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Billet de blog 3 déc. 2022

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Contrainte et contrition

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La « crise » énergétique, celle-là même qui n’a de « crise » que le nom, vient à la suite de la « crise » sanitaire.

Les mêmes méthodes de conditionnement à la soumission et à la résignation sont utilisées, « nudge » et autre incitation à l’auto-contrôle, à la réduction jusqu’à l’absurde d’un confort de vie (devenu privilège) acquis de haute lutte et sur le temps long par un peuple qui doit se faire à l’idée paraît-t-il de la « fin de l’abondance ».

Ayez froid, ne bougez pas trop, mettez vos masques (de retour !)

Une vie de merde (c’est dans le dictionnaire) à laquelle nous devrions consentir sans barguigner ni tergiverser. Nous voilà dans l'obligation de faire œuvre de contrition. Nous avons vraiment abusé du confort, sans avoir été en capacité de prendre conscience que nous allions, irresponsables, dans le mur climatique. Nous étions prisonniers de nos "biais" cognitifs, nous voilà face à nos responsabilités individuelles guidés par nos maîtres à la pensée éclairée.

C’est comme ça, c'est contingent et on y peut rien. De toute façon, on fait tout bien et puis vous n'y comprenez rien.

Nos politiques ici comme ailleurs sont formidables. Ils ne sont responsables de rien : c'est à croire qu'ils ne prennent aucune décision. Ils n'ont pas de compte à rendre à des citoyens qu'ils méprisent.

Ils les ont amené à l’éducation, à une certaine ouverture sur le monde. Dans le même temps, grâce aux outils audiovisuels ils se sont efforcés d’en réduire les effets sur leur conscience politique.

Ils ont créé les conditions de l’étouffement de tout désir individuel de prise de pouvoir sur une vie qu’ils annoncent, narquois, de plus en plus pénible : plaisir de voir l’autre souffrir et de le renvoyer à son impuissance, à sa condition d’objet politique.

Nous voici confrontés à l’enchaînement de messages absurdes, de prophéties auto-réalisées avec notre consentement, de drame annoncés inévitables.

Autant d’actions consciemment organisées par la fuite en avant d’acteurs politiques soucieux de préserver l’édifice au détriment de ses habitants.

La période actuelle n’a plus rien d’extraordinaire, à force de répétition.

Les médias aux ordres du politique sont pour la plupart affligeants de médiocrité et de bêtise.

N’ayez pas froid, mettez des pulls, des cols roulés, des doudounes, munissez-vous plaids et autres couvertures (de survie), chez vous, au bureau.

Un peu plus compliqué pour celles et ceux qui ont déjà des conditions de travail rendues pénibles par le bruit et des postures dangereuses : en plus de cela, ils auront froid.

Les « technocrates » sont des êtres qui semblent s’entêter à considérer que le monde dans lequel ils vivent doit être celui d’une majorité de citoyens : travailler jusqu'à l'épuisement à des tâches vides de sens (au mieux), projeter leurs idées étriquées et stéréotypées dans un espace public devenu le terrain de jeu de leur aveuglement stérile.

David GRAEBER avait bien raison mais il n’imaginait probablement pas que le monde des « bullshit job » allait produire ce que nous avons subi depuis mars 2020.

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