Le refus des autorités israéliennes de réprimer le crime signifie qu’Israël est un ‘refuge’ pour les fraudes massives

Alors qu’Israël ferme les yeux sur les fraudes aux options binaires, des Français enquêtent

Des dizaines de milliers de victimes françaises ont perdu 4 milliards d’euros en arnaque aux investissements en ligne ces six dernières années. La plupart des arnaques cyniques proviennent d’Israël, et y sont toujours florissantes

SIMONA WEINGLASS ET CHARLOTTE GUIMBERT 18 mai 2016

Daniel et Italia, un couple retraité du centre de la France, ont rêvé d’acheter un camping-car et de le conduire à travers l’Europe.

Le couple avait économisé environ 50 000 euros pour cela et espérait augmenter ce montant en l’investissant sur le marché boursier. Après quelques recherches en ligne, ils ont reçu un appel d’un courtier en investissements de Fxntrade, une entreprise dont le site internet semblait professionnel et avait une adresse et un numéro de téléphone à Londres. Le courtier a passé beaucoup de temps à parler au couple, et les a prié au fur et à mesure d’investir leurs 50 000 euros via la plate-forme de transactions en ligne de l’entreprise.

Puis un jour, Fxntrade a disparu sans laisser de trace. Le site internet avait disparu, tout comme l’argent de Daniel et Italia. Le couple a finalement appris qu’ils étaient des dizaines de milliers de victimes d’une vague de fraude au forex et aux options binaires qui a frappé la France ces cinq dernières années. 

Selon une étude conjointe de plusieurs institutions gouvernementales françaises, 28 % des personnes vivant en France ont été sollicitées par de telles entreprises.

« C’est un commerce de prédateur, qui détruit la vie des gens », a dit Daniel, en larmes.

L’histoire de Daniel et Italia ouvre le reportage « La ruine à portée de clic » de l’émission « Envoyé Spécial », diffusée en première partie de soirée sur France 2 en septembre dernier. 

Selon le reportage, des dizaines de milliers de citoyens français ont été victimes de fraude aux options binaires et au forex ces cinq dernières années, et les nombres explosent. 

En 2011, l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’autorité des titres française, avait reçu une centaine d’appels concernant le forex et les options binaires. En 2014, le nombre d’appels était monté à 5 000, et à 6 000 en 2015. Quarante pour cent des appels sur la permanence téléphonique des investisseurs de l’AMF concernent des sollicitations pour du forex et des options binaires, selon Claire Castanet, directrice des relations avec les investisseurs de l’AMF. 

En 2010, la liste noire de l’AMF des sites de transactions non autorisés comptait quatre noms. 

Aujourd’hui, il y en a 360.

Pendant une conférence de presse le 31 mars, le procureur de Paris a estimé que les fraudes aux options binaires et au forex contre les citoyens français représentaient 4 milliards de dollars ces six dernières années. 

Déborah Abitbol, avocate franco-israélienne qui représente les victimes du forex et des options binaires françaises depuis son bureau du centre de Jérusalem, affirme que la plupart, sinon toutes, ces fraudes colossales proviennent d’Israël. Elle décrit les actions de l’industrie israélienne comme du « vol » et un hiloul Hashem, une « profanation du nom de Dieu », un terme qui fait référence à un comportement qui apporte la honte et le discrédit au peuple juif et à sa religion. 

Abitbol représente actuellement 15 clients, dont certains ont perdu les économies d’une vie et sont « vraiment désespérés », raconte-t-elle. La plupart d’entre eux ont été approchés par des francophones assis dans des centres d’appels en Israël qui mentaient et disaient qu’ils appelaient d’ailleurs. Au moins un des clients d’Abitbol a été arnaqué par téléphone depuis le Royaume-Uni.

Chaque victime a la même histoire : au début, leur courtier était amical, compétent et très attentif. Après leur dépôt initial, ils expérimentaient une série de transactions réussies, et en voyant comme c’était facile, continuaient à ajouter des fonds sur leur compte d’investissement. 

Jusqu’à un matin, où ils se réveillaient et se rendaient compte qu’une grande partie de leur argent s’était envolée. Quand ils se plaignaient, leur courtier devenait froid et insensible ou, alternativement, essayait de les persuader d’investir plus d’argent pour essayer de récupérer ce qu’ils avaient perdu. Finalement, les pertes s’accumulaient et le client abandonnait, ou voyait son compte fermé contre sa volonté, pendant que les fraudeurs disparaissaient avec l’argent.

L’AMF a déclaré au Times of Israël par téléphone que même parmi les compagnies de forex supervisées par des régulateurs « sérieux » comme l’AMF ou la FCA britannique, 90 % des clients perdaient leur argent en raison de la nature hautement spéculative de tels produits financiers. 

