De 1973 à 2015: mon 11 septembre à moi...

 

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Ma mémoire d'individu humain adulte sélectionne, traite, compulse, subit les assauts d'émotions diverses qui émergent, souvent malgré moi, et s'imposent et essaient de se mêler à mon présent, parfois en forme de dossier mal constitué et mal rangé bien au fond d'un tiroir jusqu'ici inconnu, et donc dossier presque illisible au point que mon esprit ayant du mal à décrypter les lignes, les signes, souvent agacé, le renvoie tel quel, sans plus, aux archives où le dossier avait été classé, jeté à mon insu?

D'autres fois,  comme si d'un événement en temps réel s'agissait alors que le temps aurait du lisser les perceptions en les transformant, je suis saisie des mêmes émotions primaires ressentis le jour "J". 

C'est ainsi qu'après quarante deux ans, formatée pas des joies (trois enfants merveilleux, quatre, plus un en devenir, petits-enfants magnifiques) et des tristesses, des dégoûts aussi, je me surprends toujours à ressentir le même degré de colère au souvenir, à la date chilienne fatale pour les libertés du continent américain et d"allende" hélas! (en espagnol: plus loin, au-delà): le 11 septembre 1973,

 

Née quelques années plus tard et ne les ayant pas vécus en direct, ma mémoire n'a enregistré qu'en différé, durant l'enfance et jeunesse, les dommages collatéraux du coup d'état en 1936 dans mon pays, les conséquences de la guerre civile que la sédition et les forces occultes  qui la soutenaient provoquèrent, les peurs qu'inspirèrent la terreur de  la dictature franquiste durant ses premières décennies, puis l'immobilisme, la soumission et la régression des mentalités qui malheureusement imprégnent encore une petite partie de la population espagnole avec des répercussions que nous constatons tous les jours, c'est peut-être ce qui justifie cette colère à l'état pur que je ressens à l'évocation de ce que fut ce 11 septembre 1973.

Dernier discours de Salvador Allende, à la radio quelques heures avant son assassinat (audio en espgnol):

https://www.youtube.com/watch?v=xZeEfXjTNu4


Lecture du discours, en français:

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article70972

" Allez de l’avant et sachez que dans un avenir plus proche que lointain s’ouvriront à nouveau les larges avenues par où s’avancera l’homme libre pour construire une société meilleure."


Hum! hum! nous sommes encore loin... mais je souhaite y croire.

 

Quilapayun - 1970 - кантата "Санта Мария де Икике" © Stanislav Palekha

 

 

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