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Billet de blog 15 nov. 2015

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Quelle ligne pour reconquérir l'espoir ?

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

 par Alain Raynaud

Publication : 15 novembre 2015

 Sur Alliance pour une France Libre

Si la droite la plus réactionnaire (la plus favorable à un retour en arrière économique et social) est désormais, ainsi qu’elle le proclame, “décomplexée”, affirmant haut et fort le socle foncièrement individualiste de ses valeurs avec la politique de jungle qui en découle, la « gauche », par contre, de renoncements en divisions, n’est plus audible par les classes populaires.

Habillée du blanc de la pureté par les spécialistes du marketing politique, servie par les talents personnels et l’ambition d’hommes prêts à tout pour accéder au pouvoir et le conserver, faisant appel d’abord à la peur - peur de l’étranger, peur de la “racaille” et de la violence, peur des actionnaires et des rentiers pour leurs sous -, martelée par les plus importants medias, la politique imposée par les capitalistes s’est emparée des “masses”. Les idées dominantes, avec les moyens modernes de propagande, sont plus que jamais les idées de la classe dominante (Marx) !

La « gauche » parlementaire a pour l’essentiel, sous les drapeaux mêlés de l’Union Européenne et des USA, rallié le capitalisme et la “démocratie de marché” qui va avec.

Pourtant la « gauche » avait dans le passé porté les principales luttes de notre peuple: les Révolutions de 1789, 1830 et 1848, les Communards de 1871 dont le général de Gaulle,éminent homme de droite, reconnaissait qu’ils avaient “assumé la France”, le Front populaire de 1936, 1945 et l'application du programme du Conseil National de la Résistance par un gouvernement comprenant des ministres allant de l'extrême droite aux communistes en passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel politique et idéologique, mai 68 et ses millions de grévistes. Ces mouvements et d’autres ont apporté à notre peuple des conquêtes matérielles et morales dont nous avons toujours besoin: souveraineté nationale, république démocratique et sociale, droits de l’homme et du citoyen.

Mais aujourd’hui, pour paraphraser Victor Hugo, si la gauche sait pour une partie d'entre elle d’où elle vient, elle ne sait pas où elle va.

La gauche « socialiste et social-démocrate », obnubilée par la ligne jadis fixée par Léon Blum de “ gérants loyaux du capitalisme”, n’en peut plus des concessions au “marché”, au libéralisme, au patronat. Quasiment indistincte de la droite libérale, sauf sur quelques sujets "sociétaux", elle peut continuer, c'est la première ligne.

La gauche « de gauche », mélange des gauches “protestataire” et “révolutionnaire” (la distinction est de Régis Debray), a manifestement oublié que le parti n’est pas une fin en soi mais un moyen au service d’une cause. Le “parti” d’ailleurs n’est pas forcément celui (ou ceux) qui existe(nt) déjà. Naissant, comme toujours, “du sol de la société moderne” (Marx), sans doute doit-il pour survivre muter en une forme inédite, plus réseau transversal coordonné que parti au sens strict groupé autour de professionnels de la politique (élus surtout et permanents). La gauche "radicale" devenant majoritaire au sein de l'ensemble nommé "gauche", c'est l'espoir de certains, c'est la seconde ligne.

Faut-il se résigner à regarder les socialistes et leurs alliés se perdre par « macronisation » ou « bayroutisation » ? Faut-il se résigner à subir les éternelles guerres de chapelles communistes, trotskistes ou « socialistes frondeuses ». Les deux gauches peuvent elles encore se rencontrer dans l’exercice des responsabilités plutôt que de continuer à se distribuer les rôles du consul (qui gouverne) et du tribun (qui parle au nom du peuple) ? Et pour cela, promouvoir le dialogue plutôt que l’anathème, la recherche d’accords de fond plutôt que du plus petit dénominateur commun, le respect des différences qui enrichit plutôt que la recherche de l’hégémonie qui appauvrit, l’intervention de la “base” – même et surtout non encartée – plutôt que les projets imposés d’en haut ? Le peuvent-elles ?

Le peuvent-elles ?

Poser deux fois la question, c’est laisser deviner l'absence de réponse ! Elle est en grand débat au sein même de « la gauche ». C'est pourtant la troisième ligne, "l'union de la gauche", une union cette fois progressiste et respectueuse de ses diverses composantes.

Mais, la démocratie, ce n’est pas la droite contre la gauche ou inversement. La démocratie ne résulte pas principalement de la pluralité des partis mais surtout de la pluralité des projets qui ne peut émerger que de l’irruption du peuple tout entier dans le débat. Avec l’intervention directe des citoyens, il doit devenir possible de dégager des majorités dépassant largement l’absurde 51/49. L’unanimité est quand même le but ultime de la démocratie (n’est-ce pas Jean Jacques ?) puisque celle-ci doit théoriquement permettre de déterminer l’intérêt général, lequel n’est pas représenté par l’avis de 51 ou 53 citoyens contre l’avis des 49 ou 47 autres.

Une nouvelle démocratie (6e République ?) exige que la France recouvre sa souveraineté. Cette exigence impose, côté négatif le retrait de l’Euro, de l’UE, de l’OTAN, et de toutes les organisations de la mondialisation impériale, et côté positif la détermination d’objectifs institutionnels et sociaux fondant une nouvelle unité nationale. Il est incontestable que peuvent sur cette base et en toute clarté, chacun conservant, pour l'étape suivante, son option « gauche » ou son option « droite », se rassembler des citoyens appartenant à des champs idéologiques très différents.