Pour les compagnies non régulées de forex et d’options binaires, 100 % des investisseurs perdent leur argent. Les compagnies régulées par Chypre (ce qui comprend beaucoup des entreprises de forex ainsi que presque toutes les entreprises régulées d’options binaires) tendent à ressembler aux compagnies non régulées, a déclaré Castanet, la directrice des relations avec les investisseurs de l’AMF, au Times of Israël

Claire Castanet, directrice des relations avec les investisseurs de l’AMF.

« Selon nos observateurs, les techniques de ventes utilisées par les compagnies régulées à Chypre sont similaires à celles des escrocs. La régulation n’est pas toujours respectée et il est très difficile pour les clients de récupérer leur argent. Notre étude révèle des liens entre ces sites régulés (pour la plupart à Chypre) et les non régulés. »

Le Times of Israël a dévoilé et détaillé l’activité des entreprises frauduleuses d’options binaires et de forex dans une série d’articles, dont le premier était intitulé « Les loups de Tel Aviv ». Des milliers de personnes travaillent dans l’industrie frauduleuse ici, dont beaucoup d’immigrants et d’arabes israéliens, dupant et volant des clients du monde entier.

Au total, il est estimé que l’industrie israélienne des options binaires brasse des centaines de millions de dollars par an, si ce n’est des milliards. Une grande partie de l’industrie est engagé dans des pratiques frauduleuses et trompeuses, depuis le mensonge sur leur nom et leur emplacement au truquage des plateformes de transactions, en passant par le refus de permettre aux clients de retirer leur argent quelles que soient les circonstances.

Interrogé sur le nombre de fraudes au forex et aux options binaires ciblant des citoyens français provenant d’Israël, Laurent Combourieu, directeur des enquêtes de l’AMF, a répondu « une grande partie, mais pas toutes ».

Combourieu a ajouté qu’il y avait un recoupement entre les citoyens franco-israéliens impliqués dans la fraude à la TVA carbone en France qui ont ensuite fui en Israël, et les auteurs de la vague actuelle de fraude aux transactions en ligne ciblant des francophones.

Un juge français enquête – en Israël

Abitbol, l’avocate de Jérusalem, est autorisée à pratiquer à la fois en France et en Israël. Ainsi, elle a porté plainte en France contre plusieurs compagnies de forex israéliennes au nom de ses clients. Elle prévoit de poursuivre les mêmes compagnies également en Israël, mais dit que la loi sur les titres israéliens rend actuellement cette possibilité difficile.

La France a un système judiciaire dit inquisitoire, explique Abitbol, ce qui signifie qu’une fois que vous avez porté plainte, un juge peut s’impliquer activement dans l’enquête sur l’affaire, et n’est pas simplement un arbitre impartial comme aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.

Début mars, un juge d’instruction français, accompagné d’un procureur, a visité Israël, où le duo a interrogé 15 suspects et témoins pour des affaires initiées par Abitbol, en plus de mener cinq recherches. Il est légalement interdit à Abitbol de nommer les suspects de cette affaire, particulièrement parce que l’inculpation a déjà eu lieu, dit-elle. Mais de telles commissions rogatoires, pendant lesquelles un juge d’un certain pays va dans un autre pays et mène une enquête, sont complexes, et nécessitent la coopération de la police locale.

Laurent Combourieu, directeur des enquêtes de l’AMF.

Quand il lui a été demandé si la police israélienne avait coopéré avec ses homologues français, Abitbol a répondu « parfois oui, et parfois non ».

« La police pourrait perquisitionner ces entreprises demain si elle le voulait. Je ne sais pas si les juges français ont demandé cela. Ils pourraient facilement les localiser et confisquer leurs ordinateurs. »

A la suite de la visite en Israël, le procureur de la République, ainsi que l’AMF, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) du ministère de l’Economie et l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) de la Banque de France, ont tenu une conférence de presse commune le 31 mars, qui a été décrite au Times of Israël comme un tournant majeur dans la détermination de la France à réprimer les fraudes aux options binaires et au forex. 

Pour la première fois, toutes les victimes ont été appelées à se faire connaître. Les victimes qui auraient été arnaquées par des compagnies régulées à Chypre devraient se rapprocher de l’AMF, et les victimes de compagnies non régulées de la police. Au 31 mars, le procureur de Paris a annoncé qu’il y avait 50 nouvelles affaires, en plus de celles portées par Abitbol, qui impliquent 500 victimes. Avec 4 milliards d’euros de fraudes présumées ces six dernières années, cela ne représente évidemment que la partie émergée de l’iceberg.

De Londres à la Bulgarie

Dans le reportage de septembre dernier d’Envoyé Spécial, les journalistes retracent le parcours de l’argent des victimes de la France à la Bulgarie, décrite dans un rapport comme une « complice » des fraudes aux options binaires et au forex. 

