Rencontre Poutine Hollande: conférence de presse 26/11/15 - Vidéos et analyses

Un exposé clair... Une "synthèse"... Puis un commentaire éclairé. Pour ma part je n'y ajouterai qu'une petite observation: je me joins à l'hommage rendu par Jacques Deville au professionnalisme d'une de nos journalistes français...

Extraits sous-titrés de la conférence de presse de Vladimir Poutine et de François Hollande

...  lors de  la visite de ce dernier à Moscou le 26 novembre 2015.
Vous trouverez l'intégralité de la conférence sur la chaîne RT France avec une traduction simultanée en français (non sous-titrée)

V. Poutine et F. Hollande, conférence de presse (extraits sous-titrés) © Thalie

( https://www.youtube.com/watch?v=yRNkCl2svdA&feature=youtu.be )

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 Vidéo de l'intégralité de la conférence de presse et article l'accompagnant  :

Poutine : Impossible que la Turquie ignore l’arrivée incessante de pétrole en provenance de Daesh
sur https://francais.rt.com/international/11139-conference-francois-hollande-daesh-lutte

26 nov. 2015, 20:34

 

La conférence de presse de François Hollande et Vladimir Poutine © R T France

( https://www.youtube.com/watch?v=N-55E2aPADA#action=share  )

Dès son retour de Washington, le président français s’est rendu jeudi en Russie pour s’entretenir avec son homologue russe sur la lutte contre Daesh. Juste après leur rencontre les deux dirigeants tiennent une conférence de presse conjointe.

Sur la coopération franco-russe dans la lutte contre Daesh

François Hollande : «Nous [la France et la Russie] avons convenu de renforcer notre travail dans la lutte contre le terrorisme».

Trois points essentiels sur lesquels Poutine Hollande se sont accordés lors de leur rencontre :

  • Augmenter les échanges d'informations et de renseignements de toute nature entre les forces des deux pays
  •  Intensifier les frappes contre Daesh, notamment sur le transport du pétrole, des frappes qui feront objet d’une coordination pour augmenter leur efficacité.
  •  Les forces luttant contre Daesh et les groupes terroristes ne doivent pas être visées par les actions de deux pays. Seuls les groupes terroristes et Daesh doivent être ciblés.

Sur le crash du SU-24

Vladimir Poutine : «Les forces armées turques n’ont pas pu ne pas distinguer l’origine de l'avion, c’est exclu et impossible. Ils ont des signes d’identification parfaitement visibles.»

Un SU-24 russe
Source: Sputnik     Un SU-24 russe

Sur l’annonce d’Erdogan indiquant que la Turquie ne fait pas de commerce de pétrole avec Daesh

Vladimir Poutine : «Depuis le ciel, on voit des véhicules transportant le pétrole, allant en Turquie, c’est comme un tuyau de pétrole vivant. Il s’agit d’exportation de pétrole en grands volumes, provenant des territoires de Syrie occupés par les terroristes».
Il est peu probable que les dirigeants de la Turquie ignorent ce qui se passe.
«Théoriquement c’est possible, mais cela reste difficile à croire. Si les pouvoirs turcs éliminent ces «tuyaux», on ne voit pas de fumée témoignant de la destruction du pétrole».

 

Pour #Erdogan, Bachar #elAssad et ses soutiens financent et fournissent #Daesh en armes https://t.co/Kp2f7uvd7Q pic.twitter.com/oy8S5o9xc1

— RT France (@RTenfrancais) 26 Novembre 2015

 

Sur le financement de Daesh à travers la contrebande du pétrole

François Hollande : «Il faut frapper Daesh là où il y a des centres d’entraînement, ainsi que ses sources d’approvisionnement, ses recettes et notamment le pétrole. Nous allons continuer à frapper ses véhicules de pétrole et ses lieux d’exploitation de ressources pétrolières qui servent à Daesh de source de financement.»

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Hollande n’a pas fait le poids devant Poutine !

... et pour conclure, un article d'un commentateur éclairé, repris par BUSINESSBOURSE
( http://www.businessbourse.com/2015/11/27/hollande-na-pas-fait-le-poids-devant-poutine/#comment-2476 )

Le 27 nov 2015 à 23:30:04

Hollande Poutine 3

Nous avons assisté aux différentes allocutions et explications présentées par Hollande et Poutine lors de leur rencontre à Moscou.