Si nous regardons dans la direction de l’avenir, sans oublier le passé mais sans en être prisonnier, alors nous pourrons peut-être nous unir entre nous et avec le monde. Justement, les dangers du monde actuel - issus pour l'essentiel de la mondialisation impériale avec ses aspects économiques, politiques et militaires -, les risques qui pèsent sur notre terre, la nouvelle ligne que cette réalité trace entre réformes et révolution, n’indiquent-ils pas que le moment est venu de se fixer l’horizon de cette « union des forces du travail et de la culture » évoquée en d’autres temps par Santiago Carillo ?

L’union n’uniformise pas, au contraire elle différencie, elle “super-personnalise” (Teilhard de Chardin) en permettant à chacun d’exprimer le meilleur de lui-même; l’union n’additionne pas seulement, “elle produit”, elle est plus, autre et mieux que la somme des éléments qui la composent.

Rassemblons-nous pour préparer, dans une France où “la politique ne se décide pas à la corbeille” (Charles De Gaulle), un avenir qui ait du sens pour chacun et pour tous, un avenir “à visage humain” (selon la belle formule du Printemps de Prague en 1968).

L’immobilité, le statu-quo, la guerre des tranchées, la défense des positions acquises (surtout électorales) comme seule tactique, le repli sur soi, cela ne suffira pas pour endiguer et faire refluer la vague de la mondialisation impériale subie et construire un avenir. Le mouvement comporte un risque, c’est un pari que de croire que “tout ce qui monte converge” (Teilhard) mais l’immobilisme est pire car ne pas avancer dans ce monde c’est reculer. N’attendons pas d’être d’accord sur tout pour nous mettre en chemin.

Beaucoup de femmes et d’hommes, de « gauche » ou de « droite », militants syndicaux et associatifs, athées ou « croyants », partagent la commune espérance d’un monde où l’individualisme, “la concurrence de tous contre tous”(le « monothéisme du marché », disait Garaudy), les égoïsmes et les dominations de classe, de nation, de religion ou de race, la sacralisation du passé seraient remplacés par la compréhension, la coopération, la cogestion, l’invention collective de l’avenir. Et pensent que pour que le pays où ils vivent, la France, joue dans le monde un rôle conforme à cette exigence, elle doit d’abord retrouver, avec la souveraineté de son peuple, sa liberté d’action.

C'est la quatrième ligne, "nationale internationaliste".

Cette ligne dite couramment "souverainiste" n'est pas majoritaire pour l'instant, ni à droite ni à gauche. Ceux qui la prônent, sous diverses formes, sont en butte aux railleries ou à de violentes et parfois injurieuses attaques. "Souveraineté", "indépendance", "nation", "peuple", sont devenus pour certains des gros mots. Mais souveraineté n'est pas séparable de république, c'est la reconquête de la démocratie par le peuple; indépendance n'est pas repli sur soi mais auto-détermination de la nation par rapport à la mondialisation impériale et ses instruments, l'internationalisme nécessaire étant pleinement assumé dans un monde aujourd'hui UN.

Article publié le mois dernier sur mon blogSi la droite la plus réactionnaire (la plus favorable à un retour en arrière économique et social) est désormais, ainsi qu’elle le proclame, “décomplexée”, affirmant haut et fort le socle foncièrement individualiste de ses valeurs avec la politique de jungle qui en découle, la « gauche », par contre, de renoncements en divisions, n’est plus audible par les classes populaires.

Habillée du blanc de la pureté par les spécialistes du marketing politique, servie par les talents personnels et l’ambition d’hommes prêts à tout pour accéder au pouvoir et le conserver, faisant appel d’abord à la peur - peur de l’étranger, peur de la “racaille” et de la violence, peur des actionnaires et des rentiers pour leurs sous -, martelée par les plus importants medias, la politique imposée par les capitalistes s’est emparée des “masses”. Les idées dominantes, avec les moyens modernes de propagande, sont plus que jamais les idées de la classe dominante (Marx) !

La « gauche » parlementaire a pour l’essentiel, sous les drapeaux mêlés de l’Union Européenne et des USA, rallié le capitalisme et la “démocratie de marché” qui va avec.

Pourtant la « gauche » avait dans le passé porté les principales luttes de notre peuple: les Révolutions de 1789, 1830 et 1848, les Communards de 1871 dont le général de Gaulle,éminent homme de droite, reconnaissait qu’ils avaient “assumé la France”, le Front populaire de 1936, 1945 et l'application du programme du Conseil National de la Résistance par un gouvernement comprenant des ministres allant de l'extrême droite aux communistes en passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel politique et idéologique, mai 68 et ses millions de grévistes. Ces mouvements et d’autres ont apporté à notre peuple des conquêtes matérielles et morales dont nous avons toujours besoin: souveraineté nationale, république démocratique et sociale, droits de l’homme et du citoyen.

Mais aujourd’hui, pour paraphraser Victor Hugo, si la gauche sait pour une partie d'entre elle d’où elle vient, elle ne sait pas où elle va.

