Comment l’ex député LR Chartier compense ses baisses de revenus

Faute d'accepter de retourner au chagrin et pour compenser ses pertes de revenus, Jérôme Chartier fait voter par le conseil municipal de Domont (Val d'Oise) une indemnité de 24000 € annuels pour une prestation qui avait jusqu'alors été toujours bénévole.

Quand un député n’est pas réélu, cela se traduit pour lui par une perte de confortables revenus. En somme, il se retrouve au chômage, avec quand même de substantielles, mais temporaires, indemnités. C’est ce qui vient de se passer pour Jérôme Chartier qui, du fait de la loi sur le cumul des mandats avait dû quitter son siège de maire de Domont (Val d’Oise) lorsqu’il était devenu vice-président du conseil régional d’Ile de France. N’étant plus député et n’ayant pas l’intention, bien que dans la force de l’âge, de travailler comme tout un chacun, Chartier se retrouvait donc nanti de son seul salaire de vice-président de conseil régional (3000 € mensuels) auxquels s’ajoutaient les indemnités du premier adjoint qu’il était devenu (soit quand même encore 1000 € d’indemnités mensuelles ). Ses désormais 4000 € de revenus nets pour un travail à temps partiel (puisqu’il pouvait l’assumer tout en étant député) contenteraient sans doute l’immense majorité des Français. Mais pas lui.

 

Et du coup, le bonhomme a su faire marcher son imagination.

 

La commune de Domont, avait  créé dans les années 80 une société d’économie mixte (la SEMIDOR) pour encadrer ses projets d’urbanisme. Le président (bénévole) en était depuis l’origine le maire de Domont. Fonction, sinon honorifique, du moins peu contraignante, que Chartier avait gardée quand il était devenu Premier adjoint. Il y avait là une piste à creuser pour compenser une partie des revenus que sa défaite aux législatives venait de lui faire perdre . Et il a rapidement trouvé la martingale : il va désormais toucher une indemnité pour sa fonction de président de la SEMIDOR. C’est ainsi que le conseil municipal de Domont vient de lui allouer une indemnité annuelle de 24000 € par 27 voix pour, deux contre, 3 abstentions et un refus de vote, dans une presque unanime et touchante compréhension pour les malheurs de son ancien maire et député déchu (conseil municipal de Domont du 30 juin 2017).

 

A la mairie de Domont quand on aime, on ne compte pas, surtout quand il ne s’agit pas de ses propres deniers. .

 

Décidément Chartier, comme son mentor Fillon dont il fut l’éphémère porte-parole jusqu’à une mémorable bévue (« un rhume ? Ça dépend du rhume »), a la main qui, pour reprendre le joli mot de Mme de Sévigné, est un creuset où fond l’argent (des contribuables).

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