Il n’est pas question pour nous de tomber dans la béatitude dont certains médias français et belges ont fait preuve à l’égard de Hollande, suite à cette entrevue.

Certains des commentateurs n’ont pas joué heureusement, à l’encensoir du Président français. Nous prenons l’exemple de Natacha Polony qui a fait du vrai journalisme, et qui ose dire les vérités. On devrait beaucoup plus écouter cette femme qui est une grande professionnelle.
Certaines chaînes d’informations françaises que nous ne citerons pas, ont mis deux heures pour soi-disant « décrypter » les échanges et les décisions en embellissant très fortement la position de François Hollande.
Comme si les citoyens n’étaient pas capables de tirer eux-mêmes les conclusions. Honte à certains journalistes de prendre les gens pour des demeurés.

Croiseur Russe

Un croiseur russe au large de la Syrie, prêt à neutraliser toute menace

 En réalité Hollande s’est piégé lui-même, s’arc-boutant sur « Nous ne voulons plus du méchant Bachar Al-Assad », et le sempiternel «il y a de bons rebelles» qu’on ne peut pas frapper.

Il s’est tellement répété à ce sujet qu’il en était pathétique. Un petit garçon, jouant dans un bac à sable et ne voulant pas lâcher son jouet. 
Poutine a été d’une clarté extrême. Lui, c’est un vrai stratège et nous le sentons bien qui ne fera pas de quartier et ne se repliera pas dans un angélisme dégoulinant.

Nous résumons.
Les deux présidents se sont révélés être aux antipodes l’un de l’autre, avec de très légères nuances.
Le Président Russe est d’accord pour un échange d’informations entre la Coalition et les militaires russes, mais il n’y aura pas de commandement unifié.
Autrement dit, s’il est possible que l’aviation russe se concentre un peu plus sur daesh, il n’est pas question d’interrompre ses frappes sur tous les terroristes. Vladimir Poutine ne fera pas de distinction entre bons et mauvais rebelles.
Il ne faut surtout pas oublier que les Russes en sont à plusieurs centaines de frappes par semaines et en deux mois ont réalisé beaucoup plus de sorties et de destructions que la fausse coalition en 15 mois. 

Il est revenu sur la traîtrise des Turcs qui ont abattu un de ses avions. Plusieurs sources ont confirmé que l’avion était dans le ciel syrien et qu’il n’y a pas eu de sommation.
Poutine a d’ailleurs expliqué clairement que son armée avait mis en place des batteries de missiles S-400 sol-air en Syrie. A la question des journalistes s’étonnant de la présence de ces armes de très longue portée, Vladimir Poutine a répondu qu’il répliquerait à toute attaque de qui que ce soit.
Nous avons compris qu’il visait les Turcs. 
Suite à la question de journalistes, concernant la destruction par l’aviation d’un convoi de camions turcs qui s’acheminait en Syrie, Poutine a expliqué qu’il a fait détruire ce convoi puisque personne ne l’avait informé qu’un charroi humanitaire était prévu. C’est d’une logique implacable, car si ce n’est pas annoncé, il s’agit d’un convoi d’armes et de munitions.
Il a confirmé que la zone où s’était crashé son avion, avait été « nettoyée ».  
C’était un avertissement très clair pour les Turcs :  Vladimir Poutine ne laissera rien passer.

La conclusion est simple, tenant compte de l’attitude de Barack Obama qu’il avait rencontré en début de semaine et devant la réalité des positions dures, à juste titre, de Poutine, Hollande s’en retourne avec un résultat proche de zéro.
C’est normal, on ne s’improvise pas « joueur d’échec géopolitique ». Tenir ses positions sur Bachar Al-Assad est une faute lourde de conséquence pour le futur de la Syrie.  Car le règlement politique de cette affaire, contrairement à ce que tous les occidentaux ânonnent, n’est pas proche.

Les Russes privilégient des frappes extrêmement lourdes appuyant des efforts militaires au sol. 
Pour nous ils sont déjà les vainqueurs en Syrie à moyen terme.
Pour compléter l’arsenal impressionnant, des submersibles russes lanceurs d’engin sont arrivés en méditerranée orientale, ainsi que le croiseur lance-missiles Moskva (voir photo). Un navire de guerre dont la puissance de feu est considérable. 
Comme écrit dans d’autres articles, Poutine tient les bonnes cartes en Syrie.

JACQUES DEVILLE

SourceSiècle21 Eeuw21

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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