La gauche « socialiste et social-démocrate », obnubilée par la ligne jadis fixée par Léon Blum de “ gérants loyaux du capitalisme”, n’en peut plus des concessions au “marché”, au libéralisme, au patronat. Quasiment indistincte de la droite libérale, sauf sur quelques sujets "sociétaux", elle peut continuer, c'est la première ligne.

La gauche « de gauche », mélange des gauches “protestataire” et “révolutionnaire” (la distinction est de Régis Debray), a manifestement oublié que le parti n’est pas une fin en soi mais un moyen au service d’une cause. Le “parti” d’ailleurs n’est pas forcément celui (ou ceux) qui existe(nt) déjà. Naissant, comme toujours, “du sol de la société moderne” (Marx), sans doute doit-il pour survivre muter en une forme inédite, plus réseau transversal coordonné que parti au sens strict groupé autour de professionnels de la politique (élus surtout et permanents). La gauche "radicale" devenant majoritaire au sein de l'ensemble nommé "gauche", c'est l'espoir de certains, c'est la seconde ligne.

Faut-il se résigner à regarder les socialistes et leurs alliés se perdre par « macronisation » ou « bayroutisation » ? Faut-il se résigner à subir les éternelles guerres de chapelles communistes, trotskistes ou « socialistes frondeuses ». Les deux gauches peuvent elles encore se rencontrer dans l’exercice des responsabilités plutôt que de continuer à se distribuer les rôles du consul (qui gouverne) et du tribun (qui parle au nom du peuple) ? Et pour cela, promouvoir le dialogue plutôt que l’anathème, la recherche d’accords de fond plutôt que du plus petit dénominateur commun, le respect des différences qui enrichit plutôt que la recherche de l’hégémonie qui appauvrit, l’intervention de la “base” – même et surtout non encartée – plutôt que les projets imposés d’en haut ? Le peuvent-elles ?

Le peuvent-elles ?

Poser deux fois la question, c’est laisser deviner l'absence de réponse ! Elle est en grand débat au sein même de « la gauche ». C'est pourtant la troisième ligne, "l'union de la gauche", une union cette fois progressiste et respectueuse de ses diverses composantes.

Mais, la démocratie, ce n’est pas la droite contre la gauche ou inversement. La démocratie ne résulte pas principalement de la pluralité des partis mais surtout de la pluralité des projets qui ne peut émerger que de l’irruption du peuple tout entier dans le débat. Avec l’intervention directe des citoyens, il doit devenir possible de dégager des majorités dépassant largement l’absurde 51/49. L’unanimité est quand même le but ultime de la démocratie (n’est-ce pas Jean Jacques ?) puisque celle-ci doit théoriquement permettre de déterminer l’intérêt général, lequel n’est pas représenté par l’avis de 51 ou 53 citoyens contre l’avis des 49 ou 47 autres.

Une nouvelle démocratie (6e République ?) exige que la France recouvre sa souveraineté. Cette exigence impose, côté négatif le retrait de l’Euro, de l’UE, de l’OTAN, et de toutes les organisations de la mondialisation impériale, et côté positif la détermination d’objectifs institutionnels et sociaux fondant une nouvelle unité nationale. Il est incontestable que peuvent sur cette base et en toute clarté, chacun conservant, pour l'étape suivante, son option « gauche » ou son option « droite », se rassembler des citoyens appartenant à des champs idéologiques très différents.

Si nous regardons dans la direction de l’avenir, sans oublier le passé mais sans en être prisonnier, alors nous pourrons peut-être nous unir entre nous et avec le monde. Justement, les dangers du monde actuel - issus pour l'essentiel de la mondialisation impériale avec ses aspects économiques, politiques et militaires -, les risques qui pèsent sur notre terre, la nouvelle ligne que cette réalité trace entre réformes et révolution, n’indiquent-ils pas que le moment est venu de se fixer l’horizon de cette « union des forces du travail et de la culture » évoquée en d’autres temps par Santiago Carillo ?

L’union n’uniformise pas, au contraire elle différencie, elle “super-personnalise” (Teilhard de Chardin) en permettant à chacun d’exprimer le meilleur de lui-même; l’union n’additionne pas seulement, “elle produit”, elle est plus, autre et mieux que la somme des éléments qui la composent.

Rassemblons-nous pour préparer, dans une France où “la politique ne se décide pas à la corbeille” (Charles De Gaulle), un avenir qui ait du sens pour chacun et pour tous, un avenir “à visage humain” (selon la belle formule du Printemps de Prague en 1968).

L’immobilité, le statu-quo, la guerre des tranchées, la défense des positions acquises (surtout électorales) comme seule tactique, le repli sur soi, cela ne suffira pas pour endiguer et faire refluer la vague de la mondialisation impériale subie et construire un avenir. Le mouvement comporte un risque, c’est un pari que de croire que “tout ce qui monte converge” (Teilhard) mais l’immobilisme est pire car ne pas avancer dans ce monde c’est reculer. N’attendons pas d’être d’accord sur tout pour nous mettre en chemin.

