La crise financière ? tout simplement humaine !

Au moment où le monde entier semble prêt à basculer dans un chaos financier il me paraît opportun de revenir sur des notions apparemment simplistes mais de bon sens. De tous temps l’humanité a tenté de survivre sur la planète malgré les événements climatiques, politiques ce qui a contribué à construire une Histoire et donné un sens à la vie de la plupart des hommes. La prédation est sans doute le mot qu’il convient le mieux d’associer à l’Homme.

Obligé de se défendre contre d’autres prédateurs, l’homme a fini par s’affirmer comme le plus grand prédateur de la terre, à force d’intelligence, d’opiniâtreté mais surtout grâce à cette faculté qui n’appartient qu’à lui dans le monde animal : la transmission du savoir et la curiosité insatiable. Bien entendu, à force d’exercer la prédation envers les autres animaux, l’homme a tourné ses armes, très tôt vers ses semblables, non dans un but, excusable, de se nourrir, mais pour s’approprier leurs richesses. La terre est ainsi progressivement devenue un immense terrain de jeu propice aux ambitions les plus folles de chefs de bandes qui ont étendu leur pouvoir et leur territoire au gré de la fortune des armes. Alexandre le Grand, Gengis Khan, Napoléon, Hitler sont des noms qui résonnent encore étrangement à nos mémoires, bien plus que Laennec, Fleming, par exemple et pourtant ils furent parmi les plus abominables prédateurs tandis que les seconds, oubliés bien souvent, ont contribué par leurs découvertes au progrès de l’humanité. A force de puiser dans les ressources de la planète on a fini par s’apercevoir que ces dernières n’étaient pas inépuisables, loin s’en faut. De la déplétion pétrolière à la raréfaction des poissons, en passant par la mise en coupe réglée des forêts tropicales, et l’exploitation inconsidérée des minerais, nous avons fini par apercevoir le fonds de ce trésor et passé le relais aux techniciens de la finance.

Ces gens, qui relèvent d’avantage de la prestidigitation que de la science ont inventé des formules autant magiques que fumeuses pour nous faire croire à la génération spontanée. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » cette formule du chimiste Lavoisier guillotiné à la révolution (encore une péripétie de la prédation bourgeoise, déguisée en soulèvement populaire, mais ceci est une autre histoire…) parce que : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes » comme lui déclara le président du tribunal qui le condamna à mort, cette formule, donc a semble-t-il été oubliée de nos nouveaux savants.

Les banquiers qui firent bien leur travail étaient avant tout des comptables, des gens qui veillaient à équilibrer leurs comptes, les financiers ont une autre approche de la monnaie, ils ont surtout la prétention de créer de la richesse simplement en appliquant de formules mathématiques qu’ils sont les seuls à comprendre, quand encore ils les comprennent.

Ils sont devenus les nouveaux gourous d’une secte baptisée « les petits porteurs », des gens souvent sans grande culture, mais avides de faire fructifier leur argent sans se fatiguer. Les financiers ont très vite vu le parti qu’on pouvait tirer de pareils naïfs et les ont embarqués dans des galères sans cesse plus aventureuses. La crise des subprimes était inévitable comme est inévitable la faillite d’une banque qui rémunère ses premiers clients avec l’argent frais des nouveaux. Ce truc vieux comme le monde n’en continue pas moins de fonctionner avec bonheur à chaque nouvelle génération de gogos. La bourse, qui n’est jamais qu’un immense casino a fini par s’imposer comme l’élément régulateur des flux financiers alors qu’elle n’en est que le témoin impuissant. Le spécialiste de la bourse est comme le commentateur de la météo, il fait de grandes démonstrations mais il est incapable de faire tomber la pluie, cela se saurait depuis le temps, sans jeu de mots !

La grande catastrophe qui va survenir OBLIGATOIREMENT, va remettre les pendules à l’heure, pour quelque temps, tout comme la crise de 29, ou celle de 2008, jusqu’à la prochaine fois, jusqu’à la prochaine trouvaille de nos spécialistes en économie.

Elie Cohen, par exemple. J’adore cet homme, son visage poupon, sa chevelure blanche, ses mains sans cesse en mouvement, et son sourire désarmant. On finit par regarder ses mains, on oublie son discours, ce qui n’a guère d’importance d’ailleurs, car ce qu’il dit aujourd’hui n’est que le contraire de la théorie qu’il expliquait la semaine dernière, mais comme il est resté à Paris, France 2 le convoque à chaque soubresaut de la « planète finance » et il vient, bon petit soldat, nous rassurer ou nous endormir ?

Il est plus facile de piquer un euro à un million de gogos, qu’un million d’euros à un parvenu. Telle pourrait être ma conclusion, mais je préfère inciter à la réflexion ceux qui me liront (mais ceux-là n’en ont sans doute pas besoin) et surtout les inciter à convaincre dans leur entourage les candidats à l’argent facile que le seul argent qu’on puisse dépenser est celui que l’on possède vraiment. C’est pourtant simple non ?

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