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Billet de blog 14 mars 2021

AGRICULTURE sans PESTICIDES : POSSIBLE ou IMPOSSIBLE ?

les enjeux, les freins politiques et financiers, les réticences culturelles.

JM SIFFRE
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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les pesticides sont partout : dans l’air, dans l’eau, dans l’assiette. De plus en plus inquiet, je me suis mis à lire pour essayer de comprendre. Comme je ne suis pas spécialiste et que je m’inquiète surtout pour mes petits-enfants, je voudrais que ceux qui s’y connaissent, ceux qui utilisent les pesticides et qui y tiennent, me donnent un éclaircissement sur les questions élémentaires : santé, pollution, biodiversité, rendements agricoles, viabilité.

DE QUOI PARLE-T-ON ?

Les pesticides sont des produits chimiques tueurs d’indésirables ; ils regroupent 3 catégories : insecticides, fongicides, herbicides. Les engrais de synthèse sont aussi des produits chimiques mais ne visent pas à tuer quoi que ce soit. Ils posent eux aussi des problèmes notamment de pollution (« les apprentis sorciers de l’azote »de Claude Aubert).  Il existe des pesticides naturels produits par les plantes mais certains, bien que naturels, sont très dangereux comme la roténone interdite en 2009.

AUPARAVENT  LES DANGERS ÉTAIENT IGNORÉS OU MINORÉS

Dès l’antiquité, le genre humain a joué avec différents poisons. L'usage du soufre remonte à la Grèce antique ; l'arsenic est recommandé en tant qu'insecticide par Pline l'ancien, naturaliste romain. Les premiers traitements des plantes, bien que peu répandus, étaient basés sur l’arsenic, le plomb, des cyanures ou dérivés de mercure. C’étaient déjà des poisons violents. Cela commençait très fort pour tuer le petit ver de la pomme. Dès le début du XXème siècle, les scientifiques agronomes, biologistes et botanistes ont tous dénoncé leurs dangers. Entre1900 et 1947, les travaux d'Albert Howard lient la fertilité des sols avec leur teneur en matière organique et montrent l’importance du compostage. Cependant, avec le développement de la chimie, les industries ont fabriqué toute une gamme d’engrais et de pesticides. La marque Fly-Tox était une des plus célèbres. Après la deuxième guerre mondiale c’était important de nourrir tout le monde. La politique agricole visait l’autosuffisance. Le gouvernement poussait les agriculteurs à produire le maximum en utilisant tous les moyens, mécanisation, produits chimiques. Les exploitants se sont trouvés entrainés dans une agriculture productiviste de plus en plus industrielle à l’aide de plus en plus de chimie. Ainsi, les pesticides se sont répandus à grande échelle, surtout dans les années 50-60. A cette époque, les dangers étaient encore peu connus du large public.

La renommée de la chimie était telle que les insectes pouvaient être pourchassés jusque dans leurs derniers retranchements. Quel plaisir de recouvrir les fourmis, généreusement en plusieurs couches, avec la poudre blanche Fly-Tox interdite par la suite. Ce produit se vendait dans un gros cylindre avec des petits trous qu’il fallait secouer comme un sucrier. Finies les processions de fourmis, finies les piqûres de moustiques et autres bestioles. Le règne de la nature sauvage était terminé. Nous étions inconscients. Pourtant, déjà, quelques inquiétudes ont commencé à poindre. Quelques boutiques bio ont ouvert leurs portes avec de rares clients, de doux rêveurs. Les dangers des pesticides étaient minimisés : un moindre mal, un risque acceptable. Pour certains la quantité de pesticides sur les plantes ne pouvait qu’être faible et donc, infiniment diluée dans la nourriture sur l’assiette. Les consommateurs pensaient ingurgiter des denrées garanties avec des doses toxiques très faibles, largement en dessous de la dose létale… jusqu'au jour où des scientifiques comme Theo Colborn, ont mis en évidence le rôle des perturbateurs endocriniens. Il s’agit de produits qui peuvent agir même à très faibles doses. C’est la durée de l’exposition qui compte. La problématique ne concerne pas que la santé comme expliqué plus loin.

1)  DES PROBLÈMES

Aujourd’hui la situation dans l’agriculture n’est pas brillante :

  • 1/4 des agriculteurs vit sous le seuil de pauvreté1(qui s’en préoccupe ?) ;
  • de moins en moins d'exploitations : 1 000 000 en 1998 à 453 100 en 2017 ; un exploitant sur trois qui part à la retraite n’a pas été remplacé en 2018.
  • Fruits et légumes se trouvent standardisés au détriment de la variété et de la qualité gustative.
  • … des problèmes de santé et des problèmes environnementaux.

1.a )  VALSE des milliers de PESTICIDES INTERDITS puis REMPLACÉS

Beaucoup de pesticides ont été autorisés puis interdits. La roténone d’abord autorisée pendant longtemps, a été retirée du marché après l’apparition de nombreux cas de Parkinson. Le DDT a été interdit, puis remplacé par d’autres molécules. Le chlordécone (NOTE 1) a dévasté les Antilles. Le gaucho a une triste renommée sur les ruchers. Le Pyralion interdit en France en 1973 sauf pour la viticulture jusqu’en 2001. Le glyphosate fait polémique. Les fongicides de la famille SDHI2 sont très dangereux. Ils sont vendus sous forme de noms commerciaux (ex : bixafen, boscalid, carboxine, isopyrazam, fluxapyroxad, penflufen, penthiopyrad, sedaxane…) utilisés depuis longtemps. Ces produits bloquent la respiration cellulaire des êtres vivants y compris cellules humaines. Parfois quelques 30 g par hectare suffisent : boscalid 30 à 100 g/h pour le colza et bixafen 125 g/h pour les céréales. Il faut les manipuler avec précaution. l’ANSES préconise un équipement de protection individuelle (EPI) étanche. Les « produits miracles » sont remplacés par de nouveaux de manière récurrente. Pourquoi sont-ils toujours remplacés ? Les indésirables développent-ils une résistance? Les produits sont-ils dangereux ? La valse va-t-elle continuer à l'infini ?

Les protocoles de contrôle pour la mise sur le marché sont-ils toujours adaptés ? (NOTE 2)

L’agriculture repose sur des poisons. Les agriculteurs le savent et commencent à restreindre les doses. Une minorité importante développe l’agriculture biologique. Aujourd’hui, les consommateurs sont de plus en plus nombreux à se tourner vers le bio. Cependant, beaucoup d'exploitants ont du mal à remettre complètement en cause leur travail. Certains sont écrasés par d'autres problèmes. Beaucoup ont moins de 350 € de revenus par mois3 d’après la MSA (2015). Un suicide est déploré tous les deux jours en 2017 et …deux fois plus en 2020, effarant. Comment ces conditions de vies sont-elles possibles pour ceux et celles qui nous font vivre en produisant les denrées pour notre nourriture ? La précarité sociale historique des agriculteurs dépasse de loin notre propos. Ce sujet est trop grave pour être traité en quelques lignes. Nous devons les soutenir pour une vraie rémunération de leur travail. Pour s’installer en agriculture, la route est semée d’embûches ; il faut en vouloir. Comment se lancer dans l’aventure alors que depuis des années, l’agriculture conventionnelle, largement majoritaire, est encadrée par les banques et les promoteurs de chimie. Des personnes s’en trouvent bien. Mais d’autres parfois touchées par d’importants problèmes de santé se posent des questions.