Beaucoup de femmes et d’hommes, de « gauche » ou de « droite », militants syndicaux et associatifs, athées ou « croyants », partagent la commune espérance d’un monde où l’individualisme, “la concurrence de tous contre tous”(le « monothéisme du marché », disait Garaudy), les égoïsmes et les dominations de classe, de nation, de religion ou de race, la sacralisation du passé seraient remplacés par la compréhension, la coopération, la cogestion, l’invention collective de l’avenir. Et pensent que pour que le pays où ils vivent, la France, joue dans le monde un rôle conforme à cette exigence, elle doit d’abord retrouver, avec la souveraineté de son peuple, sa liberté d’action.

C'est la quatrième ligne, "nationale internationaliste".

Cette ligne dite couramment "souverainiste" n'est pas majoritaire pour l'instant, ni à droite ni à gauche. Ceux qui la prônent, sous diverses formes, sont en butte aux railleries ou à de violentes et parfois injurieuses attaques. "Souveraineté", "indépendance", "nation", "peuple", sont devenus pour certains des gros mots. Mais souveraineté n'est pas séparable de république, c'est la reconquête de la démocratie par le peuple; indépendance n'est pas repli sur soi mais auto-détermination de la nation par rapport à la mondialisation impériale et ses instruments, l'internationalisme nécessaire étant pleinement assumé dans un monde aujourd'hui UN.

Article publié le mois dernier sur mon blogSi la droite la plus réactionnaire (la plus favorable à un retour en arrière économique et social) est désormais, ainsi qu’elle le proclame, “décomplexée”, affirmant haut et fort le socle foncièrement individualiste de ses valeurs avec la politique de jungle qui en découle, la « gauche », par contre, de renoncements en divisions, n’est plus audible par les classes populaires.

Habillée du blanc de la pureté par les spécialistes du marketing politique, servie par les talents personnels et l’ambition d’hommes prêts à tout pour accéder au pouvoir et le conserver, faisant appel d’abord à la peur - peur de l’étranger, peur de la “racaille” et de la violence, peur des actionnaires et des rentiers pour leurs sous -, martelée par les plus importants medias, la politique imposée par les capitalistes s’est emparée des “masses”. Les idées dominantes, avec les moyens modernes de propagande, sont plus que jamais les idées de la classe dominante (Marx) !

La « gauche » parlementaire a pour l’essentiel, sous les drapeaux mêlés de l’Union Européenne et des USA, rallié le capitalisme et la “démocratie de marché” qui va avec.

Pourtant la « gauche » avait dans le passé porté les principales luttes de notre peuple: les Révolutions de 1789, 1830 et 1848, les Communards de 1871 dont le général de Gaulle,éminent homme de droite, reconnaissait qu’ils avaient “assumé la France”, le Front populaire de 1936, 1945 et l'application du programme du Conseil National de la Résistance par un gouvernement comprenant des ministres allant de l'extrême droite aux communistes en passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel politique et idéologique, mai 68 et ses millions de grévistes. Ces mouvements et d’autres ont apporté à notre peuple des conquêtes matérielles et morales dont nous avons toujours besoin: souveraineté nationale, république démocratique et sociale, droits de l’homme et du citoyen.

Mais aujourd’hui, pour paraphraser Victor Hugo, si la gauche sait pour une partie d'entre elle d’où elle vient, elle ne sait pas où elle va.

La gauche « socialiste et social-démocrate », obnubilée par la ligne jadis fixée par Léon Blum de “ gérants loyaux du capitalisme”, n’en peut plus des concessions au “marché”, au libéralisme, au patronat. Quasiment indistincte de la droite libérale, sauf sur quelques sujets "sociétaux", elle peut continuer, c'est la première ligne.

La gauche « de gauche », mélange des gauches “protestataire” et “révolutionnaire” (la distinction est de Régis Debray), a manifestement oublié que le parti n’est pas une fin en soi mais un moyen au service d’une cause. Le “parti” d’ailleurs n’est pas forcément celui (ou ceux) qui existe(nt) déjà. Naissant, comme toujours, “du sol de la société moderne” (Marx), sans doute doit-il pour survivre muter en une forme inédite, plus réseau transversal coordonné que parti au sens strict groupé autour de professionnels de la politique (élus surtout et permanents). La gauche "radicale" devenant majoritaire au sein de l'ensemble nommé "gauche", c'est l'espoir de certains, c'est la seconde ligne.

Faut-il se résigner à regarder les socialistes et leurs alliés se perdre par « macronisation » ou « bayroutisation » ? Faut-il se résigner à subir les éternelles guerres de chapelles communistes, trotskistes ou « socialistes frondeuses ». Les deux gauches peuvent elles encore se rencontrer dans l’exercice des responsabilités plutôt que de continuer à se distribuer les rôles du consul (qui gouverne) et du tribun (qui parle au nom du peuple) ? Et pour cela, promouvoir le dialogue plutôt que l’anathème, la recherche d’accords de fond plutôt que du plus petit dénominateur commun, le respect des différences qui enrichit plutôt que la recherche de l’hégémonie qui appauvrit, l’intervention de la “base” – même et surtout non encartée – plutôt que les projets imposés d’en haut ? Le peuvent-elles ?

Le peuvent-elles ?

Poser deux fois la question, c’est laisser deviner l'absence de réponse ! Elle est en grand débat au sein même de « la gauche ». C'est pourtant la troisième ligne, "l'union de la gauche", une union cette fois progressiste et respectueuse de ses diverses composantes.

