Machado dort à Collioure
Trois pas suffirent hors d'Espagne
Que le ciel pour lui se fît lourd
Il s'assit dans cette campagne
Et ferma les yeux pour toujours
Aragon
"Tù no te llamas Machado? Se dice que un poète Machado ha muerto en Francia" C'est ainsi, je ne sais pas si c'est véridique, que l'on raconte comment son frère Manuel, grand dramaturge et poète également, apprit le décès d'Antonio, par un chuchotement de son coiffeur.
Hier, 22 février 2014, soixante-quinzième anniversaire de la mort "de tristesse" disait Aragon, un mois avant la fin de la guerre civile et seulement quelques mois après l'exile forcé du poète de l'intimité "Campos de Castilla", "Proverbios y Cantares" d'où est extrait:
Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.
Mort en 1939, le gouvernement de Franco, lui enleva en 1941! le droit d'exercer l'enseignement, cette décision est toujours en vigueur comme bien d'autres exaction et atteintes aux droits et libertés commises durant cette terrible période franquiste.
C'est par ma mère que j'ai eu la chance de connaître, très jeune, son oeuvre. C'est donc dans la clandestinité qu'elle fut connue et souvent susurrée parmi la jeunesse de l'époque, comme un talisman contre l'absurdité culturelle dont nous étions pour la plupart bien conscients.
Todo pasa y todo queda, disait le poète...