Que sommes-nous devenus ?

Journal éclaté du 19 au 27 août 2016

La Manche à Calais © JS La Manche à Calais © JS

19 août 2016
Ici, on a pas connu le choléra, ni la peste ou la famine, même pas la guerre. On aura connu le terrorisme, un fléau comme un autre, qui tue, qui peut tuer, qui a tué et un jour, peut-être ne tuera plus, ici. En attendant nous cultivons le virus tant bien que mal, dans l'éprouvette électorale, sagement.

23 août 2016
Une femme verbalisée par un décret raciste, il faudrait lui payer son amende par un Pot Commun qui dépasserait le montant et compenserait ainsi le préjudice moral. Ce faisant, se substituer à l'action de cet État raciste et sexiste. Sexiste, comme toujours quand il s'agit de légiférer sur des vêtements, et toujours pas de plainte déposée pour incitation à la haine. On en viendrait à enfermer des policiers, des maires, des députés, des ministres, ce serait peut-être trop, comment être légitime ? Est-ce que, ce faisant, ce serait devenir barbare ? Ou est-ce que, laissant les racistes proliférer, laissant le système produire des Estrosi, des Ciotti, des Morano, des Le Pen, comme ailleurs le système produit ailleurs des Trump et la possibilité de tant d'autres comme lui, faisant cela, sommes-nous déjà devenus barbares ?

Station service, UK © JS Station service, UK © JS


27 août 2015
"Y a de la joue de porc demain au menu, on ira."
"Min père il a des pikâchou, i'n'en a plein."
On voit des étoiles, des criquets stridulent, des ptits quinquins de toutes les couleurs jouent à Pokémon et au pistolet à eau. Un creux dans les dunes éteint tous les sons. Les ferrys glissent on dirait à quelques mètres de la plage, tandis que les premières étoiles se lèvent, probablement des planètes inhabitées.

 

publié sur Fragments, chutes et conséquences le 12 septembre 2016

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