1.b ) LA SANTÉ

En France, par rapport à la population générale, les agriculteurs en contact avec les pesticides ont davantage de risques d’être atteints par certaines maladies. Un risque 2 à 5 fois plus élevé pour la maladie de Parkinson4 suivant les dispositions génétiques; un risque accru pour la maladie d’Alzheimer. Les substances actives les plus susceptibles d’être impliquées dans les excès de risque de maladie de Parkinson sont les insecticides organochlorés, commercialisés sous les noms de Dieldrine, Paraquat. Douze maladies professionnelles5 sont reconnues en particulier : cancers des lèvres, mélanome de la peau, myélome multiple, lymphome plasmocytaire (maladie de Waldenström), leucémies lymphoïques, cancer de la prostate et d’après Xavier Coumoul par rapport à l’étude de l’INSERM de 2013 « ...le spectre des pathologies s’élargit : il y en a deux de plus chez l’adulte, et celles chez l’enfant apparaissent avec plus de précision. Et le niveau de probabilité de les contracter est fort».

Les consommateurs et les riverains sont concernés par des intoxications chroniques à faible dose6. Les perturbateurs endocriniens chez l’homme et l’animal peuvent induire des changements de morphologie, de physiologie, de croissance tant sur l’organisme exposé que sur ses descendants. Les risques de cancers7 sont aggravés comme le cancer du sein en lien avec le DDT. Les études récentes montrent de très fortes présomptions de liens avec des maladies neurodégénératives,8 troubles de la reproduction, endométriose, malformations chez les nouveaux nés,9 troubles psychomoteurs chez les enfants, infertilités, puberté précoce, problèmes thyroïdiens, obésité, diabète, trouble cognitifs et comportementaux, autisme, réduction de la longévité.10  L’empoisonnement chronique par les pesticides est un problème mondial majeur, de santé publique sans parler de l’impact sur la santé des animaux.

Le deuxième rapport de l’INSERM (en 2021, une synthèse de plus de 5300 études scientifiques) confirme ce que l’on savait déjà et renforce les présomptions de dangerosité. Mais la problématique dépasse la seule santé.

1.c ) L'EAU et L'AIR

De nombreuses nappes phréatiques sont polluées. En France, d’après le rapport de synthèse 2019 page 32, « en 2017, plus de 300 substances actives de la catégorie des pesticides sont retrouvées dans des eaux souterraines.. 90 % du territoire couvert par le dispositif de surveillance de la qualité des eaux souterraines est concerné par cette imprégnation. Pour 45 % des points du réseau de surveillance, la concentration totale en pesticides dépasse la limite de qualité de 0,5 microgramme par litre (µg/l) fixée par l’arrêté du 11 janvier 2007.»11  Les molécules recherchées dans les analyses de  l’eau du robinet suivant les départements présentent une grande disparités : dans le Var 609 pesticides sont recherchés mais seulement 12 dans l’Aisne. Le Ministère de la Santé devrait définir un nombre minimal, pour tous les départements.

La pollution des eaux par les pesticides a un coût. Les pesticides entrainés dans les flux annuels dans les rivières et qui se perdent jusque dans la mer, soit environ 74 tonnes par an, représentent un coût annuel, seulement en matière de dépollution, compris entre 4,4 et 14,8 milliards d'euros sans compter les impacts sur la faune, la flore, la fonge, les écosystèmes, la ressource halieutique. Ce n'est pas grave.. ces coûts sont aujourd'hui assumés par les ménages12... Parfois, à la campagne, il ne fait pas bon de respirer l’air pollué par les pulvérisations déportées par les vents. Où pouvons-nous être préservés ?

1.d ) EN FORET ?

Nous aimons nous promener dans les forêts, apprécier la nature relativement à l’abri des pollutions. Ici pas d’agriculture intensive. Ces espaces naturels sont-ils exempts de pesticides ? Mais non, il ne faut pas rêver… Laissons parler Gaspard d'Allens : « L’usage du glyphosate  était réservé au désherbage des jeunes plants. …il sert pour « nettoyer » les allées de pins quand ceux-ci sont plus âgés, entre 15 et 20 ans ». Les Amis de la Terre ont recensé plus de 70 herbicides et insecticides utilisés dans les bois (NOTE 3) «… pour le dégagement des parcelles, le désherbage avant la mise en culture, le traitement des parties aériennes ou la dévitalisation des souches » extrait du livre « Main basse sur nos forêts » (Seuil 2019). Mais depuis, heureusement, quelques mesures positives sont prises à petits pas vertueux :

- Le 18 octobre 2019, l’Office National des Forêts a annoncé l’abandon de la prescription et de l’usage d’herbicides, insecticides et fongicides dans les forêts publiques. 

-  Le 21 janvier 2021, un  arrêté étend la loi Labbé : les pesticides de synthèse sont interdits dans les zones non agricoles avec quelques exceptions et les forêts privées qui représentent deux tiers des superficies des forêts françaises ne sont pas concernées. Myrtilles, girolles, abeilles, oisillons, vont-ils pouvoir respirer un peu ?...il serait temps ! Le pire n’est pas là

1.e ) TOUTE LA BIODIVERSITÉ EST CONCERNÉE

De nombreux oiseaux disparaissent. Papillons, pollinisateurs meurent par milliers. En Allemagne, une étude13 révèle la disparition de près de 80% de la masse des insectes en 27 ans.. qu’en est-il des insectivores ?..

L’abeille domestique14 déjà affaiblie par des virus ou des parasites supporte très mal les pesticides de la famille des néonicotinoïdes (NOTE 4). Le glyphosate15 altère leur flore intestinale, dégrade la nutrition, la communication, la thermorégulation, l’apprentissage, la mémoire, le vol, la fécondité. Les insecticides, imidaclopride, fipronil, thiamétoxam, les fongicides, bixafen, Aviator Xpro, et Librax, sont très répandus.16

Les plantes sauvages, les insectes mais aussi les êtres vivants des fonds marins sont affectés. Les pesticides lessivés par les eaux contaminent le milieu marin avec des conséquences désastreuses ; ils ont un impact sur la reproduction et la survie des populations aquatiques et conchylicoles.

L’érosion de la biodiversité entraîne de manière quasi systématique une augmentation de maladies épidémiques. Selon Hélène Soubelet : «…Si nous continuons de détruire nos écosystèmes d'autres pandémies pourront advenir, avec un taux de mortalité qui pourrait être plus élevé que le Covid-19 ; il en est ainsi du virus Ebola, qui avait un taux de mortalité de 80 % ». Le livre de Marie-Monique Robin « La Fabrique des Pandémies » révèle que la destruction des écosystèmes, la déforestation, l’urbanisation, l’agriculture industrielle menacent la santé planétaire. Quelles mesures sont mises en place, à l’échelle nationale ou locale, pour protéger des espaces naturels et des écosystèmes ? La France prévoit l’instauration de 30 % d’aires protégées d’ici 2022.