Mais, la démocratie, ce n’est pas la droite contre la gauche ou inversement. La démocratie ne résulte pas principalement de la pluralité des partis mais surtout de la pluralité des projets qui ne peut émerger que de l’irruption du peuple tout entier dans le débat. Avec l’intervention directe des citoyens, il doit devenir possible de dégager des majorités dépassant largement l’absurde 51/49. L’unanimité est quand même le but ultime de la démocratie (n’est-ce pas Jean Jacques ?) puisque celle-ci doit théoriquement permettre de déterminer l’intérêt général, lequel n’est pas représenté par l’avis de 51 ou 53 citoyens contre l’avis des 49 ou 47 autres.

Une nouvelle démocratie (6e République ?) exige que la France recouvre sa souveraineté. Cette exigence impose, côté négatif le retrait de l’Euro, de l’UE, de l’OTAN, et de toutes les organisations de la mondialisation impériale, et côté positif la détermination d’objectifs institutionnels et sociaux fondant une nouvelle unité nationale. Il est incontestable que peuvent sur cette base et en toute clarté, chacun conservant, pour l'étape suivante, son option « gauche » ou son option « droite », se rassembler des citoyens appartenant à des champs idéologiques très différents.

Si nous regardons dans la direction de l’avenir, sans oublier le passé mais sans en être prisonnier, alors nous pourrons peut-être nous unir entre nous et avec le monde. Justement, les dangers du monde actuel - issus pour l'essentiel de la mondialisation impériale avec ses aspects économiques, politiques et militaires -, les risques qui pèsent sur notre terre, la nouvelle ligne que cette réalité trace entre réformes et révolution, n’indiquent-ils pas que le moment est venu de se fixer l’horizon de cette « union des forces du travail et de la culture » évoquée en d’autres temps par Santiago Carillo ?

L’union n’uniformise pas, au contraire elle différencie, elle “super-personnalise” (Teilhard de Chardin) en permettant à chacun d’exprimer le meilleur de lui-même; l’union n’additionne pas seulement, “elle produit”, elle est plus, autre et mieux que la somme des éléments qui la composent.

Rassemblons-nous pour préparer, dans une France où “la politique ne se décide pas à la corbeille” (Charles De Gaulle), un avenir qui ait du sens pour chacun et pour tous, un avenir “à visage humain” (selon la belle formule du Printemps de Prague en 1968).

L’immobilité, le statu-quo, la guerre des tranchées, la défense des positions acquises (surtout électorales) comme seule tactique, le repli sur soi, cela ne suffira pas pour endiguer et faire refluer la vague de la mondialisation impériale subie et construire un avenir. Le mouvement comporte un risque, c’est un pari que de croire que “tout ce qui monte converge” (Teilhard) mais l’immobilisme est pire car ne pas avancer dans ce monde c’est reculer. N’attendons pas d’être d’accord sur tout pour nous mettre en chemin.

Beaucoup de femmes et d’hommes, de « gauche » ou de « droite », militants syndicaux et associatifs, athées ou « croyants », partagent la commune espérance d’un monde où l’individualisme, “la concurrence de tous contre tous”(le « monothéisme du marché », disait Garaudy), les égoïsmes et les dominations de classe, de nation, de religion ou de race, la sacralisation du passé seraient remplacés par la compréhension, la coopération, la cogestion, l’invention collective de l’avenir. Et pensent que pour que le pays où ils vivent, la France, joue dans le monde un rôle conforme à cette exigence, elle doit d’abord retrouver, avec la souveraineté de son peuple, sa liberté d’action.

C'est la quatrième ligne, "nationale internationaliste".

Cette ligne dite couramment "souverainiste" n'est pas majoritaire pour l'instant, ni à droite ni à gauche. Ceux qui la prônent, sous diverses formes, sont en butte aux railleries ou à de violentes et parfois injurieuses attaques. "Souveraineté", "indépendance", "nation", "peuple", sont devenus pour certains des gros mots. Mais souveraineté n'est pas séparable de république, c'est la reconquête de la démocratie par le peuple; indépendance n'est pas repli sur soi mais auto-détermination de la nation par rapport à la mondialisation impériale et ses instruments, l'internationalisme nécessaire étant pleinement assumé dans un monde aujourd'hui UN.

Article publié le mois dernier sur mon blogSi la droite la plus réactionnaire (la plus favorable à un retour en arrière économique et social) est désormais, ainsi qu’elle le proclame, “décomplexée”, affirmant haut et fort le socle foncièrement individualiste de ses valeurs avec la politique de jungle qui en découle, la « gauche », par contre, de renoncements en divisions, n’est plus audible par les classes populaires.

Habillée du blanc de la pureté par les spécialistes du marketing politique, servie par les talents personnels et l’ambition d’hommes prêts à tout pour accéder au pouvoir et le conserver, faisant appel d’abord à la peur - peur de l’étranger, peur de la “racaille” et de la violence, peur des actionnaires et des rentiers pour leurs sous -, martelée par les plus importants medias, la politique imposée par les capitalistes s’est emparée des “masses”. Les idées dominantes, avec les moyens modernes de propagande, sont plus que jamais les idées de la classe dominante (Marx) !

La « gauche » parlementaire a pour l’essentiel, sous les drapeaux mêlés de l’Union Européenne et des USA, rallié le capitalisme et la “démocratie de marché” qui va avec.

