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Billet de blog 1 avr. 2017

Les frais de campagne, le vrai problème !

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le débat qui fait rage autour du désistement de Hamon en faveur de Mélenchon (ou l'inverse) occulte les vraies raisons de l'IMPOSSIBILITE pour l'un comme pour l'autre de s'y soumettre. Lors de l'affaire devenue un feuilleton politico-judiciaire des extraordinaires émoluments de Pénélope Fillon  éblouissante attachée parlementaire de son mari et tellement discrète, tous les Français et les observateurs de la vie politique française n'ont eu de cesse de s'interroger des raisons pour lesquelles Fillon maintenait sa candidature contre vents et marées. La réponse est relativement simple et la clé de l'énigme se trouve  dans le financement des campagnes électorales. Fillon s'est retrouvé en tête de la primaire de la droite alors qu'il n'osait l'espérer, Juppé étant donné gagnant à tous les coups. Projeté sur le devant de la scène, Fillon ne pouvait qu'accepter la décision des électeurs, il fut ainsi mis en pleine lumière, lui qui poursuivait sa petite vie de hobereau local à l'abri de son château de Sablé sur Sarthe, dans la discrétion  qui sied à la bourgeoisie campagnarde. Las, des journalistes particulièrement pugnaces et bien renseignés ont mis au jour ses petites combines qui ont conduit toute la famille dans le bureau du juge d'instruction avec, à la clé une mise en examen pour Madame, Monsieur bénéficiant de l'immunité parlementaire. Fillon a sans doute été tenté de lâcher l'affaire lors des ces horribles semaines où la presse distillait le détail de ses turpitudes. Mais Fillon n'est pas un perdreau de l'année, c'est même plutôt un chasseur, et bien conseillé par son (ses) avocat(s) il a très vite compris que s'il abandonnait (au nom de la morale, or en politique il n'y a pas de morale), il ne pourrait être remboursé de ses frais de campagne, et ces derniers sont considérables, tellement considérables que tenter de rembourser l'eût à coup sûr ruiné. Voilà donc notre Fillon condamné à poursuivre son chemin de croix, et même se reprendre à espérer dans la confiance de ses électeurs qui ont ceci de commun avec les poissons rouges : la mémoire. Fillon fera sans doute un petit 10% voire plus, la droite la plus bête du monde nous a déjà habitués à pire, il pourra ainsi rembourser ses frais de campagne, peut-être même s'offrir un petit bonus, on connait désormais le personnage; puis retourner à sa solitude campagnarde, ses chasses, et ses réceptions d'affaires. Peut-être commettra-t-il un livre de souvenirs dans lequel il exprimera sa souffrance et celle de sa Pénélope, les éditeurs savent flairer les bons coups.

Mais quid de Hamon et Mélenchon?

Il est désormais avéré que Jean Luc Mélenchon est le candidat de gauche le plus capable de gagner les élections malgré la candidature surprise de Macron, authentique candidat de droite dont j'espère que le soutien se dégonflera aussi rapidement qu'il est monté. 

Hamon est en perte de crédit un peu plus chaque jour, et réellement il me fait pitié, qu'est il allé faire dans cette galère ?

La politique est un jeu de cirque, le dernier sans doute, un jeu dans lequel le public construit ou détruit ses monarques au gré  de sa fantaisie, en fonction de critères qui ressortent plus de l'émotion que de la raison. L'élection se fait d'avantage sur le physique, la jeunesse, le culot, l'empathie, le  semblant proximité avec le peuple que sur des programmes, une volonté de servir, une éthique...

Mais quand on est entré dans l'arène, plus question de reculer, il faut se battre, et c'est le public qui décidera de la vie ou de la mort ...

Dans notre époque "moderne" des textes législatifs ont été élaborés  pour codifier ces nouveaux jeux du cirque et le plus dangereux de ces textes est celui qui interdit le remboursement des frais de campagne au candidat qui se retirerait sauf "empêchement" dûment constaté.

Or ce n'est pas le cas de Hamon, s'il se retire maintenant, le parti socialiste devra rembourser les frais de campagne de son  candidat vainqueur de la primaire, et quand on voit avec quel enthousiasme il le soutient, nul besoin d'être devin pour se douter que le PS fera tout pour éviter cette catastrophe qui d'ailleurs le ruinerait.

Donc, les candidats se maintiendront, le ps continuera en sous-main de soutenir son candidat (de droite) Macron, seule solution de présenter des candidats aux législatives et de passer un marché (de dupes) avec le dernier petit génie que l'Education Nationale nous aura donnés.

Finalement, les élections, comme la politique, ce n'est qu'une simple affaire de pognon !

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