Pour une démilitarisation de la police au Brésil

La nouvelle vient de tomber hier, Amarildo de Souza, habitant de la favela Rocinha à Rio de Janeiro, qui avait disparu le 14 juillet, après que la police militaire l’ait embarqué, est mort suite aux tortures subies lors de son arrestation.

La nouvelle vient de tomber hier, Amarildo de Souza, habitant de la favela Rocinha à Rio de Janeiro, qui avait disparu le 14 juillet, après que la police militaire l’ait embarqué, est mort suite aux tortures subies lors de son arrestation. D’après les journaux, Amarildo de Souza aurait succombé à une crise d’épilepsie après avoir reçu des chocs électriques et avoir été asphyxié avec un sac en plastique. Des témoignages viennent confirmer l’utilisation de la torture sur d’autres détenus par la police militaire. Dix policiers de l’unité de police  pacificatrice (UPP) dont le Major Edson Dos Santos sont  soupçonnés de crime avec tortures ayant entrainé la mort et occultation de cadavre.

Amarildo de Souza, le maçon pauvre des quartiers périphériques, était devenu le symbole des manifestants qui avaient commencé leur mouvement début juin et qui ont continué jusqu'à aujourd’hui à revendiquer leur ras-le-bol. Pas toujours de façon aussi spectaculaire, comme au début des manifestations qui ont rassemblées des milliers de personnes dans les rues, mais avec des actions de plus en plus ciblées : des occupations de bâtiments administratifs et judiciaires dans plusieurs villes du pays, des événements culturels dans les centres et les périphéries comprenant des débats, des projections de films et des performances.

Il y a deux jours, ce sont les professeurs du secteur public qui ont fait parlé d’eux, en grève depuis plusieurs semaines, ils ont manifesté devant le conseil municipal de Rio de Janeiro en protestation au projet de loi qui devait redéfinir les salaires et fixer les plans d’avenir. Ils ont dû faire face à une répression policière violente qui les ont délogé par la force.  Plusieurs vidéos filmées par les manifestants ou les médias indépendants accablent l’attitude de la Police Militaire dont une qui démontre clairement la piège tendu à un jeune militant. Alors que sur la vidéo, on voit un policier avec des explosifs dans la main, il tente d’accuser le militant d’en être le possesseur en faisant semblant de les avoir trouvé dans son sac.

http://oglobo.globo.com/videos/t/o-globo-hd/v/policial-forja-flagrante-durante-protesto-no-centro-do-rio/2862943/

Une pétition circule depuis quelques temps sur le net, postée par l’association des mães de maio qui rassemble les familles des victimes des violences policières. Pour l’association, les droits fondamentaux au Brésil sont quotidiennement bafoués et ceux qui sont le plus réprimandés par la police militaire sont les pauvres et les noirs. Les chiffres sont vertigineux et rivalisent avec les pays en conflit armé ou en guerre*.

Voici un extrait de la pétition : « La violence policière est aujourd’hui, certainement, un des principaux problèmes que le Brésil doit affronter quant à la défense des droits de l’homme dans notre société. La persistance de la torture dans le quotidien et dans les préfectures de police, comme « technique d’investigation » de la part de ces institutions, post-dictatoriales ; et, l’incarcération massive des personnes (le Brésil occupe actuellement la 4ème position mondiale, avec plus de 520.000 personnes en prison) ; et, principalement les exécutions extra-judiciaires commises systématiquement par les agents de l’état, sont sujets de préoccupation en relation à la sécurité publique et à la garantie d’une citoyenneté basique pour la grande majorité de la population. »

 

Pétition:

https://secure.avaaz.org/po/petition/Desmilitarizacao_das_Policias_do_Brasil/?twnhIbb

*http://www.mapadaviolencia.org.br/pdf2013/mapa2013_homicidios_juventude.pdf

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