Pourtant la « gauche » avait dans le passé porté les principales luttes de notre peuple: les Révolutions de 1789, 1830 et 1848, les Communards de 1871 dont le général de Gaulle,éminent homme de droite, reconnaissait qu’ils avaient “assumé la France”, le Front populaire de 1936, 1945 et l'application du programme du Conseil National de la Résistance par un gouvernement comprenant des ministres allant de l'extrême droite aux communistes en passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel politique et idéologique, mai 68 et ses millions de grévistes. Ces mouvements et d’autres ont apporté à notre peuple des conquêtes matérielles et morales dont nous avons toujours besoin: souveraineté nationale, république démocratique et sociale, droits de l’homme et du citoyen.

Mais aujourd’hui, pour paraphraser Victor Hugo, si la gauche sait pour une partie d'entre elle d’où elle vient, elle ne sait pas où elle va.

La gauche « socialiste et social-démocrate », obnubilée par la ligne jadis fixée par Léon Blum de “ gérants loyaux du capitalisme”, n’en peut plus des concessions au “marché”, au libéralisme, au patronat. Quasiment indistincte de la droite libérale, sauf sur quelques sujets "sociétaux", elle peut continuer, c'est la première ligne.

La gauche « de gauche », mélange des gauches “protestataire” et “révolutionnaire” (la distinction est de Régis Debray), a manifestement oublié que le parti n’est pas une fin en soi mais un moyen au service d’une cause. Le “parti” d’ailleurs n’est pas forcément celui (ou ceux) qui existe(nt) déjà. Naissant, comme toujours, “du sol de la société moderne” (Marx), sans doute doit-il pour survivre muter en une forme inédite, plus réseau transversal coordonné que parti au sens strict groupé autour de professionnels de la politique (élus surtout et permanents). La gauche "radicale" devenant majoritaire au sein de l'ensemble nommé "gauche", c'est l'espoir de certains, c'est la seconde ligne.

Faut-il se résigner à regarder les socialistes et leurs alliés se perdre par « macronisation » ou « bayroutisation » ? Faut-il se résigner à subir les éternelles guerres de chapelles communistes, trotskistes ou « socialistes frondeuses ». Les deux gauches peuvent elles encore se rencontrer dans l’exercice des responsabilités plutôt que de continuer à se distribuer les rôles du consul (qui gouverne) et du tribun (qui parle au nom du peuple) ? Et pour cela, promouvoir le dialogue plutôt que l’anathème, la recherche d’accords de fond plutôt que du plus petit dénominateur commun, le respect des différences qui enrichit plutôt que la recherche de l’hégémonie qui appauvrit, l’intervention de la “base” – même et surtout non encartée – plutôt que les projets imposés d’en haut ? Le peuvent-elles ?

Le peuvent-elles ?

Poser deux fois la question, c’est laisser deviner l'absence de réponse ! Elle est en grand débat au sein même de « la gauche ». C'est pourtant la troisième ligne, "l'union de la gauche", une union cette fois progressiste et respectueuse de ses diverses composantes.

Mais, la démocratie, ce n’est pas la droite contre la gauche ou inversement. La démocratie ne résulte pas principalement de la pluralité des partis mais surtout de la pluralité des projets qui ne peut émerger que de l’irruption du peuple tout entier dans le débat. Avec l’intervention directe des citoyens, il doit devenir possible de dégager des majorités dépassant largement l’absurde 51/49. L’unanimité est quand même le but ultime de la démocratie (n’est-ce pas Jean Jacques ?) puisque celle-ci doit théoriquement permettre de déterminer l’intérêt général, lequel n’est pas représenté par l’avis de 51 ou 53 citoyens contre l’avis des 49 ou 47 autres.

Une nouvelle démocratie (6e République ?) exige que la France recouvre sa souveraineté. Cette exigence impose, côté négatif le retrait de l’Euro, de l’UE, de l’OTAN, et de toutes les organisations de la mondialisation impériale, et côté positif la détermination d’objectifs institutionnels et sociaux fondant une nouvelle unité nationale. Il est incontestable que peuvent sur cette base et en toute clarté, chacun conservant, pour l'étape suivante, son option « gauche » ou son option « droite », se rassembler des citoyens appartenant à des champs idéologiques très différents.

Si nous regardons dans la direction de l’avenir, sans oublier le passé mais sans en être prisonnier, alors nous pourrons peut-être nous unir entre nous et avec le monde. Justement, les dangers du monde actuel - issus pour l'essentiel de la mondialisation impériale avec ses aspects économiques, politiques et militaires -, les risques qui pèsent sur notre terre, la nouvelle ligne que cette réalité trace entre réformes et révolution, n’indiquent-ils pas que le moment est venu de se fixer l’horizon de cette « union des forces du travail et de la culture » évoquée en d’autres temps par Santiago Carillo ?

L’union n’uniformise pas, au contraire elle différencie, elle “super-personnalise” (Teilhard de Chardin) en permettant à chacun d’exprimer le meilleur de lui-même; l’union n’additionne pas seulement, “elle produit”, elle est plus, autre et mieux que la somme des éléments qui la composent.