De grands champs uniformes, des monocultures intensives font disparaître les micro-écosystèmes, haies, mares, buissons, arbres. Depuis 2008, sur 13.842 espèces évaluées, 2.430 espèces, soit 17,6%, sont menacées de disparition. Tous les groupes d’espèces de vertébrés sont concernés.17  Mais le comble n’est pas là…

1.f ) PESTICIDES bons pour la fertilité de la terre et les RENDEMENTS ?

Après une augmentation pendant plus de 50 ans après guerre, les rendements ont atteint un plafond et depuis 10 ans ont  tendance à baisser18, surtout pour les grande cultures, le maïs, riz. Pourquoi ? « Les raisons sont complexes et nécessitent des recherches dans de nombreuses situations ; toutefois, ce processus de baisse des rendements pourrait être inversé par une meilleure compréhension du contexte social, économique, biophysique et technique des systèmes à base de riz »19 La terre arable contient un petit monde vivant. Ce biotope aide les végétaux contre les pathogènes et les ravageurs. Si la symbiose est cassée le végétal perd tous les bénéfices de l’écosystème. Les fournisseurs de produits chimiques connaissent-ils les êtres qui vivent sous terre ?

1.g )  MONDE SOUTERRAIN

Au cours de leur évolution, les végétaux ont développé depuis des millions d’années (Charles Darwin), des mécanismes pour se nourrir et pour se soigner avec l’aide de la faune et de la flore du sol. Macros organismes, micro-organismes, « ingénieurs du sol » vivent en équilibre biologique. L’humus résultant de plantes, racines, feuilles mortes contient une grande quantité de carbone et de nutriments. Cette matière organique est transformée par des organismes « décomposeurs » tels que bactéries, vers de terre, via leurs différents mécanismes :

  • Les bactéries : certaines sont néfastes, d’autres sont bénéfiques en particulier pour la fixation de l’azote.
  • Les nématodes (minuscules petits vers) : la plupart sont utiles.
  • Le ver de terre : non seulement il aère la terre mais il enrichit la surface du sol en nutriments remontés des profondeurs dans des tortillons, les turricules. Ces déjections20 contiennent 7 fois plus de phosphore, 11 fois plus de potassium 3 fois plus de magnésium 2 fois plus de calcium que les couches superficielles : un caca en or ! De plus, c’est un bon petit laboureur. Si par exemple, il y a 25 vers de terre par mètre carré, c’est 250 000 sur  un hectare qui peuvent ingérer, fertiliser et brasser 600 tonnes de terre par an.21 Cette terre concentre 47% des fixateurs d'azote du sol. Ces galeries augmentent la porosité, facilitent la circulation de l'air, favorable aux microorganismes. Le ver de terre est un précieux petit auxiliaire pas très content de recevoir des pesticides.22
  • Des fourmis «utiles»: elles aèrent la terre en creusant des galeries, dispersent les graines, ameublissent le sol. Plus intéressant, les fourmis peuvent régénérer une terre polluée. Ce dernier cas est révélé par une étude scientifique23 (NOTE 5) : « le rôle des fourmis en tant qu’ingénieurs écologiques…»  Cela dit, elles ne sont pas toujours formidables. Surtout quand elles entre dans les maisons pour manger notre sucre. Quel toupet ! mais aussi, elles sont néfastes parce qu’elles entretiennent les pucerons. Elles les déplacent quand ils sont coincés. Elles leur lèchent le miellat….!) ; elles chassent les coccinelles, les syrphes, les chrysopes et tous les insectes dévoreurs de pucerons (nos alliés). On peut leur barrer la route.
  • L’escargot pas si dangereux que ça ; il déteste les graminées. Plus étonnant, il est très peu attiré par les feuilles vertes. Il préfère les parties fanées, défraîchies, à demi avariées ou franchement pourries24. C’est un bon petit nettoyeur.
  • Beaucoup de régulateurs sont sous-estimés et mal vus comme la musaraigne, la taupe, qui sont pourtant d’utiles insectivores.
  • Des champignons amis et alliés des arbres : certains champignons sont parasites mais beaucoup sont utiles. Les hyphes, "racines" des champignons mycorhiziens, entourent l'extrémité des racines des plantes, des arbres et améliorent l'accès à l'eau et aux éléments essentiels. La plante et le champignon échangent leurs besoins (sucres, protéine pour l’un ; eau, potassium, phosphate pour l’autre). Que se passe-t-il quand tous les champignons reçoivent une ration de fongicides ? Ça ne leur fait pas que du bien.

Certaines plantes s’associent, d’autres se contrarient. Des herbes qui poussent toutes seules sont souvent bénéfiques (par exemple l’inule visqueuse, la bourrache, l’ortie ). Encore faut-il savoir lesquelles. Ce n’est pas simple. Cela s’apprend ; pourquoi enlever les herbes qui sont utiles ? Les produits chimiques, ne détruisent pas un seul organisme mais bien d’autres à la fois, sans oublier nos petits amis : coccinelles, chrysopes, forficules, syrphes dévoreurs de pucerons (à condition d’écarter les fourmis), hérissons, mésange et autres oiseaux. Les chimistes le savent-ils ? connaissent-ils les effets des pesticides sur ce monde ?

Au secours Darwin ils sont devenus fous !

Par la diversité des micro-organismes le biotope s’équilibre et rend service aux cultures. Quand les plantes n’ont plus leurs précieux auxiliaires, généralement méconnus du public, l’activité du biotope est anesthésiée ; la fertilité du sol décline. Alors, les engrais industriels à base d’azote, phosphore, potassium sont de plus en plus utilisés. Une partie est utilisée par les végétaux ; un grande proportion est perdue dans les nappes phréatiques, les cours d'eaux, les mers et les océans pour le grand « bonheur » des algues vertes des côtes Bretonnes,.. un grand gâchis, une aberration. Par ailleurs, ces produits sont déjà de plus en plus difficiles à produire et « cher » en pétrole (NOTE 6).

Aujourd’hui 83 % des sols agricoles européens contiennent des résidus de pesticides.25 En 2018, le rapport de l’IPBES26 sur la dégradation des sols indiquait qu’on était déjà à 10 % de perte de rendement… Et en 2050, dans le monde « les sols auront perdu en moyenne 50 % de leur fertilité » (Hélène Soubelet). Allons-nous vers une agriculture hors sol ? Est-ce souhaitable ? Pour l’heure, aucun produit phytosanitaire ne s’est révélé inoffensif pour la nature. Les chimistes, seront-ils capables d’en fabriquer ?

 « Horizon Europe » est un projet européen pour la recherche scientifique pour le monde d’après. Peut-être que cela permettait de comprendre enfin, les effets des pesticides chimiques sur les couches superficielles des sols et précisément sur les êtres vivants, petits organismes, micros organismes, bactéries et virus qui peuplent en quantité ces couches dites arables, passionnant sujet pour ceux qui nous gouvernent ainsi que pour la commission européenne.

