Les socialistes sont-ils encore de gauche?

Les récents déboires de DSK –présomption d’innocence oblige – ont montré à quel point les socialistes ont perdu toute ambition gouvernementale. La chute de leur champion les a anéantis, K.O debout! Toute leur stratégie reposait sur DSK qui avait acquis, croyaient-ils, une dimension internationale. Et ils avaient presque réussi à faire partager cette croyance aux Français.

Les récents déboires de DSK –présomption d’innocence oblige – ont montré à quel point les socialistes ont perdu toute ambition gouvernementale. La chute de leur champion les a anéantis, K.O debout! Toute leur stratégie reposait sur DSK qui avait acquis, croyaient-ils, une dimension internationale. Et ils avaient presque réussi à faire partager cette croyance aux Français. A défaut de programme, d’idées novatrices ils jouaient leur va-tout sur le joker DSK.

On ne fait pas de politique sans idées, et surtout on ne fait pas de politique sans altruisme quand on se prétend de gauche. L’arrivée de leur champion aux affaires en 1981 leur avait donné l’illusion de jouer dans la cour des grands, ils en ont été tout enivrés, ils sont devenus hautains, méprisants pour le peuple dont ils se réclament. Les années Miterrand leur ont ouvert l’accès aux affaires –les vraies, celles du fric- et pendant ce temps le peuple, qui prend son temps et qui regarde, attendait, attendait…

Et puis ce fut la grande dégringolade, l’échec de Jospin, son retrait de la politique après une cohabitation avec un président vieillissant mais vraie bête de campagne. Face à un Sarkozy ils n’eurent que Ségolène, pleine de talent certes, mais bouffie d’ambition en digne fille spirituelle d’un président matois et retors. Lâchée par son parti, elle ouvrit la voie à Sarko qui en cinq ans a tenté –souvent avec succès- d’anéantir toutes les avancées sociales depuis les années 30. Et qu’ont fait les socialistes durant ce quinquennat ? ils ont compté les points, incapables qu’ils étaient de mobiliser le peuple qui ne croit plus en eux.

Ils ont tourné le dos à Jaurès, ils ont magouillé pour conserver leurs fiefs, en bons petits notables provinciaux qu’ils sont devenus, ils sont devenus les bourgeois que stigmatisait Jacques Brel dans la chanson du même nom. Ah ils sont beaux, nos socialistes à la mie de pain. Et non contents de savoir par avance qu’ils seront battus la prochaine fois, ils organisent une primaire –sans doute pour imiter les Américains- afin que le peuple de gauche s’exprime sur le bon candidat. Mais le peuple de gauche commence à en avoir assez de ces hobereaux qui ne les représentent plus. Il n’y a plus désormais de droite et gauche en politique il y a une classe politique, qui fait de la politique comme on fait un métier. Des politiques qui font du spectacle –pas toujours ragoutant- qui sont devenus la « société du spectacle » chère à Guy Debord, et pendant ce temps le peuple travaille et attend, perd son temps dans les transports, et attend, s’écroule de sommeil, et attend, est manipulé par les media et attend, et attend, attend….il est patient le peuple, il a tout son temps le peuple, et puis un jour il se réveille, le peuple, se secoue, comme au sortir d’un mauvais rêve, il se rend enfin compte qu’on l’a manipulé, trompé, égaré, infiltré, usurpé, retourné, alors le peuple il se met à gronder, et sa clameur s’élève, et il devient foule, incontrôlable, parce que marre d’être contrôlé, violent parce que marre d’être violenté, alors il ne se contrôle plus, il casse, il brûle, il tue…

Mais cette fois-ci, le peuple ne sera pas violent, il se contrôlera, il ne cassera pas, il ne brûlera pas, il ne tuera pas, il dira simplement, calmement, fermement, irrévocablement à cette classe politique usée, incompétente, malsaine, criminelle : « DEGAGE ! »

Il dira ça le peuple, comme celui de Tunisie, d’Egypte, d’Espagne, du Portugal, de Grèce, parce qu’il en marre le peuple, parce qu’à force de le maltraiter il a fini par devenir indigné !

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