La classe politique à Marseille, une drôle de bouillabaisse!!!(épisode 1)

Ayant  milité au PSU, je suis rentré au Parti socialiste en 1986, après la défaite aux législatives et la mort de Gaston Deferre.

Le vieux lion et les jeunes loups:

Gaston Defferre règne sur Marseille mais aussi sur le département depuis la fin de la guerre. Patron des deux quotidiens locaux, "Le Provençal" et "le Méridionnal", son pouvoir est sans partage. Il fait et défait les carrières politiques, gouverne avec la droite (jusqu'en 81, Gaudin sera son adjoint), n'a pour opposant que les communistes auxquels il voue une solide détestation: "je préfére mille bombes sur Moscou qu'une seule sur Marseille!" L'union de la gauche sera pour lui une pillule bien amère...Ce long règne va donner naissance à une classe politique d'une formidable médiocrité, à quelques exceptions près. En effet, un des fondements du principe clanique est, lorsqu'on arrive au pouvoir, d'éliminer toute éventuelle concurence, donc de ne promouvoir que ceux qui ne peuvent pas vous faire de l'ombre...

Dans le milieu des années 80, le système se fissure, Gaston , vieillissant, perd un peu de son remarquable sens stratégique... Une meute de jeune loups remet en question le fonctionnement quasi-monarchique de la Fédération. A leur tête, un homme brillant, longtemps "Dauphin" de Gaston, Michel Pezet.  Il est entouré d'autres jeunes loups, moins brillants mais tout aussi déterminés: Bernardini, Ménucci, Bismuth, Vidal etc....

Le clash se produit en 1986: rentrant chez lui, Gaston Deffere s'effondre, mort. Que s'était il passé? Pour la première fois de sa longue carrière, Gaston est mis en minorité par "son" Conseil Fédéral, il ne le supportera pas...Pourtant, le sujet n'est pas, à priori, d'une importance majeure: il s'agit d'élire le remplaçant de Pezet au poste de premier secrétaire fédéral, celui ci , élu député, ayant démissionné en respect des règles du Parti. Cette question n'aurait pu être qu'anecdotique, elle devient le champ de bataille où s'affrontent les deux clans: les jeunes loups contre le vieux lion... Chacun à son candidat et les débats , houleux, durent une partie de la nuit... Au final, les jeunes loups gagnent et le vieux lion en meurt. Les vainqueurs ne savent pas encore qu'ils ont remportés une victoire "à la Pirrhus" et que Gaston Deferre mort sera nimbé aux yeux des marseillais d'une oréole de sainteté. Ils auront "tué le père" et le paieront lourdement dans les scrutins suivants... (à suivre)

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