les raisins de la colère

l'Europe, ce grand rêve, est en train de devenir un cauchemar pour une bonne partie de la jeunesse. Pas de travail, sauf à accepter des salaires de misère, y compris pour ceux qui se sont laissé prendre au mirage des études supérieures. Certes, il y a ceux qui gagnent très bien leur vie, et qui ne se sentent pas concernés par la crise générale qui touche non seulement l'Europe mais la planète entière, mais l'exode a repris dans les pays traditionnellement migrateurs, le Portugal par exemple. Alors que leurs parents, fuyant la misère étaient venus travailler en France pour trouver sinon la fortune, au moins une aisance matérielle, et un meilleur avenir pour leurs enfants, ceux-ci sont désormais contraints de quitter le pays rêvé, et de refaire le chemin parcouru par leurs parents ou grand-parents, quelques décennies plus tôt. Le Portugal est en train de se vider de sa substance -sa jeunesse-  contraint par les directives de l'Europe que les politiques portugais s'empressent d'appliquer au nom de la discipline européenne. La finance, désignée par le candidat Hollande comme son pire ennemi, continue  de dépecer le monde pour en faire un immense supermarché. L'esclavage revient, mais cette fois-ci les esclaves acceptent volontairement leur sort, pour fuir la misère instutionnellement répandue par les nouveaux colonisateurs qui mettent la planète en coupe réglée. Les lieux de liberté se raréfient, les masses sont anesthésiées par la publicité, la télé et maintenant l'Internet qui permet de connaître mieux que l'intéressé lui-même quels sont ses centres d'intérêt. Qui peut désormais engager ses enfants dans un cursus avec la certitude du bon choix ? Est-il raisonnable de s'endetter pour dix, vingt ans voire plus pour simplement payer son toit alors que conserver son emploi relève de la plus grande incertitude ? Est-il sensé de parcourir des centaines de kilomètres par semaine pour se rendre au travail, de considérer comme normal que des produits "frais" traversent toute l'Europe pour ravitailler des populations désormais incapables de subvenir à leurs propres besoins ? La folie collective est en train de se répandre au profit de quelques uns, et nous assistons, impuissants à notre propre décadence. Il est désormais acquis que la concentration des animaux dans les élevages intensifs provoque non seulement une pollution ingérable (algues vertes, eutrophisation) mais aussi des infections par des BMR (bactéries multi résistantes) causées par les traitements aux antibiotiques pratiqués sur les animaux qui pataugent dans leurs déjections. Il est désormais conseillé de préparer avec des GANTS le poulet dominical produit dans ces usines de mort, de laver avec un soin particulier les couteaux et autres instruments de cuisine qui sont susceptibles de porter ces germes difficiles à soigner et même responsables de la mort de patients contaminés... Il n'est pas seulement nécessaire d'être en contact permanent avec ces animaux pour être contaminé, il suffit de "bénéficier de vents favorables" dans un rayon d'un kilomètre de ces élevages pour faire partie des populations "à risque". Les hôpitaux sont souvent désarmés devant ces nouvelles pathologies et constituent un terrain de dissémination extrêmement préoccupant. Ces informations, les journaux télévisés se gardent bien de nous les diffuser, pour ne pas nous affoler sans doute, et puis ce ne sont pas quelques centaines de morts chaque année qui doivent changer le cours de l'histoire ! Nous sommes en train de mettre en place tous les éléments nécessaires à notre disparition, nous les humains de cette si belle planète que nous avons si bien défigurée. Hier soir, au cinéma nous avons vu "le dernier loup" de Jean Jacques Annaud, je vous conseille d'aller voir ce film en famille, vous y verrez comment un pouvoir politique (la Chine de Mao) détruit au nom d'une idéologie un peuple qui se contente de vivre en harmonie avec l'univers. L'Homme est un prédateur, comme le loup, mais à la différence du loup il ne se contente pas de prendre la part qui lui revient : il veut tout..... et il n'aura bientôt plus rien !

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