La fin d'un mythe

Valls est un politique "moderne". Il a fait toute sa carrière à l'ombre du parti socialiste, comme la plupart des petits marquis qui gouvernent la France. Pour ces gens, il n'existe que deux catégories d'humains : ceux qui ont le pouvoir, et ceux qui subissent le pouvoir. Valls désormais fait naturellement partie  de la première catégorie et se moque comme de sa première rose des appareils qui lui ont permis d'accéder au pouvoir. Il n'en est plus tributaire, il fait partie de ceux qui sont aux manettes, de ceux qui décident qui aura l'investiture, quels réseaux il faut noyauter pour conserver cette apparence de démocratie à laquelle beaucoup trop de gens croient encore. La faute à qui ? A ce peuple tellement difficile à définir, mais qui vote, perpétuant l'illusion que l'élection est gage de démocratie. Tant que la désignation des législateurs sera conditionnée à l'élection, nous continuerons à déléguer notre pouvoir à des représentants (nos représentants ?) qui n'auront rien de plus pressé que de servir leurs intérêts, car leurs intérêts et les nôtres sont incompatibles. Valls ne pouvait faire autrement que d'abattre son jeu. Avec la fuite de quelques frondeurs la situation du parti socialiste était inconfortable, en bousculant ce parti de notables, il veut faire imploser cette grosse administration pour en chasser les quelques-uns qui pourraient le gêner : les Filoche, Hamon, Aubry... La gauche (enfin une certaine gôche) dont le champion devait s'attaquer à la finance a mis ses pas dans les traces de la bande à Sarkozy, il a continué le job. La France est une dictature (douce ?) où toutes les décisions sont prises au sommet de l'Etat. Les syndicats, les associations sont infiltrés,  on organise de faux débats de société (le mariage pour tous, par exemple) alors que les préoccupations des Français sont le travail, la santé, l'éducation, bref les conditions de vie au jour le jour. Les artisans sont en voie de disparition, les paysans, écrasés par les crédits déposent le bilan quand ils ne se suicident pas, les commerçants, laminés par la grande distribution désertent les agglomérations, les friches industrielles se multiplient, les étudiants, faute de trouver du travail poursuivent  des études souvent inutiles (pas assez ou trop diplômés), mais les banquiers et les assureurs affichent un sourire inoxydable, cherchez l'erreur ! Il reste encore un secteur où l'on ne souffre pas trop : les retraités qui ont fait une carrière complète, sans accident; mais qu'ils se rassurent, les prochains sur la liste ce sont eux, eux qui cristallisent tous les maux qui accablent "ceux qui se lèvent le matin pour aller bosser". Ils font tellement d'envieux, eux qui aident leurs enfants et petits enfants, qui remplissent les restaurants, les autocars et les avions. Ils sont la poule aux oeufs d'or, mais faisons confiance aux Valls, Hollande, Moscovici, Macron et consorts (non ce n'est pas une insulte) ils sont tellement intelligents et surtout tellement démagogues qu'ils finiront bien par la tuer. Du pain et des jeux, voilà ce qu'avaient trouvé les dictateurs romains pour conserver le pouvoir, on connait la suite...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.