1.h ) L’OPINION PUBLIQUE   

Mettre en lumière le rôle négatif des pesticides n’a rien à voir avec un dénigrement des agriculteurs. Depuis 1945 les gouvernements les ont incités à augmenter les rendements et intensifier la production. Les fabricants industriels rapaces, continuent à promouvoir des produits qui tuent. Autrefois, nous ne connaissions pas les nocivités aussi graves de ces produits. Aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent pour une alternative.27

  • Plus de 140 ONG ont lancé une Initiative Citoyenne Européenne28 pour une aide aux agricultrices et agricultrices engageant des changements agronomiques profonds dans le cadre de la PAC29. La collecte des signatures est prolongée jusqu’au 30 septembre 2021.
  • Pour protéger les riverains, les maires de 102 communes françaises ont interdit les pesticides à proximité des habitations. A la suite de cette « colère », le gouvernement a lancé une consultation nationale sur les zones de protection. Cette consultation a recueilli très rapidement (du 09/09 au 04/10/ 2019), un grand nombre de contributions. Mais que signifie « Zones-Non-Traitées » autour des habitations tandis que l’empoisonnement des paysannes, et des paysans pourra se poursuivre, plus loin et à leurs frais, comme si le problème était le voisinage en lui-même et non pas la dangerosité des molécules ? S'ils sont malades on va leur dire que c'est de leur faute : « il faut porter un masque et une combinaison étanche ».. « il faut être résilient » ( !). Mais comment soutenir les agricultrices et agriculteurs? Ce n’est pas simple.

2) COMMENT FAIRE AUTREMENT ?

L’agriculture bio était peu répandue avant 2008. Elle représente, aujourd’hui 8,5 % de la surface agricole utile et 10 % des exploitations françaises avec 47 196 exploitations engagées en bio en 2018. Il n’y a pas que ceux qui sont certifiés bio pour cultiver fruits et légumes sans pesticides. Il n’y a pas « une » solution. Les techniques sont en pleine évolution. A l’heure du Smartphone, des drones, des patinettes électriques, jet-ski, de la fibre, pourquoi serait-il impossible d’améliorer des techniques agronomiques, économes en eau, économes en énergie, respectueuses de la nature avec des millions d’agricultrices et d'agriculteurs ? Les livres édités sur le sujet sont très nombreux notamment « Vivre avec la Terre » de Perrine et Charles Herve-Gruyer ou « Les Solutions de Biocontrôle » de Jérome Jullien (Ulmer).

2.a ) CONCRÈTEMENT

 Il ne suffit pas de supprimer les pesticides (ou les remplacer par des  produits autorisés en bio) en continuant une monoculture industrielle sans changer le mode d’agriculture. Les méthodes s'appliquent cas par cas suivant les espèces, les terrains, les climats, qui vont souvent à l’encontre des pratiques habituelles et parfois étranges (éviter le labour). Pour donner une idée concrète voici en raccourci, quelques exemples :

  • Favoriser les adventices contre les parasites (exemple : l’inule visqueuse et le fenouil sauvage logent les prédateurs de la mouche de l’olivier, du figuier et du cerisier ; ces herbes sauvages sont utiles)
  • Utiliser des robots et de nouveaux outils de désherbage mécanique ;
  • Dans certains cas il ne faut pas labourer mais couvrir complètement le sol en associant les plantes (trèfle, moutarde, sarrasin) ; protéger le sol de l’érosion ; entretenir l’humidité (paillage) ; favoriser les vers de terre ; aérer le sol sans labourer;
  • Associer les cultures : par exemple les tomates aiment la proximité d’asperges, ail, basilic, bourrache, capucines, carottes, céleri, échalotes, œillets d’inde, fraises, mâche, oignons, persil, poireaux mais pas la proximité de betteraves, choux, concombres, haricots, pommes de terre …
  • Pratiquer la polyculture, l’arboriculture avec élevage ; les arbres bonifient les couches superficielles du sol en faisant remonter les nutriments des profondeurs par la sève comme un ascenseur ;
  • Sélectionner des variétés résistantes ;
  • Stimuler les défenses naturelles ;
  • Recycler les déchets, composter ; utiliser les engrais verts : trèfles, légumineuses, vesces, lupin, phacélie, ortie, consoudes, moutarde, sarrasin, fumier biologique, féveroles (au 3e siècle av. J.C. bien avant l’invention de la charrue et d’internet, Théophraste évoquait la culture des féveroles pour bonifier les terres cultivées chez les Grecs).
  • Abriter par des haies la faune naturelle et la biodiversité.

Tester toutes les pratiques intelligentes : des recherches agronomiques sont étudiées en laboratoires mais chaque agriculteur peut aussi faire des essais expérimentaux sur de petites parcelles. Des études universitaires montrent la viabilité de l'agriculture alternative.

2.b ) VIABILITÉ des ALTERNATIVES

Après le Grenelle de l'Environnement, des exploitants ont diminué significativement les pesticides. Des travaux universitaires les ont suivis et ont étudié les rendements, en conventionnel et en bio :

  • En agriculture conventionnelle, une étude de l’INRA de Dijon a porté sur 946 exploitations en grandes cultures et polyculture-élevage de 2009 à 2011ayant expérimenté une diminution conséquente de pesticides sous l’égide du réseau Delphy-Ferme30 des fermes engagées dans la réduction des phytos (NOTE 7). 
  • En agriculture Bio des micro-fermes maraichères font école comme Bec-Hellouin dans l’Eure depuis 2007 (film « Demain »). Cette agriculture alternative a fait l’objet d’une thèse de recherche en agronomie qui démontre la viabilité de ces micro-fermes maraichères.31

Ces deux études ont démontré la rentabilité commerciale aussi bien l’une que l’autre tant en polycultures conventionnelles qu’en cultures maraichères bio.

Une forte demande des consommateurs en produits bio stimule le passage à une agriculture biologique. Mais cette conversion ne peut être que progressive ; il faut du temps et des moyens. D’une part les pesticides se dégradent très lentement dans la terre (NOTE 8) d’autre part, l’apprentissage des pratiques alternatives demande du temps. Les installations et les gros engins adaptés à la monoculture intensive sont souvent incompatibles avec l’agrobiologie. Les valeurs marchandes entre le bio et les produits conventionnels  ne sont pas comparables. L’ensemble du système de distribution agroalimentaire est fait pour appauvrir les petits producteurs qui disparaissent peu à peu. Souhaitons le développement des circuits courts du récoltant au consommateur. Nous avons besoin d’air, d’eau et de nourriture. Soutenons efficacement, par des mesures politiques, les agriculteurs et agricultrices qui nous font vivre.

2.c )  mesures et ORIENTATIONS POLITIQUES 

L’évolution de l’agriculture demande une période de transition avec des programmes volontaristes des Etats Européens, à titre d’exemples :

  • Un meilleur système d’aides à l’investissement en vue de la conversion en agriculture biologique, ainsi qu’une aide au maintien pendant une période transitoire avec une TVA incitative ;
  • Un appui humain à travers des réseaux locaux de conseillers agricoles capables d’épauler et de guider les agriculteurs sur le modèle des Groupes d’Étude et de Développement Agricole mis en place par certaines Chambres d’Agriculture ; 
  • La Redevance pour Pollution Diffuse sur les substances phytosanitaires doit inciter à les réduire;
  • Un plan national de financement participatif ou la mise en place de contrats à impact social en tenant compte des économies réalisées sur la santé et les pollutions évitées ;
  • Un appui à la recherche de la part des pouvoirs publics, l’appui de l’ingénierie agronomique (variétés, techniques, pratiques, etc.). Une collecte et un partage des expériences sur les bonnes pratiques ;
  • Des formations, notamment des jeunes agriculteurs ;
  • La mise en place de zones non traitées entre parcelles conventionnelles et parcelles biologiques ; ces dernières ayant le droit de ne pas subir de traitements non consentis ;
  • L’expérimentation sans pesticides sur des parcelles recouvrant une partie ou la moitié de l’exploitation ;
  • La rémunération pour les services environnementaux (afin de réparer les dégâts causés aux écosystèmes) et de favoriser la biodiversité, replanter les haies ;
  • La garantie d’une rémunération équitable pour les travailleurs agricoles, exploitants et salariés, par un label sur les produits ;
  • L’interdiction de l’exportation de produits chimiques dangereux ;
  • La taxation ou l’interdiction des produits importés cultivés avec des pesticides.

