Mineurs en prison : une folie d'adulte

Le rapport de l'universitaire André Varinard, rendu public ce 3 décembre, envisage la possibilité d'emprisonner des mineurs à partir de 12 ans et de les faire juger dès 16 ans sous le même régime que les adultes.Cette volonté de juger plus sévèrement et de condamner nos ados est triste et injuste, car elle fait l'impasse sur un fait scientifique majeur que tous oublient : le cerveau du petit de l'homme se développe en plusieurs étapes après sa naissance et est encore incomplètement formé à l'adolescence.

Le rapport de l'universitaire André Varinard, rendu public ce 3 décembre, envisage la possibilité d'emprisonner des mineurs à partir de 12 ans et de les faire juger dès 16 ans sous le même régime que les adultes.

Cette volonté de juger plus sévèrement et de condamner nos ados est triste et injuste, car elle fait l'impasse sur un fait scientifique majeur que tous oublient : le cerveau du petit de l'homme se développe en plusieurs étapes après sa naissance et est encore incomplètement formé à l'adolescence.
La maturation de cet organe complexe s'effectue par vagues successives selon les zones : d'abord les régions associées aux fonctions sensorielles et motrices de base. Ensuite, entre six et dix ans, la mémoire, le vocabulaire, l'orientation dans l'espace, le raisonnement et le calcul.
Ce n'est qu'à la fin de l'adolescence (20/22 ans) que les régions associées au contrôle cognitif supérieur (et notamment le contrôle inhibiteur, moral) parviennent à maturité grâce à l'achèvement du lobe préfrontal. Alors, et alors seulement, la personne est en pleine possession de ses capacités de concevoir le long terme, d'évaluer correctement les risques qu'elle prend, de gérer ses sentiments, ses émotions et ses pulsions, de distinguer fiction et réalité, etc. Bref, qu'on peut la considérer - neuro-biologiquement - comme responsable.
Si nos hommes politiques ignorent ces éléments, ils ne peuvent qu'ajouter de l'injustice et de la souffrance à une catégorie de population qui a plutôt besoin d'accompagnement attentionné et de compréhension.
Les ados, même difficiles, ne sont pas un "problème" : ils sont darwiniennement modelés par ce qu'ils voient et vivent, par les adultes et le spectacle que ceux-ci leur donnent. A nous, et particulièrement à nos élites décisionnaires, de montrer l'exemple et l'intelligence de la situation..."

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