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Billet de blog 21 décembre 2015

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Salut les mectons

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Illustration 1
etre-ou-ne-pas-etre

Avec moi le chomdu sera hors la loi

tous les jeunes auront du boulot

et Marine sera au Tapie

Vive ma gueule 

Ça a résonné comme un gag sur Twitter, un samedi soir d’élection… de Miss France 2016. Tapie annonce son retour en politique dans le "Journal du dimanche" de ce 20 décembre. "Ruiné de chez ruiné", selon ses propres mots – il a été condamné à rembourser plus de 400 millions d’euros à l’État – voilà que le meilleur comédien du théâtre démocratique français de ces trente dernières années remonte sur la scène pour aller combattre le Front national et le chômage des jeunes. Rien que ça ? Rien que ça. Mais, on le sait, rien n’effraie notre "Nanard" national. Pour un peu, le détrousseur de la République se ferait passer pour un Robin des bois des pauvres.

Un pouvoir de nuisance décuplé

À première vue, cela ressemble fort à un acte désespéré à la limite du pathétique. Car si, par le passé Tapie, a pu se prévaloir d’un réel talent (d’illusionniste) pour agiter des idées justes et s’il a pu compter sur ses "burnes" (sic) pour bousculer Le Pen, il est aujourd’hui démonétisé par les interminables rebondissements de ses ennuis judiciaires. Son pouvoir de provocation a été érodé par le temps et usé par ses virements de bord spectaculaires de bâbord à tribord, des horizons nébuleux de Mitterrand aux eaux pas très claires de Sarkozy.

Mais quand on est une personnalité publique, il faut toujours se méfier des hommes désespérés. Michel Platini en fait aujourd’hui l’amère expérience avec Sepp Blatter… Tapie, lui, trimballe dans ses valises beaucoup de nitroglycérine qu’il a jusque-là prudemment gardée en réserve, comme une poire pour la soif. Ce n’était pas son intérêt de se vanter de cet arsenal secret tant que sa petite affaire n’était pas réglée. Maintenant qu’il a été condamné, il ne voit plus les choses de la même façon. C’est le moment pour lui d’utiliser son pouvoir de nuisance dont l’intensité est inversement proportionnelle à son pouvoir d’influence.

Se venger de la classe politique

Cette  fois, il ne s’agit plus de couler Rocard, de mettre des peaux de banane à Jospin, de faire un bras d’honneur à Bayrou ou de provoquer cette gauche à laquelle qu’il avait opportunément servie en ralliant Nicolas Sarkozy. L’objectif, c’est de se venger de cette classe politique qui, selon lui, l’aurait assassiné deux fois.

Depuis quelques semaines, il s’était rapproché de son ami Claude Bartolone : le candidat malheureux à la présidence d’Île-de-France avait confessé sur Europe 1 que "Nanard" l’appelait plusieurs fois par semaine pour lui donner des idées sur les banlieues. L’éphémère ministre de la Ville de Pierre Bérégovoy a une imagination et une énergie qui pouvaient servir… Cette petite compromission entre les deux compères du 9-3 aurait pu être embarrassante mais Barto est désormais out, ou quasiment, et on ne tire pas sur une ambulance.

Tapie en sait beaucoup sur Sarkozy

L’ancien président n’a pas levé le bout d’un sourcil pour prendre la défense de ce copain, soutien inattendu en 2007, qu’il avait pourtant largement aidé à obtenir ses fameux 403 millions d’euros en facilitant le recours (légal) à un tribunal arbitral. Ce lien entre les deux hommes était déjà bien gênant hier, il devient une mèche explosive aujourd’hui... qui peut les emporter tous les deux vers le néant.

Le pote Nanard devient très encombrant. Au soir de sa condamnation définitive par la cour d’appel, Tapie avait invoqué son engagement auprès de l’ancien chef de l’État pour expliquer l’acharnement d’une justice partisane supposée, selon lui, à la solde du pouvoir hollando-valsien.

Sa défaite judiciaire a fait des dommages collatéraux : c’est la procédure particulière dont il a bénéficié, désormais invalidée, qui est en question. Le soupçon d’un traitement de faveur sur mesure est renforcé et cette semaine c’est l’ancienne ministre de l’économie, Christine Lagarde – qui l’a actée sur instruction de l’Elysée – qui se retrouve renvoyée pour négligence devant la cour de justice de la République. 

Nicolas Sarkozy, déjà affaibli, se retrouve directement entravé par le destin personnel d’un ami qui sait beaucoup de choses sur la petite cuisine interne de l’Elysée entre 2007 et 2012. Le vendeur Tapie a en catalogue beaucoup de révélations qui valent cher.

En dépit de son incroyable impudence, ce bon client des médias reste attractif pour les journaux, magazines et radios : on touche le fond mais c’est comme ça… C’est même la dernière valeur marchande qu’il lui reste et il va l’exploiter jusqu’à la corde qui servira ensuite à le pendre. Avec de telles complicités de fait – le sensationnel corrompt la presse – il a encore de quoi faire un buzz destructeur dans ce milieu politique avec lequel il a de vieux comptes à régler. Pour une fois qu’il a la possibilité d’apurer un passif, il ne va pas se gêner…

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1462683-bernard-tapie-annonce-son-retour-en-politique-il-peut-empoisonner-nicolas-sarkozy.html

https://www.mediapart.fr/journal/france/211215/bernard-tapie-petite-manip-et-grand-vacarme/commentaires

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