2.d )  COMPLEXITÉ DES MESURES GOUVERNEMENTALES

Les femmes et les hommes politiques, depuis 20 ou 30 ans, sont conscients de l’urgence écologique. Ainsi, les gouvernements ont des ministères de l’écologie, de transition, de résilience. Mais, prisonniers de la complexité de la politique et de vieux réflexes, prisonniers de ceux qui freinent parce qu’ils ne veulent pas changer parce qu’ils ont tout à perdre, prisonniers du poids de l’industrie chimique, les dirigeantes et les dirigeants prennent des mesures insuffisantes ou incohérentes.

Ces contradictions sont illustrées par le chlordécone qui a été interdit puis ré-autorisé jusqu’en 1993 aux Antilles. Ce revirement ressemble beaucoup à celui plus récent sur les néonicotinoïdes. Ils ont été interdits puis ré-autorisés pour 4 mois pour les betteraves et uniquement, au cas où la jaunisse, maladie des betteraves apportée par les pucerons, pourrait revenir après un hiver doux. Cette année, nous n’avons pas eu d’hiver doux. Mais les semences ont été traitées inutilement « pour rien» par anticipation avec des produits pourtant très inquiétants : en effet les néonicotinoïdes sont environ, neuf mille fois plus toxiques que le DDT interdit en 1973 il y a bien longtemps (NOTE 9). Plusieurs recours ont été déposés en justice.

Christophe Caroux producteur de betteraves bio installé dans le Pas-de-Calais n’est pas du tout touché par la jaunisse. D’après lui « les solutions peuvent inclure la diversification et la modification des rotations de cultures, les dates de semis, le travail du sol et l’irrigation, l’utilisation de variétés moins sensibles ou encore, l’application des agents de lutte biologique dans les zones infestées… l’industriel doit payer la betterave à son juste prix pour pouvoir faire vivre ses producteurs, sans qu’ils soient obligés de faire des rendements qui dépassent des plafonds intolérables. » (NOTE 10)

Les betteraviers bio représentent 0,5 % des producteurs de betteraves en France. Le vote de cette loi en dit long sur les contradictions de la politique pour une véritable transition écologique. Depuis quelques temps, en août 2020, l’INRAE étudie les alternatives, bravo !.. il était temps (NOTE 11).

2.e ) QUELQUES MESURES PRISES A PETITS PAS

  • Après le Grenelle de l’environnement en 2008 le Ministère de l’agriculture élabore le plan "Écophyto 2018" pour atteindre l’objectif d’une réduction de 50 % de l'usage des pesticides en 2018.
  • Haute Valeur Environnementale32 (HVE) : Après le Grenelle de l’environnement, le ministère a instauré une certification HVE pour les exploitants qui font un effort pour une agriculture conventionnelle raisonnée. Cette mesure était originellement conçue comme une étape vers l’agriculture biologique. Il y a 3 niveaux. Seul le niveau 3 donne la certification et le logo. Les critères ne sont pas très exigeants. Les pesticides ne sont pas interdits. Les intrants (pesticides et engrais) doivent être limités à 30% du chiffre d’affaire (option B). Seulement 5399 exploitations sont certifiées HVE (soit 1,2%) en 2019. Si l’ensemble de l’agriculture pouvait être en HVE niveau 3 (option A) ce serait un progrès par comparaison au modèle actuel. En 2021, le gouvernement a l’intention d’accorder un crédit d’impôt aux exploitants certifiés HVE.
  • Nouvelle étiquette environnementale : Aujourd’hui le gouvernement prépare une nouvelle étiquette dénommée « Ecoscore33 » pour lutter contre le gaspillage. Cette étiquette prendra-t-elle en compte les atteintes à la biodiversité, l'impact des pesticides ?
  • Diversité des appellations : agricultures biologiques, agricultures raisonnées et d'autres. La répartition de la PAC sera-telle équitable ou favorisera-t-elle la monoculture, les grandes surfaces, la culture intensive ?
  • Un débat public sur la PAC : En 2020 la CNDP34 a organisé un débat public IMPACTONS35 pour élaborer le plan stratégique national de la politique agricole commune. Plus de 1 870 000 personnes ont été touchées, 12 660 contributions ont été recueillies et 1083 propositions ont été amenées par le public. Le Ministère de l’agriculture va-t-il tenir compte de ce débat public national pour améliorer la PAC ? pour la santé du ver de terre ? bien sûr que non. Il va satisfaire la FNSEA (Fédération Nationale Syndicat Exploitants Agricole) et les agriculteurs les plus fortunés qui tiennent aux subventions sur les surfaces pour faire du fric à l’exportation, (manifestation à Strasbourg vendredi 30 avril, opération escargot menée à Paris au début du mois). Les producteurs de grandes cultures demandent entre autres un accès facilité à l’éco-régime, via la reconnaissance de la certification HVE 2. Mobilisations FNSEA JA autour de Paris contre les arbitrages de la Pac (web-agri.fr) ..à quoi aura servi le débat public ?
  • Les rencontres internationales : Le sujet de la biodiversité est assez grave pour réunir périodiquement des conférences internationales comme Cop, One Planet Summit, ..pour sauver la planète, où princes et lobbys industriels parlent du « capital nature » pour en faire un domaine d'investissement. La biodiversité passera-t-elle  avant la spéculation ? La pollinisation par les abeilles représente une valeur inestimable, de même les mangroves, les coraux, les arbres… Sauver la planète c'est remédier aux causes qui la dégradent ; c’est protéger les écosystèmes terrestres et marins. Promouvoir l'agrobiologie en est un levier. La profusion des termes tels que agriculture de conservation, haute valeur environnementale, agro... à quoi ça sert, sinon à brouiller les pistes ?. .Nous avons seulement besoin de biologistes, d’agronomes et d’agriculteurs. Pourquoi une pléthore de nouvelles appellations ?

D’autres questions annexes, non moins importantes, mériteraient d’être développées :

  • L’élevage des animaux en batterie, hors sol, leur santé et leur nourriture;
  • L’artificialisation des sols36
  • Le gaspillage des denrées alimentaires ;

Comment stopper le dépérissement de notre terre et réparer les dégâts ? Les firmes phytopharmaceutiques et phytosanitaires ne pourraient-elles pas se reconvertir ? Une autre agriculture ne vaudrait-elle pas un peu d’attention ? 

MAINTENANT NOUS SAVONS

« Il y a 30 ans, tous les climatologues alertaient sur le réchauffement climatique. Des sceptiques brouillaient alors les cartes, comme Allègre qu’on n’entend plus. Aujourd’hui, nous savons les dangers des produits chimiques phytosanitaires, impossible de nier l’évidence »37  Marc Dufumier.

