France: Gilets Jaunes – Un anniversaire amer.

Entre une gestion déplorable de la part du Préfet et un ministre de l’intérieur étrangement silencieux, le lourd bilan de l’acte 53.

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Alors que deux manifestations avaient été déclarées à Paris pour ce 53e samedi de mobilisation, la place d’Italie, lieu de départ d’un des cortèges où un dispositif de sécurité impressionnant composé de Gendarmes, CRS, brigades à moto et policiers en civil fut déployé, a été le théâtre d’affrontements répétés.

Place d’Italie, la circulation est rapidement coupée et la station de métro Porte d’Italie fermée.

De 10 heures à 16h30, la place d’Italie sombre rapidement ce samedi dans un nuage de gaz lacrymogène, elle sera le théâtre d’affrontements nourris entre manifestants et forces de l’ordre.

Régulièrement, des camions de pompiers transpercent la foule pour éteindre les feux de poubelles ou de barricades. La majorité des manifestants applaudit leur passage, hurlant «Les pompiers avec nous !».

Certains journaux dénoncent qu « une colonne de soldats du feu n’aura pas cette chance, contrainte de s’abriter derrière les boucliers des CRS pour éviter quelques pavés », hors ce qui ressort d’une vidéo de Rémy Buisine pour BRUT nous raconte une autre histoire dont je vous laisse seul juge. 

https://www.facebook.com/brutofficiel/videos/2615501291851941/

Le Préfet Lallement, interdit la manifestation et demande aux pacifistes de quitter les lieux !

Cette manifestation, bien qu’originairement autorisée, fut par la suite annulée par le Préfet Lallement, expliquant que celle-ci était infiltrée par des casseurs, provoquant de nombreux incidents. on peut s’interroger sur le fait de soudainement interdire une manifestation autorisée, alors que la majorité des participants sont, soit déjà sur place, soit en route et ne peuvent donc que difficilement savoir qu’elle est interdite.

https://www.dailymotion.com/video/x7o2tsp

A cela, d’aucuns répondront, via « les réseaux sociaux », justement venons en donc aux réseaux sociaux, alors même que dans son allocution télévisée Monsieur Lallement demande « aux personnes pacifistes de quitter la place au plus vite« , sur les-dits « réseaux sociaux », les images qui fusent contredisent factuellement l’appel du Préfet. Les gens sont bel et bien « nassés » et dans l’incapacité de quitter la place.

On peut également s’interroger sur la configuration du lieux du rassemblement.

La manifestation est autorisée, hors on constate que la place d’Italie est jonchée de matériel de travaux et d’une pelleteuse, bref de quoi fournir aux « casseurs », suffisamment de matériel pour ériger sans trop de peine des barricades, ainsi que de potentielles « armes par destination’, alors pourquoi le Préfet n’a pas soit fait évacuer la place de tout matériel urbain, comme c’est généralement le cas sur ce genre d’événement ? (14 juillet à Paris, Champs Elysées vide).
Rappelons également que le parcourt et donc le lieu de départ, avait été imposé aux organisateurs gilets jaunes par la Préfecture, elle même.
Alors doit-on qualifier cela de négligence de la part du Préfet ou imaginer au pire, une volonté délibérée d’amener les manifestant à des exactions discréditant leur mouvement  ?

La Presse à Nouveau prise à partie !

Un fait de plus en plus mis en évidence par les divers ONG dont la Ligue des droits de l’Homme et Reporter sans Frontières, est la prise à partie de la presse par les forces de l’ordre, cela c’est à nouveau dénoté à plusieurs endroits en France ce samedi, dont notamment à Paris ou le reporter de « Le Media pour vous », Julien Moreau a été blessé alors que celui-ci arborait des identifiants « presse » plus que visible !  L’un de ses collègues affirme qu’il a été victime d’un tir de grenade des forces de l’ordre.
A Besançon, deux reporters de terrain ont quant à eux, été interpellés en plein direct.

Des scènes d’une violence extrême, de nombreux blessés, une source sur place a elle même été blessée et nous relate la violence des événements, une pluie de lacrymogènes, tirs de LBD40 et de grenades GLI F4 lancées à hauteur de visage, [c’est de cette façon qu’elle aurait elle même été blessée.(ndlr)], scène de chaos, des personnes prises de panique et qui courant en tentant de fuir la place en piétinent d’autres tombées au sol.
De nombreux témoignages qualifient l’ambiance sur place de « guerre civile »

https://www.facebook.com/LEDOUAISIEN/videos/591042261664058/

La dernière question qui se pose est finalement, après un an de manifestation des gilets jaunes, connaissant maintenant les procédures habituellement mises en place en amont afin de « filtrer » les manifestants se rendant sur Paris, comment autant de « casseurs » ont-ils réussis à s’infiltrer sur la manifestation?


En fin de soirée, alors que les tensions s’apaisaient définitivement dans le secteur des Halles, les policiers avaient procédé à 147 interpellations.

Rappelons également que les Forces de l’ordre ont pour mission de « protéger les manifestants et de veiller au bon déroulement des manifestations »! Mais ça c’était avant…

 

©Darius Fawkes pour WPA – TVPC et Journalisme 2.0 – le 18 novembre 2019 à 02:55
Crédit photo: Un cortège de Gilets jaunes place de la Bastille (XIe) ce samedi 16 novembre à Paris.  LP/Guillaume Georges

 

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