Bordeaux: la société civile met à l'abri les mineurs non accompagnés

A Bordeaux , cinq étudiants, avec l'aide d'associations ont réquisitionné un bâtiment vacant du Conseil Régional 33 afin d'accueillir 12 mineurs non pris en charge par l'aide sociale à l'enfance. Ancien logement de fonction du lycée Montaigne, La Ruche est aujourd’hui gérée sur un pied d’égalité par ses treize habitants. A terme, une quinzaine de mineurs isolés pourront y être accueillis.

LA SOCIÉTÉ CIVILE MET À L'ABRI DES MINEURS NON ACCOMPAGNÉS

Un collectif de citoyens et d'associations se mobilise pour installer l'eau chaude dans le squat dit "La Ruche"

Cinq étudiants d’une vingtaine d’années ont réquisitionné un bâtiment vacant appartenant au Conseil Régional afin d'accueillir 12 mineurs non accompagnés et non pris en charge par l'aide sociale à l'enfance.

Les associations Dynam'eau, ASTI, Médecins du Monde, Ligue des droits de l’Homme, Cimade et RESF soutiennent ces étudiants et dénoncent la carence d'un État ne respectant pas ses obligations. L’ensemble des acteurs vous donne rendez vous à "La Ruche" sis au 51 rue du Mirail à Bordeaux le 31 octobre 2017 à 10h.

Malgré les efforts consentis par le Conseil Départemental de la Gironde, chargé de la protection de l’enfance, pour améliorer les conditions d’accueil des mineurs isolés (augmentation du nombre de places prévues en foyer pour décembre, arrêt des doubles évaluations), leur accès aux droits et à la protection n’est toujours pas garanti.

Ces manquements caractérisés dans l’accueil de ces mineurs exilés obligent la société civile à les mettre à l’abri en assurant leur hébergement. Certains sont récemment arrivés et restent dans l’attente d’une place disponible auprès du service d'évaluation de leur minorité, d’autres sont obligés de saisir le juge des enfants pour faire reconnaître leur statut de mineur.

Un réseau d’hébergement organisé par un collectif d’associations assure une dizaine de places supplémentaires. La Ruche, en assure une dizaine d’autres… Ce qui reste totalement insuffisant face aux besoins et n’est qu’un palliatif à l’incurie des services publics.

Il est urgent d'assurer la mise à l'abri de tout mineur arrivant sur le territoire girondin et que cela soit fait avant même leur entrée dans le dispositif d'évaluation de minorité, ainsi que pendant la durée de leur recours auprès du juge des enfants. Actuellement durant cette période, ils sont remis à la rue.

Il est donc nécessaire d’augmenter le nombre de places disponibles en foyer ASE pour ceux dont la minorité a été reconnue et d’améliorer la qualité de la prise en charge de ces mineurs (pour que soient enfin respectés les articles 375 du Code Civil et L.221-1 du Code de l’Action Sociale et des Familles). Il est important d’organiser un hébergement d’urgence lorsque ces jeunes se présentent en dehors des heures d’ouverture des services compétents (conformément à l’article L223-2 du CASF.)

En attendant l'application du droit et la protection de ces mineurs, les infrastructures d’eaux vétustes de "La Ruche" ont engendré la perte de 5 500 litres d'eau par jour. Dynam’eau est intervenue le 26 septembre, permettant de réduire la consommation quotidienne à 53 litres d’eau par personne et par jour, soit moins de la moitié de la consommation moyenne d'un bordelais. Néanmoins, les occupants ne disposent toujours pas d’eau chaude.

Ainsi, Dynam'eau interviendra à nouveau le 31/10/2017 à 10 h afin d’installer un chauffe-eau.

Communiqué de presse de  Dynam'eau, Médecins du Monde, Asti, Ligue des droits de l'Homme, RESF, Action BordEaux

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