En plus des faibles impôts et du faible coût des développeurs de logiciel, ce pays propose des banques qui servent d’étape intermédiaire entre des banques réputées en Europe occidentale et des paradis fiscaux, a déclaré au Times of Israël Nicolas Gaiardo, avocat spécialisé dans les fraudes au forex. Il a pointé un rapport du site d’informations financières bulgare Bivol, qui décrit en particulier une banque bulgare possédée par des Israéliens qui blanchit de l’argent pour des sites d’options binaires.

Abitbol, l’avocate franco-israélienne de Jérusalem, dit qu’elle a suivi le chemin de l’argent de ses clients à Londres, où des sociétés de cartes de crédit ont transféré les fonds volés sur des comptes bancaires du Royaume-Uni. De là, il est souvent viré à des banques en Bulgarie ou en Géorgie. Abitbol se demande pourquoi des banques censément réputées et des sociétés de cartes de crédit permettent à ce transfert de fonds de se produire : « Les sociétés de cartes de crédit ont l’obligation d’informer le public s’il y a des activités irrégulières sur leur compte. Je ne comprends pas. »

Abitbol a demandé à plusieurs reprises au régulateur financier du Royaume-Uni, la FCA (Financial Conduct Authority, Autorité de conduite financière), de l’aider à récupérer l’argent de ses clients, sans effet. 

Elle s’est rapprochée des banques bulgares, dit-elle, et s’est heurtée à un mur de silence. Mais elle note avec satisfaction que le 25 avril, la police de la City de Londres a saisi 30 millions de livres sterling sur le compte en banque d’un résident britannique suspecté de blanchir de l’argent pour des sites de forex.

‘Prendre soin’ des plaintes des clients

Les journalistes d’Envoyé Spécial se sont rendus anonymement dans une entreprise de logiciel en Bulgarie qui vend une plate-forme de transactions aux compagnies d’options binaires et de forex. 

Pour quelques milliers de dollars, n’importe qui peut acheter une plate-forme, la personnaliser et s’installer comme courtier d’options binaires. Le PDG de la société, un expatrié israélien, explique dans le reportage que la compagnie de logiciel prend ensuite 14 % des pertes des « investisseurs ».

« Si un joueur dépose 1 000 et perd 1 000, c’est du bénéfice, explique le PDG. S’il perd 500, alors le bénéfice est de 500. C’est comme un casino : si vous perdez de l’argent, alors le casino gagne. »

Le PDG de la compagnie de logiciel continue et dit aux journalistes que si le client se plaint d’être arnaqué, son entreprise examine les documents pertinents et « prend soin » de 90 % de telles plaintes, mais il n’a pas précisé comment. Dans seulement 10 % des cas, la plainte nécessite qu’un être humain appelle le client, et elle est dans ce cas renvoyée à la compagnie d’options binaires elle-même.

Nicolas Gaiardo, avocat et ancien trader dont l’entreprise Net and Law, basée à Sofia, aide les victimes d’arnaques aux options binaires à récupérer leur argent, a déclaré au Times of Israël que la Bulgarie était devenue un avant-poste des industries de forex et d’options binaires israéliennes ces dernières années.

Nicholas Gaiardo

Gaiardo dit que beaucoup de ces entreprises qui ont commencé en Israël délocalisent leurs centres d’appels, le développement de logiciel, le marketing et le graphisme en Bulgarie. Il cite Invesus, autrefois bforex, et sa filiale bulgare Internovus, comme exemple de cela, et mentionne aussi Tradeo, Banc de Binary et Markets.com, qui auraient des employés en Bulgarie.

Le Times of Israël a appris que des compagnies d’options binaires agissent depuis d’autres pays, comme le Royaume-Uni, Chypre, Malte, la Serbie, le Panama, l’Inde et les Philippines.

Gaiardo, qui essaie de récupérer les fonds d’environ 750 clients, principalement français, belges et suisses, dit que d’après son expérience, les entreprises frauduleuses de forex et d’options binaires peuvent être divisées en deux catégories.

La première implique des compagnies non régulées qui arnaquent les « investisseurs », puis contactent parfois ces mêmes investisseurs et prétendant être une compagnie qui va les aider à récupérer leur argent, pour un certain prix. Ces schémas, affirme-t-il, sont menés par le crime organisé israélien.

Le second type de fraude implique des entreprises qui sont ostensiblement régulées à Chypre mais ne se conforment pas aux exigences d’honnêteté et de transparence du régulateur. A la place, elles utilisent les pratiques détaillées dans les articles du Times of Israël concernant l’industrie : exiger des courtiers qu’ils prennent de fausses identités, tromper les investisseurs sur leurs chances de gagner de l’argent, truquer les transactions et rendre difficile le retrait d’argent. Les deux types de fraudes sont dominés par les Israéliens, dit-il, et sont souvent menés depuis Israël.

