Réalisateur Marco Bellocchio
Date de sortie 10.04.2013
Durée 1h50
par François Corda et Jacques Danvin
Après Vincere en 2009, Marco Bellocchio a réalisé La Belle Endormie, sorti le 10 avril de cette année. Ce film n’a pas ébloui la rédaction, mais selon le point de vue adopté, il vaut quand même le détour ou au contraire il est à éviter. C’est ce dont témoignent nos commentaires laissés sur la page L’actu et que nous reproduisons tout en bas de cet article (*). Ce duel entre François et Jacques cherche à préciser ces deux points de vue et vous offre la possibilité d’y réagir.
FC : Jacques, je crois qu’on est d’accord sur le fond, La Belle Endormie est un film inégal. Cependant, tu sembles voir le verre à moitié plein là où je le vois à moitié vide. Alors, commençons par le commencement : qu’est-ce qui t’a séduit dans le nouveau film de Marco Bellocchio ?
JD : L’ambition avant tout. Qu’on retrouve tout particulièrement dans la forme narrative qu’a choisie Bellocchio. Son côté « film choral » permet de multiplier des points de vue et des discours sur un sujet de société aussi compliqué et perturbant que peut l’être l’euthanasie. Et ce faisant, il y a une sorte d’effet anesthésiant bienvenu je trouve pour le spectateur. L’empathie est assez faible au final dans La Belle Endormie, tu ne trouves pas ? Ce sont les personnages qui éprouvent les tensions émotionnelles, pas vraiment le spectateur. Pour ma part je trouve le procédé intelligent quand il s’agit de produire une prise de recul immédiate, pendant le film, avec la dimension fortement émotionnelle de l’euthanasie.