Alep, Guernica du 21ème siècle ?

la guerre d'Espagne est toujours présente dans nos mémoire, et sous nos yeux se joue le sort de la Syrie, et peut-être plus... et pendant ce temps nous regardons ailleurs !

Il ne se passe de jour que nous soyons submergés des états d'âme de nos politiciens guignols ! Valls va-t-il y aller ? Fillon prochain président de la République ? Et Marine, que fait elle, murée dans un silence qui lui fait prendre des points dans les sondages? Après l'avoir ostracisée, voilà que les médias lui reprochent de ne pas répondre à leurs invitations... Et pendant ce temps, à Alep les bombardements comme les affaires continuent, dans l'indifférence de l'opinion publique internationale qui préfère se passionner pour l'élection du pantin Trump, ou pour le mariage des homosexuels. L'ONU, ce machin que dénonçait déjà De Gaulle - sans doute le dernier Homme d'Etat Français - préfère regarder ailleurs tandis que les avions de Poutine déversent sur une population terrorisée des barils d'explosifs bourrés de grenaille afin de tuer en plus grand nombre de innocents. "la maison brûle et nous regardons ailleurs" proclamait Chirac dans un éclair de lucidité, il avait raison : nous regardons ailleurs. Facile d'aller en Syrie, il suffit de demander un visa et d'accepter comme parole d'évangile - ou du Coran ? - les déclarations de Bachar, ce criminel qui devrait être déféré devant la Cour pénale internationale pour y répondre de ses crimes. Quelques journalistes font encore leur travail, ils reviennent indignés, quand ils reviennent, quand leur statut ne les a pas protégés de l'assassinat ou de l'enlèvement (ce qui revient souvent au même). J'ai beau tendre l'oreille, je n'entends pas nos brillantissimes politiciens prendre parti devant les caméras du 20 heures, il est plus facile de s'indigner quand un journal -qui devait bénéficier d'une protection digne de ce nom - est attaqué par des "pétés de la tête". Picasso nous a offert Guernica, cette oeuvre

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 désormais connue du monde entier. Rappelons seulement que tandis que l'Europe restait l'arme au pied, dans un courage qui nous stupéfie encore, Hitler entrainait son aviation à bombarder des objectifs civils. Nous n'avons rien fait à l'époque, quelques uns, dont Simone Weil, André Malraux, Georges Bernanos, Jacques Maritain, François Mauriac tentèrent bien d'alerter le monde des idées, leurs voix furent couvertes par celles de Brasillac, Paul Claudel -un fumiste celui-là- ou encore Drieu la Rochelle. Préfiguration d'une collaboration qui devait durer quatre ans et plonger le monde dans l'enfer, entraîné par un fou drogué le sinistre Hitler. Nous ne cessons depuis de ressasser les crimes de cette époque, et nous ne voyons pas ceux qui sont perpétrés sous nos yeux. Les générations futures pourront peut-être admirer dans un musée deux toiles de peintres, l'une s'appellerait Guernica, l'autre Alep: l'artiste est peut-être déjà en train d'élaborer son oeuvre, il en a tous les éléments sous les yeux.

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