Pourtant, les décisions politiques restent timides. Alors que la pandémie du Covid-19 bénéficie de l’attention des politiques et heureusement, la problématique des pesticides serait-elle futile ? Une lubie de doux rêveurs ? Avant nous ne savions pas, le doute existait. Maintenant nous savons et nous sommes impardonnables.  

Il n’y a aucune révélation dans ce texte mais des faits. Quel avenir attend les générations futures ? La France est une toute petite partie du monde mais elle pourrait donner l’exemple surtout dans le cadre de l’Europe. L’Allemagne est en train de légiférer en vue d’une restriction des pesticides. De nombreuses villes africaines, comme Kinshasa38, sont inondées de produits chimiques fabriqués en Asie ou en Europe où ils sont parfois bannis du fait de leur nocivité. Aujourd’hui, l’Union Européenne a l’intention d’interdire l’exportation des pesticides interdits dans l’UE. Un espoir est né. Laisserons-nous intoxiquer la planète parce que les industries chimiques sont les plus fortes et que la mondialisation nous semble un obstacle insurmontable ? Sommes-nous prisonniers ou inconscients ? Agir c’est choisir en tenant compte à la fois des risques acceptables et des bénéfices. Or, dégrader la biodiversité, la santé publique, appauvrir les sols, appauvrir les paysans, aggraver la pollution, mettre en jeu les générations futures ce n’est pas acceptable.

Supplément :

Bien sûr, le bio n’a pas encore fait la démonstration de sa supériorité ; il faudrait l’expérimenter en grand pour comparer sa viabilité économique par rapport à l’agriculture conventionnelle. Nous pouvons voir dans ce blog que les bibliographies concernent les cultures maraichères. Maintenant le bio s’étend de plus en plus à d’autres cultures, viticulture, céréales, colza, fruitiers.  

 Bien que le bio n’ait pas encore fait la preuve de sa viabilité économique j’ai le sentiment que c’est possible. Le bio serait intéressant à plusieurs titres, pas seulement sur le plan purement comptable mais par rapport à la qualité des produits, à la santé, à l’environnement ainsi que pour les frais hospitaliers causés par les maladies.

Une chose est certaine, la recherche agronomique dans le bio est relativement récente ; l’Union Européenne lui consacre une faible proportion du budget mais un changement est perceptible puisque l’INRAE commence à s’y intéresser.

Depuis quelque temps, des études, des livres appuient la thèse défendue dans ce blog : une agriculture sans pesticides à l’horizon 2050 pour nourrir l’Europe sous certaines conditions.

  • « La Révolution agroécologique »* d’Alain Olivier ;
  • « Demain une Europe agroécologique » de Xavier Poux et Marie Aubert ;
  • «Un Monde sans faim » d’Antoine Bernard de Raymond et Delphine Thivet (Début 2008, les prix agricoles mondiaux s’envolent. Des émeutes de la faim éclatent dans soixante pays à travers le monde. Paradoxalement, la production agricole mondiale est alors particulièrement élevée….) ;
  • Un article publié dans la revue scientifique « Global Food Security » passe au crible plus de 11 700 études sur l’agroécologie pour conclure que l’agroécologie améliore la sécurité alimentaire des foyers des pays les moins développés.

* depuis quelque temps, tous les médias parlent d’agrologie : agroécologie, agrologie durable, agrologie de conservation… un bonneteau qui banalise et embrouille les pistes.

Les promoteurs de l’agriculture normale et intelligente sont trop nombreux à citer ici.

Il reste à se faire entendre…

- - - - - - - - - - - - - - - - - -

NOTES :

NOTE 1 :   chlordécone

Le chlordécone est un pesticide qui a été utilisé en Guadeloupe et en Martinique à partir de 1972. Il était fabriqué aux Etats-Unis. L’usine ferme et il est interdit en 1976. Les établissements Laguarrigue en Martinique rachètent alors le brevet et décident de le fabriquer sous le nom Curlone. En 1980, l’autorisation de mise sur le marché est accordée. En 1990, le chlordécone est interdit en France. Par deux dérogations valables jusqu’en 1993. Le chlordécone est un perturbateur endocrinien classé cancérogène dès 1979 par l’OMS. « En Guadeloupe, le chlordécone est retrouvé très fréquemment (jusqu’à 90 % des échantillons chez des hommes adultes). La pollution persistante des sols par le chlordécone est à l’origine de la contamination de nombreuses denrées alimentaires locales, animales et végétales, expliquant l’imprégnation de la population dans son ensemble. Bien que ce pesticide ne soit plus employé, les anciens travailleurs de la banane ayant été en contact professionnel avec le chlordécone présentent de nos jours les concentrations plasmatiques les plus élevées» INSERM Centre d’expertise collective de l’Inserm 2012.

https://www.anses.fr/fr/content/chlordecone-aux-antilles

Les associations  antillaises ont porté plainte en 2006 pour empoisonnement au chlordécone. Le 22 janvier 2021 elles ont appris (par les juges d’instruction) que des preuves avaient disparu et que la prescription des faits pourrait être acquise. (Le Monde avec AFP, 22 janv. 2021)

NOTE 2   autorisation de mise sur le marché

  • L’agence ANSES utilise des mécanismes pour évaluer les risques avec des enquêtes  sur les habitudes alimentaires et les produits contenants des pesticides avec des taux 100 fois inférieur à la dose journalière admissible (DJA ) et la phyto-pharmacovigilence. Cette DJA est déterminée par des tests qui sont fait sur des rat pendant 2 ans pour des poisons qui peuvent donner des maladies au bout de 20 ans. « …Ce n’est pas parce qu’un produit est autorisé qu’il n’est pas dangereux.  L’industrie chimique s’octroie le droit de nous faire ingurgiter les poisons de sa fabrication, mais jusqu’à un certain point : la (DJA), quantité que chaque être humain serait en mesure de recevoir chaque jour, sans dommages dans son existence. Cette notion relativement scientifique, est garantie par l’administration. La DJA est établie à partir de travaux sur les animaux puis est transposée à l’humain par un coefficient de sécurité relatif. La quantité de résidu de pesticides sur le produit final consommé ne doit pas dépasser la Limite Maximum de Résidus autorisée (LMR) afin de respecter la DJA…» (Confédération Paysanne)
  • L’équipe de recherche de Gilles-Eric Séralini a découvert en 2020 (revue Food and Chemical Toxicology) dans les adjuvants de 14 herbicides arsenic, plomb, ainsi que certains hydrocarbures aromatiques (HAP) des concentrations dépassant les seuils de toxicité définis par les différentes agences internationales.

NOTE 3  forêts

Dans les forêts, ces substances chimiques étaient utilisées « pour maitriser la végétation dite "concurrente", susceptible d’entraver la croissance des arbres ». L’établissement public privilégiera désormais des « alternatives mécanisées ou des techniques de bio-contrôle des ravageurs et parasites ». Cette décision ne concerne cependant que les forêts publiques et non pas les forêts privées. Comme le rappelle l’ONG les Amis de la Terre, la réglementation concernant l’usage des pesticides pour les plantes sauvages reste très floue. » (Reporterre.net). 

