Boredoms, Acid Mother Temple, OOIOO, Ruins... Les groupes japonais contemporains proposent une musique parmi les plus originales, inventives et visionnaires qui soient. Pour la plupart des occidentaux, ces groupes semblent sortir de nulle part, d'autant plus qu'on sait le Japon envahi par la pop ultra kitsch et commerciale lancée en pâture à des adolescents en mal d'idoles. Pour autant, cette face n'est que la partie émergée de l'iceberg. La partie immergée, c'est-à-dire underground, propose un catalogue d'artistes impressionnants d'inventivité. On est alors en droit de s'interroger, historiquement parlant, sur l'origine d'une telle scène japonaise ayant réussi contre toute attente à se défaire d'une production effrénée de fac-similé de rock occidental. On trouvera des éléments de compréhension en suivant le parcours atypique de Yuya Utchida, musicien fondateur d'un groupe dont la musique révolutionnaire donna une impulsion d'ampleur nationale à l'underground du pays du soleil levant ; j'ai nommé le Flower Travellin Band.