Au total, Gaiardo estime qu’il y a eu jusqu’à présent 500 000 victimes de ces arnaques en Europe.

La ‘planque’ israélienne ?

Dans une autre scène du reportage d’Envoyé Spécial, les journalistes prennent l’avion pour Israël, qui est décrit dans l’émission comme une « planque » pour les arnaqueurs du forex et des options binaires.

Ensuite, une caméra cachée montre l’atmosphère de fête dans une compagnie forex, FXGM, où de jeunes francophones, dont beaucoup sont de nouveaux immigrants en Israël, passent la journée à leur bureau à appeler des gens en France et en Europe, essayant de les persuader d’ « investir ». FXGM est l’un des sites internet associés à la compagnie autrefois appelée bforex, et qui est maintenant Invesus.

La vidéo montre les employés en train de danser, et quand une cloche sonne, ce qui signifie que quelqu’un, peut-être un retraité français, a « déposé » de l’argent sur leur plate-forme, les employés se réjouissent et applaudissent.

‘Israël doit changer la loi’

Selon Abitbol, ce qui l’empêche principalement d’obtenir justice vis-à-vis du gouvernement israélien est l’amendement 42 de la Loi sur les titres d’Israël de 1968.

L’amendement, qui est entré en effet le 26 mai 2015, stipule que pour qu’une plate-forme de transactions en ligne reçoive une licence en Israël, elle ne peut pas tromper ses clients ou tirer avantage de leur manque de connaissance du marché ou de la plateforme. Abitbol dit que ces conditions, si elles sont appliquées, protègeront les investisseurs israéliens. 

Le problème, dit-elle, est que le 1er mars 2015, un document de synthèse du département juridique de l’Autorité des titres israélienne (ATI) a déclaré que l’amendement 42 ne s’appliquait pas aux plate-formes de transactions qui ne sollicitent des clients qu’à l’étranger. 

« Notre position est qu’une plate-forme que ne sollicite des clients qu’à l’extérieur d’Israël, et ne permet pas l’accès à des clients en Israël, n’est pas soumise à la loi, même si elle est en partie ou complètement gérée en Israël », ont écrit les avocats de l’ATI, Asaf Erez, Amit Timor et Guy Dvir.

Abitbol a déclaré que la position prise par l’ATI pourrait ne pas être légale.

« Il y a une contradiction entre la loi sur les titres et la loi pénale israélienne, qui dit que vous n’êtes pas autorisé à voler, même si la victime est à l’étranger. »

Nimrod Assif, avocat israélien qui a représenté plusieurs Israéliens ayant perdu de l’argent au profit des plateformes de transactions en ligne basées en Israël, pense aussi que la position de l’ATI est problématique.

Nimrod Assif 

« Les lois pénales israéliennes, et cela comprend les règles énoncées par l’amendement 42, s’appliquent à toute infraction qui est commise, en totalité ou en partie, au sein du territoire israélien », a-t-il dit.

Assif dit que tout comme les autorités israéliennes doivent empêcher quelqu’un qui est en Israël de tirer de l’autre côté de la frontière sur des gens en Jordanie, elles doivent empêcher de la même manière les méfaits des plateformes de transactions israéliennes qui nuisent à des personnes à l’étranger.

« La formulation de l’amendement 42 n’est restreinte d’aucune manière aux cas qui touchent des clients uniquement en Israël. Il n’y a rien dans la loi israélienne qui suggère qu’Israël soit un refuge pour les activités illégales. »

Mais c’est ce qu’il se passe dans les faits, a dit Abitbol.

A un moment, Abitbol a confronté des officiels de l’Autorité des titres israélienne, leur demandant de but en blanc « Autorisez-vous ces entreprises de forex avec un centre d’appels ici à commettre des fraudes et des crimes contre les personnes en France ? »

« Ils n’ont pas pu me répondre », dit-elle.

Abitbol dit qu’il est urgent que l’Autorité des titres israélienne change son interprétation de la loi, ouvrant aussi le chemin aux avocats pour poursuivre et faire appliquer la loi pour réprimer les fraudes aux options binaires et au forex en Israël. Elle est optimiste, parce dans ses discussions avec l’ATI elle a l’impression que son interprétation de l’amendement 42 peut changer. Elle mentionne aussi que dans le passé, l’application de la loi israélienne a effectivement empêché des criminels de commettre des crimes contre des résidents français.

« Ce sont les économies de toute une vie qui sont perdues, perdues en un clic, dit-elle. Quand vous n’avez plus d’argent, les dommages sont irréparables. L’Autorité des titres et la police doivent agir pour faire cesser cela. »

 

http://fr.timesofisrael.com/alors-quisrael-ferme-les-yeux-sur-les-fraudes-aux-options-binaires-des-francais-enquetent/

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