu’une statistique, affectant surtout des pays ou régions aux infrastructures défaillantes voir inexistantes, ne pouvant fournir de l’eau potable à leurs habitants.

Allons nous prendre conscience, enfin, face à ce drame mondial, que ce que nous vivons aujourd’hui, cette hantise d’être infectés, de mourir peut-être, c’est le quotidien de nombre de pays, de peuples.

Au Bangladesh, pays où les plus grandes enseignes européennes et américaines font fabriquer leurs collections de vêtements, la Chine étant devenue trop chère selon elles, on estime, toujours selon l’institut Pasteur, qu’il y aurait entre 100 000 et 600 000 cas de choléra par an, mais face au manque d’argent, générant entre autre une insuffisance de systèmes de surveillance, aucun cas n’est notifié à l’OMS.

 

Beaucoup pensaient que les épidémies touchaient uniquement les pays pauvres, la nature s’est chargée de nous réveiller violemment. Au-delà des drames que cela suscite chez nous, en France, il faudra bien en tirer une leçon globale. En sommes nous capables, tous?

 

Je veux croire qu’une chance nous est offerte de faire les bons choix, que si votre famille, vos amis, vos collègues ou voisins, ne peuvent entendre un discours sur les bienfaits de l’écologie, ils seront en revanche touchés par nos morts, nos entreprises qui vont fermer, notre économie sous respirateur et à titre personnel par l’argent qu’ils ne sont pas certains de recevoir demain, faute d’emploi ou bien d’aides.

Peu importe les raisons qui motiveraient/motiveront chacun, nul n’a à prouver quoi que ce soit.

Mais, même si elle est infime, il y a une opportunité à saisir afin que demain nos économies survivent, que vos enfants ou petits enfants puissent vivre dignement, que ceux des autres, dans le monde entier, aient cette même chance.

Face à la peur de nous décevoir notre gouvernement réagit mais est lui-même dans l’inconnu, les jalons posés ne sont en aucun cas une garantie d’immunité pour les maladies de demain.

Certes les recherches permettront un jour, peut-être, de mettre au point un vaccin, mais à quel prix global, humain et financier ?

Et si la solution consistait simplement en une solidarité mondiale et une redéfinition de nos priorités?

Alors, selon vous, Pandémie : « Tous Les Peuples » ?

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