Je ne dirai pas que c'est normal, mais que c'est habituel, que c'est dans la nature des humains; aujourd'hui de la "dissonance cognitive" et si l'on remonte dans le temps, simplement le "nul n'est prophète en son pays" pour définir, à mon avis, le copié compulsif après les avoir moquées des actions politiques ou propositions nouvelles de Royal.
Pour moi, au delà des personnes, au delà des partis, ce qui compte ce sont les idées , la vision sociétale et répercussion des actions qui ont certains individus pour ouvrir de chemins, anticiper et oser devancer l'immobilisme, le conformisme qui s'installe et s'enracine dans la pensée collective, y comprise celle de certains théoriciens qui philosophent sur l'abstrait sans puiser dans les énormes perspectives et capacité de l'esprit humain au changement. Des idées et des actions, donc, qui peuvent faire avancer le bien vivre ensemble.
Alors personnellement, cela ne me gêne pas que de bonnes propositions ou des actions politiques expérimentées et allant dans ce sens soient reprises par d'autres, bien au contraire.
Il reste l'agacement qui provoquent la malveillance, la mauvaise foi, la bêtise ou la sottise, sentiments, si humains aussi, inclus dans la manière d'effectuer cette récupération, alors que simplement un petite dose de générosité suffirait pour remettre les choses à l'endroit..
Il reste aussi à prendre en compte la crédibilité que l'on peut apporter à ces repreneurs après avoir été démolisseurs d'idées, ou alors la crédulité de ceux qui leur accordent de la crédibilité sur de beaux discours sans analyser ses actes.
Pour ma part, je me dis que j'ai déjà suffisament donné. Arrivée à cette phase de ma vie, je me place dans la liberté politique du "Je peux " et non pas dans la liberté philosophique du "Je veux " d'Hannah Arendt.
C'est dans cette liberté politique du "Je peux... "que je situe et identifie l'ambition collective de Madame Royal et c'est pourquoi, en attendant de mieux, je voterai pour elle aux primaires et ensuite à la présidentielle en 2012 - espérant qu'à l'issue de son quinquennat, nous serons passées à la VIème République et que les Etats Unis d'Europe seront bien définis à l'horizon -
"La liberté philosophique consiste dans l'exercice de sa volonté ou du moins dans l'opinion où l'on est que l'on exerce sa volonté. La volonté politique consiste dans la sûreté ou du moins dans l'opinion que l'on a de sa sûreté " Montesquieu
"La liberté philosophique, la liberté de la volonté ne s'applique qu'aux gens qui vivent en dehors de groupements politiques, en individus solitaires.
Les groupements politiques, au sein desquels les hommes deviennent citoyens sont constitués et garantis par des lois, et ces lois, élaborées par les hommes, peuvent être très différentes et déterminer des forme variées de gouvernement qui, toutes, d'une façon ou d'autre, restreignent la libre volonté des citoyens.
Cependant, à l'exception de la tyrannie, dans laquelle la seule volonté arbitraire gouverne la vie de tous, les formes de gourvenement laissent un certain champs libre à l'action qui met réellement en mouvement le corps constitué des citoynes.
Les principes qui inspirent les actions citoyens varient selon les formes de gouvernement, mais ce sont tous, pour reprendre les termes heureux de Jefferson "principes énergétiques "; et la liberte politique ne peut consister qu'à pouvoir faire ce qu'on doit vouloir et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloit (Esprit des Lois, livre XI) " (...)
Ainsi la volonté politique se distingue de la liberté philosophique en s'affirmant nettement comme qualité du Je peux et non du Je veux. Puisque c'est le citoyen, plutôt que l'homme en général, qui en jouit, elle n'apparait qu'en communauté où le grand nombre de gens qui vivent ensemble voient leurs relations, en paroles et en actions, réglées par une multitude de rapports - lois, coutumes, habitudes et le reste... "
H Arendt - La vie de l'esprit -