NOTE 4 néonicotinoïdes

Dès l’apparition du tabac ses feuilles étaient utilisées comme pesticides à cause de la nicotine. Aujourd’hui, l’industrie a élaboré des molécules de la famille des néonicotinoïdes, encore plus efficaces. L'un des principaux modes d'application de ces substances consiste à en enrober les semences avant leur mise en terre. La plante s’imprègne alors du toxique tout au long de sa vie. Le traitement n'intervient donc pas ponctuellement, en fonction des attaques de ravageurs : il est permanent. Il transforme, par défaut, des millions d'hectares de grandes cultures en champs insecticides. En 2003 les experts écrivaient : les scénarios d'exposition des abeilles étaient "en accord avec les observations de terrain rapportées par de nombreux apiculteurs en zones de grande culture, concernant la mortalité des butineuses, leur disparition, leurs troubles comportementaux et certaines mortalités d'hiver" Stéphane Foucart (Le Monde, 17 avril 2013)

NOTE 5  fourmis

Dans la plaine de la Crau, dans les Bouches du Rhône, grâce à l'action de fourmis les scientifiques ont pu rétablir la biodiversité d'un écosystème dégradé par les activités humaines par suite de la rupture d'un oléoduc au cœur d'une réserve naturelle. Histoire réussie d’une approche novatrice, l’ingénierie écologique, qui s'inspire du vivant, avec le chercheur Thierry Dutoit du CNRS et de l'IMBE. « L’étude montre que ces invertébrés accélérèrent la résilience des communautés végétales dans ces prairies dégradées en facilitant leur rétablissement », écrit ainsi le CNRS, qui ajoute que « sur une période de 5 à 10 ans, la fourmi a en effet amélioré la fertilité des sols, assuré le transport, la redistribution et le stockage de graines et aussi augmenté de manière significative la biomasse végétale à côté de ses nids ».

NOTE 6 : engrais

 Les principaux producteurs en phosphates sont le Maroc, premier exportateur mondial qui détient 1/3 des réserves mondiales, la Chine avec le 1/4 des réserves, les États-Unis, Afrique du Sud. Plusieurs études ont montré que le pic était déjà atteint. En France, la dépendance de la production agricole aux engrais phosphatés de synthèse est estimée à 84 %. Le prix des engrais azotés de synthèse est croissant car lié au prix des produits pétroliers (il faut 500 kg de pétrole pour produire 600 unités d’azote de synthèse, lequel est, en Europe, fabriqué à partir du gaz russe). Claude Aubert décrit la pollution et les effets pervers dans son livre « Les apprentis sorciers de l'azote » Terre Vivante.

NOTE 7 fermes engagées dans la réduction des phytos

Réduire les pesticides sans dégrader les performances économiques des exploitations françaises : « … données provenant de 946 exploitations commerciales arables non biologiques…avec des niveaux contrastés d'utilisation de pesticides et couvrant un large éventail de situations de production en France. …aucun conflit entre une faible utilisation de pesticides et une productivité élevée et une rentabilité élevée dans 77 % des exploitations …l'utilisation totale de pesticides pourrait être réduite de 42 % sans aucun impact négatif sur la productivité et la rentabilité de 59 % des exploitations de notre réseau national. Cela correspond à une réduction moyenne de 37, 47 et 60 % des utilisations d’herbicides, de fongicides et d’insecticides, respectivement selon les espèces cultivées.» thèse de Martin Lechenet 2017 Dijon

NOTE 8  persistance des pesticides

Dans la terre, les pesticides persistent pendant longtemps. Par exemple, après l’arrêt de l’épandage, dans des champs d’agriculture bio des résidus de pesticides peuvent être retrouvés même après 20 ans mais en faible quantité. Les résidus de pesticides dans le sol perturbent significativement la biomasse microbienne et en particulier l'abondance des champignons mycorhiziens arboricole. Au cours des deux dernières décennies, dans le monde, l’utilisation de pesticides a augmenté de plus de 40 % d’après l’étude universitaire publiée le 3 février 2021 Widespread Occurrence of Pesticides in Organically Managed Agricultural Soils—the Ghost of a Conventional Agricultural Past?  (https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.est.0c06405)

NOTE 9   toxicités des produits

« Les doses létales médianes (LD50) chez l’abeille domestique (dose nécessaire pour tuer 50% des individus) sont pour l’Imidaclopride de 5ng et pour la Clothianidine de 4ng par individu. Leur puissance toxicologique peut donc être de 5 000 à 10 000 fois supérieure à celle du dichloro-diphényl-trichloroéthane (DDT), et leurs conséquences possibles ou imaginables sur les écosystèmes, la biodiversité, la santé animale et humaine changent ainsi complètement la donne lorsque l’on se réfère aux effets aujourd’hui connus de l’utilisation du DDT. La faible biodégradabilité des néonicotinoïdes, l’absence de connaissances sur les effets de leurs métabolites et des molécules issues de leur dégradation pour lesquels très peu de données existent aujourd’hui, leur effet toxique persistant et leur diffusion à large échelle au-delà des plantes contaminées et des insectes butineurs interrogent aujourd’hui, de manière catégorielle ou transversale, la sécurité environnementale, la sécurité alimentaire et la sécurité sanitaire » (Chagnon et al., 2015). Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité.

NOTE 10   betteraves et revirements néonicotinoïdes et alternatives

Extraits du mensuel Que Choisir : «…Si les producteurs parlent d’attaques de pucerons exceptionnelles sur les semis de betteraves en 2020, ils n’ont pas vraiment d’élément de comparaison. Depuis 20 ans qu’on enrobait les semences avec des néonicotinoïdes en agriculture conventionnelle, le problème des pucerons était résolu. Durant ces deux décennies, on n’a donc pas fait de recherches sur les méthodes alternatives de lutte, on n’a pas non plus travaillé sur des variétés de betteraves résistantes à la jaunisse, on s’est seulement évertué à agrandir la taille des parcelles aux dépens des arbres et des haies. Alors, dès la première alerte, les exploitants ont assiégé le gouvernement. « On enrobe les semences avant même de savoir s’il y aura des pucerons, … Mais en restant dans cette logique de traiter chaque problème par un produit phytosanitaire, on n’entrera jamais dans la transition agro-écologique… On peut jouer sur les populations de pucerons, poursuit Guy Richard. Comme ils sont très sensibles aux odeurs, des inter-rangs de plantes répulsives les repoussent, tandis que des plantes attractives en bordure de culture les attirent.» …les auxiliaires tels que les coccinelles peuvent jouer un rôle essentiel, tout comme la date des semis de betterave. « En bio, on commence par des faux semis pour épurer les adventices, explique Loïc Tridon, référent betterave sucrière bio pour les Hauts-de-France, la principale région productrice. Les dates de semis sont par conséquent beaucoup plus tardives qu’en conventionnel, et les vols de pucerons en partie déjà passés. De plus, on favorise la présence des auxiliaires, qui sont des prédateurs voraces de pucerons. » À l’inverse, les semis ont été plus précoces que d’habitude en conventionnel en 2020 et les pucerons aussi, à une période où les coccinelles n’étaient pas encore opérationnelles. «.. la fertilisation minérale, est attractive pour les pucerons, elle y est évitée… »

NOTE 11  recherche de solutions alternatives

A la demande du ministre de l’agriculture et de l’Alimentation, INRAE et l’ITB ont travaillé depuis le 8 août 2020 à un plan national Recherche et Innovation afin de trouver des solutions alternatives aux néonicotinoïdes. C'est un progrès; ça commence à changer.

