J'ai lu avec intérêt ton article dans la Gazette de Montpellier 1596 du 17 janvier , ou tu rappelles les événements du pont de Montredon (proche de Narbonne) du 4 mars 1976 qui opposaient une compagnie de CRS à des viticulteurs descendus des Corbières, armés de leurs fusils et de cartouches de chevrotines
Il se trouves que je suis né à Montredon dans une famille doublement viticole des côtés maternel et paternel et que j'ai découvert le syndicalisme agricole et viticole dans le mouvement « Jeunes Agriculteurs » dont je suis devenu, un temps, secrétaire général de l'Aude.
Je militais pour une viticulture responsable et orientée vers la qualité des vins . C'était assez différent du syndicalisme revendicatif du midi de la France, dont l'action principale était la lutte contre les importations de vins italiens ou espagnols que l'on accusait d'être cause de la mévente des vins locaux. Ce 4 mars 1976 les viticulteurs avaient décidé de bloquer la voie ferrée Bordeaux Marseille et la route nationale 113, C'était un point habituel de lutte viticole, mais le Préfet de l'époque avait décidé de s'opposer à cette action et de faire respecter la liberté de circulation des trains et du trafic routier et avait demandé aux CRS de protéger route et voie ferrée.. Après les invectives habituelles , les fusils sont sorties et quelques coup de feu non ciblés sont tirés, puis la tension monte de part et d'autres, et on vise la cible du commandant de CRS et son adjoint , l'un est touché mortellement par des chevrotines, habituellement destinée aux sangliers , l'autre est simplement blessé, les CRS de leur côté tirent et font mouche sur un vigneron mortellement touché, les échanges de tir se poursuivent et il y a 15 blessés , avant qu'un responsable viticole demande à voix forte de cesser le feu...
C'est à la suite de cet événement tragique .que certains responsables du syndicalisme viticole prennent conscience qu'il faut infléchir la politique viticole régionale, et on me demande de prendre la responsabilité d'un syndicat viticole "Les Coteaux du Languedoc" crée par le professeur Jules Milhau et Philippe Lamour, président du syndicat régional des vins d'appellation VDQS en vue de donner une base dynamique à une politique de qualité des vins régionaux, sous la présidence de Jean-Claude Bousquet , lui aussi sorti des Jeunes Agriculteurs.
Ce fut le point de départ d'une grande aventure, base de l’essor qualitatif des vins régionaux, qualité reconnue, après de nombreuses années de travail collectif de vignerons convaincus, assistés par un petit groupe administratif engagé . La première étape fut l'installation , rue Jacques Coeur à Montpellier d'un établissement destiné a faire connaître les vins d'appellation Coteaux du Languedoc produits dans le Gard , l'Hérault et l'Aude, associés avec une cuisine régionale. Puis , grâce à la SAFER LR, nous avons acquis le Mas de Saporta et l'avons transformé en un lieu d'accueil pour tout public , associé à une restauration de qualité et la base d'une organisation technique de la production viticole qualitative, ainsi que le développement d'une communication adaptée destinée aux professionnels de la production viticole régionale , ainsi qu'aux communicants de la filière commerciale. La base de cette communication était composé d'ouvrages divers dont la cible était les divers professionnels de production et de mise en marché . Nous avons également organisé chaque année des voyages d'études dans les vignobles français et européens pour faire découvrir la complexité de la concurrence à nos productions locales.