Rassemblons-nous pour préparer, dans une France où “la politique ne se décide pas à la corbeille” (Charles De Gaulle), un avenir qui ait du sens pour chacun et pour tous, un avenir “à visage humain” (selon la belle formule du Printemps de Prague en 1968).

L’immobilité, le statu-quo, la guerre des tranchées, la défense des positions acquises (surtout électorales) comme seule tactique, le repli sur soi, cela ne suffira pas pour endiguer et faire refluer la vague de la mondialisation impériale subie et construire un avenir. Le mouvement comporte un risque, c’est un pari que de croire que “tout ce qui monte converge” (Teilhard) mais l’immobilisme est pire car ne pas avancer dans ce monde c’est reculer. N’attendons pas d’être d’accord sur tout pour nous mettre en chemin.

Beaucoup de femmes et d’hommes, de « gauche » ou de « droite », militants syndicaux et associatifs, athées ou « croyants », partagent la commune espérance d’un monde où l’individualisme, “la concurrence de tous contre tous”(le « monothéisme du marché », disait Garaudy), les égoïsmes et les dominations de classe, de nation, de religion ou de race, la sacralisation du passé seraient remplacés par la compréhension, la coopération, la cogestion, l’invention collective de l’avenir. Et pensent que pour que le pays où ils vivent, la France, joue dans le monde un rôle conforme à cette exigence, elle doit d’abord retrouver, avec la souveraineté de son peuple, sa liberté d’action.

C'est la quatrième ligne, "nationale internationaliste".

Cette ligne dite couramment "souverainiste" n'est pas majoritaire pour l'instant, ni à droite ni à gauche. Ceux qui la prônent, sous diverses formes, sont en butte aux railleries ou à de violentes et parfois injurieuses attaques. "Souveraineté", "indépendance", "nation", "peuple", sont devenus pour certains des gros mots. Mais souveraineté n'est pas séparable de république, c'est la reconquête de la démocratie par le peuple; indépendance n'est pas repli sur soi mais auto-détermination de la nation par rapport à la mondialisation impériale et ses instruments, l'internationalisme nécessaire étant pleinement assumé dans un monde aujourd'hui UN.

Article publié le mois dernier sur mon blogSi la droite la plus réactionnaire (la plus favorable à un retour en arrière économique et social) est désormais, ainsi qu’elle le proclame, “décomplexée”, affirmant haut et fort le socle foncièrement individualiste de ses valeurs avec la politique de jungle qui en découle, la « gauche », par contre, de renoncements en divisions, n’est plus audible par les classes populaires.

Habillée du blanc de la pureté par les spécialistes du marketing politique, servie par les talents personnels et l’ambition d’hommes prêts à tout pour accéder au pouvoir et le conserver, faisant appel d’abord à la peur - peur de l’étranger, peur de la “racaille” et de la violence, peur des actionnaires et des rentiers pour leurs sous -, martelée par les plus importants medias, la politique imposée par les capitalistes s’est emparée des “masses”. Les idées dominantes, avec les moyens modernes de propagande, sont plus que jamais les idées de la classe dominante (Marx) !

La « gauche » parlementaire a pour l’essentiel, sous les drapeaux mêlés de l’Union Européenne et des USA, rallié le capitalisme et la “démocratie de marché” qui va avec.

Pourtant la « gauche » avait dans le passé porté les principales luttes de notre peuple: les Révolutions de 1789, 1830 et 1848, les Communards de 1871 dont le général de Gaulle,éminent homme de droite, reconnaissait qu’ils avaient “assumé la France”, le Front populaire de 1936, 1945 et l'application du programme du Conseil National de la Résistance par un gouvernement comprenant des ministres allant de l'extrême droite aux communistes en passant par toutes les couleurs de l'arc en ciel politique et idéologique, mai 68 et ses millions de grévistes. Ces mouvements et d’autres ont apporté à notre peuple des conquêtes matérielles et morales dont nous avons toujours besoin: souveraineté nationale, république démocratique et sociale, droits de l’homme et du citoyen.

Mais aujourd’hui, pour paraphraser Victor Hugo, si la gauche sait pour une partie d'entre elle d’où elle vient, elle ne sait pas où elle va.

La gauche « socialiste et social-démocrate », obnubilée par la ligne jadis fixée par Léon Blum de “ gérants loyaux du capitalisme”, n’en peut plus des concessions au “marché”, au libéralisme, au patronat. Quasiment indistincte de la droite libérale, sauf sur quelques sujets "sociétaux", elle peut continuer, c'est la première ligne.

La gauche « de gauche », mélange des gauches “protestataire” et “révolutionnaire” (la distinction est de Régis Debray), a manifestement oublié que le parti n’est pas une fin en soi mais un moyen au service d’une cause. Le “parti” d’ailleurs n’est pas forcément celui (ou ceux) qui existe(nt) déjà. Naissant, comme toujours, “du sol de la société moderne” (Marx), sans doute doit-il pour survivre muter en une forme inédite, plus réseau transversal coordonné que parti au sens strict groupé autour de professionnels de la politique (élus surtout et permanents). La gauche "radicale" devenant majoritaire au sein de l'ensemble nommé "gauche", c'est l'espoir de certains, c'est la seconde ligne.

