vive la loi Macron

La loi Macron qui sera discutée en conseil des ministres semble déranger un certain nombre de personnes qui considèrent que cette loi ne va pas assez loin. Je partage cette opinion avec notamment Mme Parisot qui fut, on s'en souvient encore la « patronne des patrons ». Mme Parisot « entrepreneuse » de choc et, un peu héritière, ce matin sur France Inter déplorait que la fermeture des magasins le dimanche, oblige nombre de pauvres consommateurs à faire leurs emplettes dominicales à Londres, la ville commerciale par excellence. Ces gens sont ainsi contraints de faire l'aller-retour Paris-Londres par avion le dimanche au lieu de bêtement rester au coin du feu, un bon livre sur les genoux. C'est véritablement scandaleux, et je comprends la tentative avortée d'interdire les feux de cheminée dans cette belle ville de Paris. Comment en effet tolérer ce mode de chauffage d'un autre âge, dont les conséquences sur la santé sont autrement plus conséquentes que la circulation des véhicules diesel dont on sait qu'elle ne provoque au mieux que des désagréments mineurs. Tous ces freins à l'économie sont la cause de notre marasme, je dis donc qu'il faut aller plus loin, plus vite, plus fort. Et pour commencer abolir la loi interdisant le travail des enfants, ils ont des petites mains et sont donc capables de faire le travail des ouvriers chinois... et pour le même salaire. Naturellement supprimer les allocations familiales aux familles dont les enfants travaillent, on ne peut à la fois avoir le beurre et l'argent du beurre. Le gouvernement devrait aussi rouvrir les mines qui firent la richesse de notre glorieux XIXème siècle et permit à tant de grands d'écrivains d'exprimer leur talent : ah « Germinal » de Zola, comment eût-il pu l'écrire s'il n'avait eu ce si beau modèle ? La place des femmes, naturellement, est aux fourneaux, voilà qui mettrait fin au chômage qui plombe notre économie, abrogation de la loi sur les 35 heures, suppression de la cinquième semaine de congés payés, retraite à 75 ans, et voilà notre beau pays sur la voie de la croissance !

Mais là il faut du courage, et le petit Macron en a-t-il suffisamment, se sent-il soutenu par notre président, encouragé par le souriant premier ministre ? Nous verrons bien, puisque nous nous contentons de regarder, d'entendre, bref de subir. Et si c'était pour cette raison qu'ils en profitent pour nous en mettre plein les dents ? Oh pardon, j'oubliais qu'on nous appelle les « sans dents » !

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