Entrée de l'Espagne dans la communauté européenne

Comparaison de l'évolution de la viticulture du Languedoc Roussillon et de celle de l'Espagne en particulier de la région Castilla La Mancha à partir de l'entrée de l'Espagne dans l'Union Européenne (01/01/1986) qui est aussi le début de la mutation du vignoble Languedociens de la production de vins communs destinés au marché national vers des vins de qualité vers le marché mondial

 

Le Languedoc Roussillon comportait de très nombreuses caves coopératives dont quelques unes seulement avaient entrepris, dans les années 1960, des efforts qualitatifs . Beaucoup de celles qui n'avaient pas entrepris ces réformes ont disparu . La mutation de la viticulture régionale a été facilité par l'émergence de la politique européenne viticole en France. Le financement par l'OCM vin (organisation commune de marché) fut essentiel pour la transformation du vignoble , l'équipement des caves et la formation des vignerons.

Dans le LR, le point de départ de la transformation de la politique viticole et la nouvelle orientation fut le conflit entre les forces de l'ordre françaises et les viticulteurs du midi qui contestaient l'importation en France de vins italiens par le port de Sète qu'ils accusaient d'être la cause de la mévente de leurs vins de table. Le 4 mars 1976 une fusillade entre une Compagnie CRS et les viticulteurs sur le pont de Montredon provoque la mort du commandant CRS et d'un viticulteur et 15 blessés dont certains graves en particulier le commandant en second CRS .

La prise de conscience de certains responsables viticoles, dont Jean-Claude Bousquet, entraîna une nouvelle orientation vers l'amélioration de la qualité des vins et l'organisation de la production pour l'intégrer dans la mouvance nationale de l'INAO. Cela aboutit en 1984-1985 au classement en appellation contrôlée d'un ensemble de crus languedociens, dans les « coteaux du Languedoc »qui fut suivie par d'autres crus audois et des PO.

En parallèle de cette évolution une autre initiative des vignerons languedociens ne bénéficiant pas de l' AOC, obtinrent du ministère de l'Agriculture la possibilité de développer une mention d'origine dans le cadre des IGP, indication géographique protégée . Ce fut un important succès international des « Vins de Pays d'Oc » sous l'initiative et la responsabilité de Jacques Gravegeal, production qui représente en 2017, 74% du volume exportés en Languedoc-Roussillon( + 3,2 millions €, 2,4 millions d'hl)

Le Comité interprofessionnel des vins AOC et IGP du Languedoc Roussillon, basé à Narbonne constitue l'interface de la réglementation et de la communication de cette région (CIVL , Narbonne) La production AOP en 2015 était de 1 410 000 hl pour 35 000 ha de vignes soit 16% du vignoble régional et 5% du vignoble AOP National et 1 800 000 hl de vin IGP pour 30 800 ha de vignes représentant 14% du vignoble régional et 4% du vignoble IGP national L

La consommation des vins ne France est en baisse continue depuis 30 ans, elle était en moyenne en l'an 2000 de 55 l par personne, en 2016, elle était de 45 l par personne, nous avons perdu an 10 ans 10 l. par personne. Le vin est découvert par les consommateurs de nombreux nouveaux pays, De ce fait, et pour compenser la diminution de la consommation nationale, il est indispensable que nous développions l'exportation de nos vins.

Tous les ans, a lieu a Montpellier, un très important salon de producteurs de vins bio, dont la consommation augmente, salon qui a un succès considérable auprès des acheteurs et distributeurs du monde entier. Plus de 1200 vignerons sont venus en décembre 2018 à 70% de France et 30% de pays viticoles européens et mondiaux.

Espagne :

Pendant longtemps , il n'y eut , en Espagne que quelques régions références en matière de vins internationalement reconnus . Le reste de la production majoritaire étaient des vins de table destinés principalement à la consommation populaire du pays et aux exportations en vrac dans quelques régions du monde.

L'entrée du pays dans l'Union Européenne le 1° janvier 1986 provoqua une véritable révolution viticole . La consommation nationale régressait de façon importante : de 60l par habitant en 1970, elle est passée à 36 litres par habitant en 1962 et 29 litres en 2000. Il devenait urgent de produire des vins de qualité reconnus, pouvant développer des marchés extérieurs.

Le 26 juin 2003, le Congrès espagnol a adopté une loi viticole fondamentale , (ley de la viña y el vino), après de nombreuses années de débat au sein des organisation viticoles de production, des syndicats des metteurs en marché, des structures politiques du pays.C'est la clé de voûte d'une réorganisation de la production et de la mise en marché des vine en Espagne, réalisée dans le respect des règles générales de l'Union Européenne (OCM vin) L'objectif clairement affirmé de cette loi , est de permettre à la viticulture espagnole d'adapter ses produits et ses méthodes de production et de communication à la compétitivité internationale .

Tous les détails de gestion viticole, délimitation des différentes zones géographiques et de terroir, capacité de définir les diverses dénomination ou appellations, nombre et qualité des cépages autorisés dans chaque cas, ont été déléguées aux Cortès (Parlements régionaux) qui ont la possibilité de mettre en place les organes techniques et administratifs de gestion du potentiel viticole. Enfin, chose importante dont la France devrait s'inspirer, la loi du 26 juin, a déclaré le vin « denrée alimentaire », et le fait ainsi échapper aux règlements anti-alcooliques, permet les financements publics pour la promotion de son image , de sa notoriété et sa commercialisation

Le relations des fonctionnaires de l' EU et des représentants des régions viticoles espagnoles sont très bien organisées et suivies par des agents permanents auprès de la Commission à Bruxelles , avec un système de relations publiques performant. Les dossiers de financement sont montés avec soin en adéquation des exigences administratives . L'Etat espagnol soutient les démarches régionales, dans le cadre de 'l'organisation commune de Marché (OCM)

C'est ainsi que la région Castilla La Mancha, capitale Cuidad Réal, immense région viticole , sur la meseta (plateau central), 600 000 ha de vignes, de 600 à 900 m. d'altitude, dont la pluviométrie est parfois inférieure à 300 mm par an, 50% du vignoble espagnol à comparer à moins de 300 000 ha pour le Languedoc Roussillon.français ?) . Cette région a bénéficié d'un important projet de l'Union Européenne , elle a fait aboutir, un programme de rénovation de 100 000 ha de vignes assorti parfois d'irrigation, la constitution de L'Institut de la vigne et du vin régional, et ses missions techniques et économiques , fait adopter plusieurs appellations, dont la Manchuela, et des vinos de Pago, appellations de 4° niveau, entraîné la modernisation de nombreuses caves , et la formation de vignerons, de techniciens et de commerciaux. La Mancha a une production très importante de vin BIO principalement exporté par des entreprises de production des plus importantes.

Bien entendu, les autres régions traditionnellement productrices de vins de qualité comme « l a Rioja » ont aussi bénéficié des aides de l 'UE. Chaque jour il y a une nouvelle réalisation , quand on compare aux années 80, il faut se frotter les yeux pour croire ce que l'on voit selon le mot de Victor de le Serna ancien rédacteur en chef d'El Mundovino de Madrid.

 

 

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