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Billet de blog 12 avril 2012

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Mr. Sarkozy et son miroir magique

L'une des seules promesses, parmi les nombreuses que Sarko aura faites, c'est à la fin de son mandat qu'il l'aura tenue: un événement par jour, je dirais plutôt une aberration par jour.

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L'une des seules promesses, parmi les nombreuses que Sarko aura faites, c'est à la fin de son mandat qu'il l'aura tenue: un événement par jour, je dirais plutôt une aberration par jour.

Ce qu'il met en lumière avant tout avec sa déclaration/menace à propos de l'Espagne - nouveaux chars ruses modernes sur les Champs-Elysées(?)  sauf que cette fois il me semble une menace assez probable dans le cas où le candidat sortant deviendrait le nouveau Président - c'est, encore une fois, la haute dose de cynisme, de culot, de sans vergogne décomplexée, de "méprisance" de ses concitoyens et de servilité envers les "puissants", mais aussi, pourquoi ne pas le dire? de schizophrénie, caractéristiques qui habitent, à mon avis, le personnage dont il ne faut pas l'oublier et peut-être est à mettre à sa décharge, s'il occupe la plus haute fonction à la tête du pouvoir exécutif c'est bien parce qu'une majorité de Français(es) l'ont élu démocratiquement en 2007*. Est-ce symptomatique?

A l'observation du comportement de Mr. Sarkozy, de son double langage et de sa manière d'agir c'est la relation pathologique de la marâtre de Blanche Neige avec son miroir qui me vient souvent à l'esprit:

http://www.dailymotion.com/video/xnqlis_nicolas-sarkozy-decore-a-madrid-par-le-roi-juan-carlos_news?search_algo=1

Même si cette fois, avec l'"événement du jour" dont l'objectif est comme toujours de détourner l'attention de son bilan politico-économique catastrophique pour toutes les classes sociales exceptée la plus riche - ce qui était son vrai programme "politique" - à mon avis, si nous voulions bien y réfléchir à ses propos, il se tire une balle dans le pied en renvoyant les citoyens français à la situation espagnole en ce moment:

Lorsque je dis qu'il se tire une balle dans le pied c'est parce que si l'on voulait bien y réfléchir, si les électeurs français voulaient pour une fois oublier ses détestations particulières et ne regarder que leur intérêt collectif , et, me semble-t-il, ce dont l'opposition de gauche aurait dû relever de ce renvoi à la situation de l'Espagne, et de le marteler, c'est de considérer ce que les espagnols subissent comme appauvrissement individuel et collectif depuis l'arrivée de la droite; ce dont ils n'en ont pas fini de subir avec les "recortes" et la destruction progressive mais rapide, organisée méthodiquement, en quelques mois par le gouvernement de droite, du système social juste et équilibré instauré ces dernières décades.

Gouvernement de droite auquel les espagnols ont donné mandat par frustration/abstention et manque, sans doute, de résistance ou de persévérance ou d'exigence... devant le manque de courage avéré et l'abandon à un moment crucial de la part du gouvernement Zapatero, qui a permis pourtant, encouragé et parfois imposé vaillamment tant d'avancées progressistes pour le bien vivre ensemble, l'ouverture des esprits, la tolérance et l'intégration des différentes manières de concevoir l'existence mais qui n'a pas su faire la transformation fiscale nécessaire ni imposer la séparation de l'Eglise et de l'Etat alors qu'il en avait l'occasion, et qu'au moment décisif de la bataille économique s'est laissé dépasser par les forces adverses et a flanché face aux injonctions de l'oligarchie financière mondialisée.

Et c'est précisément en donnant carte blanche à cette droite revancharde - imaginons les prochaines cinq années avec N Sarkozy, brrrrrr... - appuyée par le poids d'une Eglise Catholique encore plus revancharde, surtout en Espagne mais attention en France ce sont les églises - que la guerre des classes semble définitivement pencher (pas perdue) et confirmer le pronostique du pas moins décomplexé Warren Buffet: "Il y a une guerre des classes, c'est un fait, mais c'est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner."

Parce qu'il ne faut pas se tromper, c'est une guerre de classes, c'est un fait, et avec Nicolas Sarkozy en homme de paille ou en chevalier de la Toison d'Or..., "ils" vont la gagner, ou sont en train de la gagner, ou, dans tous les cas, prendre le pouvoir pour longtemps.

Je n'ai aucune prétention à donner de consignes de vote pour le 22 avril, j'ai suffisamment de travail à y réfléchir moi-même. Bon vote, tout de même.

* Election présumée démocratique à défaut de clarification sur les comptes de campagne et bien d'autres affaires qui entourent et obscurcissent l'horizon de cette campagne présidentielle 2007 et de son résultat.

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