- - - - - - - Références - - - - - - -

1   MSA (Mutuelle Sociale Agricole) : Le seuil de pauvreté, est fixé par convention à 60 % du niveau de vie médian de la population (1008 euros mensuels pour l’année 2014). La pauvreté, mesurée par référence à ce seuil, touche 236 000 personnes vivant dans des ménages allocataires de la MSA appartenant à l’enquête revenus fiscaux et sociaux. Le taux de pauvreté de cette population s’établit à 24,6 %, augmente de  + 2,3 points en un an, et rompt avec quatre années consécutives de baisse. Le niveau de vie des ménages bénéficiaires des prestations de la branche famille ou du minimum vieillesse au régime agricole en 2014 – Synthèse – Statistiques MSA

2   SDHI (sigle de plusieurs produits)

 3    revenu inférieur à 350 €/m pour un tiers d'exploitants agricoles (pour 2015 et 2016) Libération 23 octobre 2017;

4     santé

  • Neurodegenerative Diseases and Exposure to Pesticides in the Elderly, I. Baldi et al, Am J Epidemiol. March 2003 1;157(5):409-14

5     -maladies professionnelles

6     - l’Environnement en France « La documentation Française »

       https://ree.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/ree19_focus_envsante_v7_16x24_20190605.pdf

  • L’exposition non professionnelles aux pesticides et leur lien avec différents impacts sanitaires ont été démontrés par un partenariat entre l’Inserm, les hôpitaux de Bordeaux, l’agence régionale de santé de la Nouvelle-Aquitaine et ECOSYS (avril 2020 dans la revue PLOS ONE).

 7   Cancers :

8   « Risk factors for Alzheimer's disease: a population-based, longitudinal study in Manitoba, Canada. »Int J Epidemiol., vol. 30, no 3,‎ 2001, p. 590-7

9   Etude Maternal-child exposure via the placenta to environmental chemical substances with hormonal activity conduite à l’Université de Grenade par Maria José Lopez

10    C. de Jaeger, E. Voronska, N. Fraoucene, P. Cherin, Exposition chronique aux pesticides, santé et longévité. Revue générale ; Rôle de notre alimentation (Chronic pesticide exposure, health and longevity. Role of our food) ; Revue "Médecine & Longévité" ; en ligne 2012-06-22.

11     www.ladocumentationfrancaise.fr ; Rapport de synthèse 2019 page 32 

12     Rapport 2011 du Commissariat général au développement durable

13    Stéphane Foucart « Le Monde » 2017 d’après un article paru dans la revue PloS One

14    « Les insecticides Gaucho, Cruiser et Poncho enfument la ruche » Stéphane Foucart ; Étude de Mickaël Henry de l’INRA et d’Axel Decourtye (ACTA) publiée dans la revue Science le jeudi 29 mars 2012

15   glyphosate et abeilles  : Erick V. S. Motta, Kasie Raymann et Nancy A. Moran, 9 octobre 2018 Glyphosate perturbs the gut microbiota of honey bees | PNAS

https://www.journaldelenvironnement.net/article/le-glyphosate-l-autre-ennemi-des-abeilles,93772

16       «Guidance on risk assessment on bees»,  European Food Safety Authority .

17   Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) 3 mars 2020

18   déclin de la fertilité des sols, les rendements en blé et maïs ne progressent plus depuis 20 ans ;      http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/primeur210.pdf

19     http://www.fao.org/3/Y1860f/y1860f1g.htm

20     Biologie Végétale de Raven, Evert, Eichhorn (édition De Boeck 2014)

21    https://centre-developpement-agroecologie.fr

22    Des résidus de pesticides dans les sols et les vers de terre : une réalité omniprésente et insidieuse  https://www.inrae.fr/actualites/residus-pesticides-sols-terre-realite-omnipresente-insidieuse

23   https://www.cnrs.fr/fr/les-fourmis-restaurent-les-pelouses-seches-mediterraneennes; revue Biological Conservation  15 avril;

24     La Hulotte N° 97 page 30

 25     Université de Wageningen dans Science for the Total Environment : Des chercheurs de l'université de Wageningen ont mesuré les résidus de 76 pesticides dans les sols de 11 États membres de l'Union européenne, pour 6 systèmes de production. Ils publient leurs résultats dans un article de la revue Science for the Total; 83 % des sols agricoles européens contiennent des résidus de pesticides - Solenvie - Des pédologues docteurs du sol

Environment mis en ligne en novembre. (Ministère de l’agriculture et de l’alimentation 18/12/2018)

http://veilleagri.hautetfort.com/archive/2018/12/18/83%C2%A0-des-sols-agricoles-europeens-contiennent-des-residus-de-6114153.html

26   IBPES Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services

27  Sondage IFOP pour Agir pour l’environnement de mai 2019 ; 89 % des citoyens européens souhaitent la fin des pesticides chimiques d’ici 5 ans. Européennes, un sondage sur les attentes des Français | Culture Agri (campagnesetenvironnement.fr)

28  l’ICE c’est plus qu'une pétition, c'est un outil de démocratie participative à l’échelle européenne. Elle demande l’interdiction des pesticides et l’aide aux paysans pour convertir le mode agricole avec déjà 501 6105 signatures le 3 juin 2021. (www.savebeesandfarmers.eu/fra/)

29    PAC Politique Agricole Commune

30   Fermes DEPHY-écoPHYTO/agroécologie  Alim’agri 

31   thèse de Kévin Morel (2016 Agro Paris Tech) ;

32   HVE agriculture conventionnelle relativement améliorée.

https://agriculture.gouv.fr/certification-environnementale-mode-demploi-pour-les-exploitations

33   Affichage environnemental : risque de promouvoir l’agriculture intensive QueChoisir 17/12/2020 

34   CNDP Commission Nationale de Débat Public ;

35   IMPACTONS : à partir de 2019 chaque Etat de l’UE doit établir un plan stratégique national (PSN) pour appliquer la PAC par pays (nouveaux règlements de la Commission européenne). La PAC comporte deux piliers. Le premier pilier a déjà été voté. Reste le deuxième à négocier. Ce PSN sera adopté par la Commission européenne qui en évaluera la cohérence et le contenu pour la période 2021-2027. Pour établir le PSN La CNDP a organisé un débat public IMPACTONS.

36    L’artificialisation progresse régulièrement au rythme moyen de 60 000 ha par an. Cela représente la surface d’un département tous les 7 ans ; 9,3 % du territoire français sont artificialisés ;

https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-dt-zero-artificialisation-nette-octobre-2019.pdf

  www.planetoscope.com/sols/2024-l-artificialisation-des-sols-en-france.html

37    conférence de Marc Dufumier le 05/02/2020 à Gurcy le chatel Seine et Marne ;

38   https://www.lemonde.fr/afrique/video/2021/02/17/video-a-kinshasa-le-fleau-des-pesticides-dans-l-agriculture-urbaine_6070294_3212.html

- - - - - - - - -  Noisiel mis à jour le 17/10/2021 Jean-Marc Siffre

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