Fillon président ? Dans six mois peut-être, demain sûrement pas !

L'élection présidentielle est dans six mois, d'aucuns se prennent à rêver qu'elle a lieu demain. Fillon est-il à la hauteur, qui fut le "collaborateur" de Sarko pendant cinq ans et qui par sa présence à Matignon a cautionné la politique de celui-ci ? Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne estimait Chevènement. Fillon a choisi , et nous ?

Demain nous saurons qui, de  Fillon ou Juppé, sera le prochain candidat de la droite (et du centre ?). Sarkozy, éliminé, Fillon semble faire la course en tête, tandis que Juppé second du premier tour pourrait faire les frais de la désinvolture des électeurs. Sarko victime du désamour de la plupart des Français de gauche comme de droite n'a pas su comprendre le message qui lui fut adressé en 2012. Comme le disent certains de ses supporteurs : "il a eu sa chance, il n'a pas été à la hauteur", c'est un peu ce que l'on avait compris,  n'avait il pas décrédibilié la fonction présidentielle par quelques interpellations du genre "casse-toi pov con !" qui n'étaient pas de la suprême élégance. Fillon est l'homme des réseaux dirigeants, n'a-t-il pas la faveur de la branche dure du Medef qui ne rêve que privatisation des assurances sociales et mort d'un système de retraites, héritage du Conseil National de la Résistance,  à une époque où tout était à reconstruire?

Les Français ne semblent pas prendre conscience des enjeux, obnibulés qu'ils sont pas les questions économiques, dont on sait qu'elles n'ont pour objectif que d'effrayer le citoyen. Qu'un Trump parvienne à la tête du plus puissant pays du monde montre à quel point la déliquescence des institutions a provoqué un état d'hébétude intellectuelle qui se traduit par l'adhésion au discours du plus agressif, du plus "fort en gueule" des candidats, et prouve à quel point l'atonie politique a touché la sphère intellectuelle américaine au point de se montrer incapable d'inverser le cours impétueux de la démagogie.

Sommes-nous dans le même état d'asthénie ? La gauche semble paralysée à cause de ses dissenssions internes, et ne n'est pas la dernière initiative de Macron qui va calmer le jeu.

"Moi, Président" apparait comme largué alors que ses promesses - mais faut-il faire confiance aux chiffres officiels ? - de faire baisser le chômage semblent se réaliser. Pour une fois qu'un politique tient ses promesses, ne boudons pas notre plaisir !

Le peuple français aime l'auto-flagellation, ce côté masochiste fait sans doute partie de notre charme, mais il y a des limites à ne pas franchir.

Que propose Fillon, sinon du sang et des larmes, à l'instar de Winston Churchill, mais l'habit du grand homme est peut-être un peu ample pour celui qui fut le "collaborateur" de Sarko.

Au moins a-t-il montré une   aptitude peu courante à avaler des couleuvres, mais est-ce suffisant pour se frotter aux grands fauves comme Poutine, Sarko en a fait l'amère expérience

( voir ici : http://reseauinternational.net/comment-poutine-a-insulte-et-menace-sarkozy-au-g8-de-2007/  ).

Hollande célèbre pour ses aptitudes peu communes à l'exercice difficile de la synthèse a su renouer le contact avec notre grand voisin sans pour autant abdiquer sur l'affaire des "mistral" qui seront finalement livrés à l'Egypte : l'honneur est sauf et ni Poutine ni Hollande n'a perdu la face.

Fillon insiste sur ses relations priviligiées avec Poutine "L'ex-premier ministre de Nicolas Sarkozy prône notamment une levée des sanctions européennes envers la Russie et une coopération sur l'épineuse question syrienne." On comprend que Poutine soutienne la candidature de Fillon qui peut lui renvoyer l'ascenseur, mais le coq français est-il de taille à négocier avec l'ours... ou l'aigle russe ?

Les médias et les instituts de sondage - qui ne se trompent jamais ..... pour commenter les résultats - considèrent déjà que Fillon a gagné la présidentielle, il faudrait tout de même leur rappeler que seuls 4 millions d'électeurs se sont prononcés sur les 43 millions inscrits sur les listes électorales soit 10% de l'électorat, qu'il ne s'agissait que d'une consultation des sympathisants de la droite - et éventuellement du centre - et que nous sommes encore à six mois de l'échéance présidentielle, et que d'ici là beaucoup d'eau aura coulé sous le pont Mirabeau !

 

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