Seul dans Berlin

Dans Berlin, le courage d'un couple qui tente d'éveiller les consciences face à la dictature nazie.

"Seul dans Berlin" est un film qui relate le courage désespéré d'un couple d'Allemands dont le fils est mort, tué dans l'offensive allemande contre la France en 1939. Ce film, tiré d'un ouvrage de Hans Fallada, tiré de l'histoire vraie de Otto et Elise Hampel exécutés le 8 avril 1943. Otto et Elise ont distribué (dans le film) 285 cartes postales au dos desquelles Otto a écrit des libelles contre le régime nazi et contre Hitler. Sur les 285 cartes déposées dans des immeubles afin d'informer puis de créer un mouvement de rébellion contre la dictature nazie seules 18 ne seront pas rapportées à la Gestapo, 18 cartes dont on ne sait rien et qui furent sans doute détruites par ceux qui les trouvèrent. Ceci en dit long sur la nature humaine, sur la lâcheté  de la population face à la détermination criminelle de quelques uns. Le juge Fromm fait partie des personnages qui, par leur attitude laissent espérer de la condition humaine, mais il est lui aussi seul face à l'inertie des Berlinois de l'époque. L'inspecteur qui mène l'enquête sera finalement touché par le courage, l'abnégation et la grandeur d'âme de celui qu'il a fini par arrêter, et devant sa propre lâcheté se suicidera après avoir jeté par la fenêtre les cartes des époux Quangel (le nom des Hampel dans le livre et le film), cartes que l'on voit ramassées par des passants dont on ne  sait trop s'ils sont des civils ou des membres du parti.

Ce film que je ne saurais trop recommander aux jeunes surtout, nous éclaire sur ce qui peut arriver dans un pays dominé par un dictateur, ce que l'on appelle communément un régime policier. Or nous nous acheminons tout doucement vers ce genre de régime, même s'il s'agit de "dictature douce" ou de "démocrature", et j'augure bien mal des années à venir. La société numérique qui devient la norme dans tous les pays va permettre de ficher tous les "citoyens" et ainsi de sonder les coeurs et les âmes. Bien sûr il s'en trouvera toujours pour penser que "si l'on n'a rien à se reprocher, on n'a rien à craindre", c'est oublier que la norme sera fixée par la dictature, non par le peuple...

Quant à la nature humaine, je ne me fais guère d'illusions, le peuple sera toujours du côté du plus fort, il en a toujours été ainsi et je ne vois pas pourquoi tout à coup cela changerait.

Sauf peut-être si l'éducation des jeunes comprenait le devoir de désobéissance !

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