par Martin Souarn
L’histoire de Disco Inferno est façonnée par le conflit qui secoue les britanniques dans la première moitié des années 90. C’est-à-dire non pas, comme on pourrait le penser, la rivalité puérile Blur versus Oasis, mais bien celle qui oppose la middle-class brit-popeuse à la working-class. Le troisième mandat de la dame de fer Margaret Thatcher touche à sa fin, et l'Angleterre des ouvriers mettra très longtemps à s'en remettre, tant économiquement que socialement. