Monsieur Gattaz est un salaud !

Monsieur Gattaz est un salaud , ce n'est pas une insulte, juste un constat.

Qu'est ce qu'un salaud ? C'est, nous dit le Trésor de la Langue Française : « Personne méprisable, dénuée de toute moralité; personne capable d'actes contraires à tous les principes moraux. »

Cette définition semble convenir à l'homme capable de vouloir instituer un salaire minimum pour les jeunes, inférieur au salaire minimum actuel, au motif qu'« Il vaut mieux quelqu’un qui travaille dans une entreprise avec un salaire un peu moins élevé que le SMIC, de façon temporaire et transitoire, plutôt que de le laisser au chômage ».

Monsieur Gattaz croît à la vertu du travail, avec 125 M€ de revenus en 2013, ce qui le classe au 341ème rang des fortunes françaises, il est surtout un héritier qui a commencé sa carrière sous la houlette d'un grand mentor : Dassault. M Gattaz doit regretter l'heureux temps où n'existaient ni protection sociale, ni code du travail, et où les ouvriers se découvraient pour saluer « not' bon maître » dénoncé par Jaurès. Monsieur Gattaz ne doit pas avoir la même lecture que nous, gens du peuple, de l’œuvre de Zola et nous n'avons sans doute pas les mêmes nostalgies. Seulement voilà, Monsieur Gattaz fait partie des gens qui comptent, des gens influents, de ceux qui bénéficient de l'oreille complaisante des politiques, de gens comme M Lamy, qui fit sa carrière bien à l'abri des institutions européennes tout en œuvrant au sein de l'organisation mondiale du commerce au renforcement des monopoles et à la destruction des règles de protection des travailleurs quand elles existent encore. Mais je trouve des excuses à M Gattaz, il ne connaît pas les conditions de vie des salariés auxquels il veut bien accorder l'aumône d'un salaire minable en échange de leur temps, de leur fatigue, de leur stress, Monsieur Gattaz n'évolue pas dans le même monde que ceux à qui il doit sa richesse. Une consolation me vient de Frédéric Dard : les salauds vont en enfer … s'il existe !

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