A Limoges, une police municipale sans humanité ni coeur

Limoges, jeudi 27 aout, 11 heures. Je vais boire un café dans le centre ville, près d'une supérette appartenant à un groupe  de la grande  distribution. Il fait plutôt chaud. Passant devant l'entrée du "Carrefour Market", je vois un groupe de policiers municipaux prendre à parti et verbaliser un mendiant, assis par terre. Un homme s'est arrêté et les interpelle trouvant dégueulasse ce qu'ils font "surtout avec ses impôts". Les croisant, je ne peux m'empêcher de lâcher un "à une époque on combattait la pauvreté, aujourd'hui on combat les pauvres" en leur direction, m'attirant un "bien dit" de la part du citoyen choqué. Je bois mon café, et ressort du bistrot. La chef, ayant fini de mettre sa contravention, ayant sans doute peu appréciée ma remarque, vient me voir pour s'expliquer. Elle m'interpelle en me demandant si je suis commerçant dans le coin, si je suis locataire sur la place, puis s'ensuit une dyatribe sur "ces mendiants qui font fuir la clientèle et nuisent au commerce". De plus, ce n'est pas contre la mendicité qu'elle l'a verbalisé mais contre la consommation d'alcool sur la voie publique conformément à un arrêté municipal. Je lui fais remarquer que personne n'est dupe sur ce type d'arrêté qui vise les assis par terre, la main tendue.

De son propre aveu, la police municipale ( soi-disante républicaine, soi-disante au service de l'intérêt général),  est au service du chiffre d'affaires des commerçants et tente par des manoeuvres d'intimidation de repousser les mendiants loin du centre-ville. La loi du commerce, de l'argent, de la consommation est  beaucoup plus importante à Limoges  que l'humanité et la dignité, qu'un euro ou deux glissés dans une main,  comporte.

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