éditorial particulièrement nauséabond

L’éditorial de François Régis Hutin directeur de la publication d’Ouest France ce samedi 10 novembre 2012 m’a littéralement stupéfié : Quarante heures…trente-cinq heures…

Revoilà donc un débat qu’on croyait clos remis en scène par un patron de presse dont l’honnêteté intellectuelle n’est pas la moindre des qualités. Se servir de la  tribune du plus grand quotidien de France pour nous resservir une soupe aussi froide qu’indigeste n’est franchement pas de la dernière élégance, et l’on pouvait attendre mieux de ce journaliste dont les éditoriaux ne m’avaient pas spécialement choqué, mais aujourd’hui FRH met le paquet ;  qu’on en juge : faire appel à l’autorité de Daladier, l’homme de Munich, souvenez-vous, pour asséner : « La France doit se remettre au travail, » faisant allusion aux quarante heures hebdomadaire de travail. Daladier n’était pas Président du conseil en 1938, il avait été contraint à démissionner en 1934 Monsieur Hutin devrait réviser ses classiques.

Puis, en appeler comme caution morale à Lindbergh, ayant déclaré « qu’il était nécessaire de changer l’esprit des peuples anglais et français », c’est faire preuve d’une ignorance crasse qui confine à la désinformation, quand on sait que Monsieur Lindbergh fut décoré par Hermann Goering, et entretint des relations ambigües avec le régime nazi jusqu’à l’entrée en guerre des Etats-Unis après l’attaque de Pearl Harbour. Cette attitude lui valut d’ailleurs de la part de quelques écrivains tels Philippe Roth, Robert Harris, ou Daniel Easterman, qui dans des romans uchroniques ne se privèrent pas de le désigner comme un être particulièrement malfaisant.  

Monsieur François Régis Hutin[1], ne pensez-vous pas qu’il serait temps de prendre une retraite bien méritée ?

Il est véritablement scandaleux d’utiliser la première page du plus grand quotidien de France pour étaler ainsi des idées aussi nauséabondes, quand on a œuvré comme vous contre la peine de mort, contre la torture et pour l’amélioration des conditions de vie carcérale. Ouest-France fait partie de notre vie, à nous Bretons, j’y ai « appris » à lire, je pense lui devoir quelques principes moraux, il serait dommage de gâcher cette image.

 

 


[1] Il est né en 1929, il a 83 ans.

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