Du pain et des jeux !

Ce soir, après une bonne journée consacrée au jardin : plantations, arrosage, tailles diverses, un peu de télé…

Excellente Catherine Frot, inquiétante, obsédée par la perte de son enfant et qui reconnaît sa fille un jour sous les traits d’une fillette … histoire inspirée d’un fait réel. Et puis je me suis assoupi devant le télécran … réveil durant les « informations ». Tronche de premier de la classe qui débite son discours auquel il ne fait même plus semblant de croire…

Juste vite fait un petit reportage sur ces « indignés » en Espagne puis en Grèce, enfin en France où les « forces de l’ordre ont évacué la place de la Bastille –haut lieu chargé de symbole- sans violence. Ben oui, Ducon, ces mouvements qui secouent la planète de la Tunisie à l’Espagne en passant par le Yémen ont en commun de refuser la violence, référence –révérence aussi- à la non-violence professée par un certain Gandhi…

Bon je vais relever mon courrier. Rien de bien intéressant.

Dans un coin de la maison la télé continue son bavardage. A un moment je suis attiré par des bruits qu’on dirait émis par des primates, ce ne sont que les cris d’accompagnement de la balle par des tennismen qui se mesurent dans une arène carrée, j’apprends au passage qu’il s’agit de Roland Garros plus connu désormais pour le stade qui porte son nom que par ses exploits d’aviateur mort la veille de ses trente ans dans un combat aérien pendant la guerre de 14, celle que préférait Brassens. Et ça dure, Monfils envoie des balles à un certain Ferrer, non pas Nino, qui, lui, était un véritable artiste. Et ces deux gladiateurs à force de ahanements enflamment un public composé de jet-setters parisiens, jusqu’au moment ou Monfils se fait bobo à la papatte, alors j’ai décroché, et je me suis mis au clavier.

Consacrer plus de temps à deux gugusses qui échangent des baballes plutôt qu’à des milliers de jeunes qui se cherchent un sens à leur vie dans ce monde de tarés, me semble relever de la plus parfaite indécence, et curieusement ça me fout en boule.

Je ne dois pas être normal.

Les Romains, juste avant que l’Empire s’écroule après plus d’un millénaire de civilisation, ont décidé que le peuple n’était bon qu’à manger et s’amuser, laissant les la gestion de la chose publique- la res publica- à leurs empereurs, sénateurs, politiciens. On a vu où cela les a menés… et c’est peut-être finalement ce qui me permet ce soir d’espérer.

Ah si, quand même ce fut une bonne journée, Tron a démissionné.

PS-UMP match nul, vraiment nul.

Mais il se fait tard, je vais faire dormir mes yeux, demain sera un autre jour.

Et le soleil, qui n’en fait qu’à sa tête, se lèvera comme chaque matin depuis quelques milliards d’années, et ça la tronche de premier de la classe n’y peut rien.

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