Faut-il se résigner à regarder les socialistes et leurs alliés se perdre par « macronisation » ou « bayroutisation » ? Faut-il se résigner à subir les éternelles guerres de chapelles communistes, trotskistes ou « socialistes frondeuses ». Les deux gauches peuvent elles encore se rencontrer dans l’exercice des responsabilités plutôt que de continuer à se distribuer les rôles du consul (qui gouverne) et du tribun (qui parle au nom du peuple) ? Et pour cela, promouvoir le dialogue plutôt que l’anathème, la recherche d’accords de fond plutôt que du plus petit dénominateur commun, le respect des différences qui enrichit plutôt que la recherche de l’hégémonie qui appauvrit, l’intervention de la “base” – même et surtout non encartée – plutôt que les projets imposés d’en haut ? Le peuvent-elles ?

Le peuvent-elles ?

Poser deux fois la question, c’est laisser deviner l'absence de réponse ! Elle est en grand débat au sein même de « la gauche ». C'est pourtant la troisième ligne, "l'union de la gauche", une union cette fois progressiste et respectueuse de ses diverses composantes.

***

Mais, la démocratie, ce n’est pas la droite contre la gauche ou inversement. La démocratie ne résulte pas principalement de la pluralité des partis mais surtout de la pluralité des projets qui ne peut émerger que de l’irruption du peuple tout entier dans le débat. Avec l’intervention directe des citoyens, il doit devenir possible de dégager des majorités dépassant largement l’absurde 51/49. L’unanimité est quand même le but ultime de la démocratie (n’est-ce pas Jean Jacques ?) puisque celle-ci doit théoriquement permettre de déterminer l’intérêt général, lequel n’est pas représenté par l’avis de 51 ou 53 citoyens contre l’avis des 49 ou 47 autres.

Une nouvelle démocratie (6e République ?) exige que la France recouvre sa souveraineté. Cette exigence impose, côté négatif le retrait de l’Euro, de l’UE, de l’OTAN, et de toutes les organisations de la mondialisation impériale, et côté positif la détermination d’objectifs institutionnels et sociaux fondant une nouvelle unité nationale. Il est incontestable que peuvent sur cette base et en toute clarté, chacun conservant, pour l'étape suivante, son option « gauche » ou son option « droite », se rassembler des citoyens appartenant à des champs idéologiques très différents.

Si nous regardons dans la direction de l’avenir, sans oublier le passé mais sans en être prisonnier, alors nous pourrons peut-être nous unir entre nous et avec le monde. Justement, les dangers du monde actuel - issus pour l'essentiel de la mondialisation impériale avec ses aspects économiques, politiques et militaires -, les risques qui pèsent sur notre terre, la nouvelle ligne que cette réalité trace entre réformes et révolution, n’indiquent-ils pas que le moment est venu de se fixer l’horizon de cette « union des forces du travail et de la culture » évoquée en d’autres temps par Santiago Carillo ?

L’union n’uniformise pas, au contraire elle différencie, elle “super-personnalise” (Teilhard de Chardin) en permettant à chacun d’exprimer le meilleur de lui-même; l’union n’additionne pas seulement, “elle produit”, elle est plus, autre et mieux que la somme des éléments qui la composent.

Rassemblons-nous pour préparer, dans une France où “la politique ne se décide pas à la corbeille” (Charles De Gaulle), un avenir qui ait du sens pour chacun et pour tous, un avenir “à visage humain” (selon la belle formule du Printemps de Prague en 1968).

L’immobilité, le statu-quo, la guerre des tranchées, la défense des positions acquises (surtout électorales) comme seule tactique, le repli sur soi, cela ne suffira pas pour endiguer et faire refluer la vague de la mondialisation impériale subie et construire un avenir. Le mouvement comporte un risque, c’est un pari que de croire que “tout ce qui monte converge” (Teilhard) mais l’immobilisme est pire car ne pas avancer dans ce monde c’est reculer. N’attendons pas d’être d’accord sur tout pour nous mettre en chemin.

Beaucoup de femmes et d’hommes, de « gauche » ou de « droite », militants syndicaux et associatifs, athées ou « croyants », partagent la commune espérance d’un monde où l’individualisme, “la concurrence de tous contre tous”(le « monothéisme du marché », disait Garaudy), les égoïsmes et les dominations de classe, de nation, de religion ou de race, la sacralisation du passé seraient remplacés par la compréhension, la coopération, la cogestion, l’invention collective de l’avenir. Et pensent que pour que le pays où ils vivent, la France, joue dans le monde un rôle conforme à cette exigence, elle doit d’abord retrouver, avec la souveraineté de son peuple, sa liberté d’action.

C'est la quatrième ligne, "nationale internationaliste".

Cette ligne dite couramment "souverainiste" n'est pas majoritaire pour l'instant, ni à droite ni à gauche. Ceux qui la prônent, sous diverses formes, sont en butte aux railleries ou à de violentes et parfois injurieuses attaques. "Souveraineté", "indépendance", "nation", "peuple", sont devenus pour certains des gros mots. Mais souveraineté n'est pas séparable de république, c'est la reconquête de la démocratie par le peuple; indépendance n'est pas repli sur soi mais auto-détermination de la nation par rapport à la mondialisation impériale et ses instruments, l'internationalisme nécessaire étant pleinement assumé dans un monde aujourd'hui UN.

Alain Raynaud
                                                                                                  Article publié sur mon blog

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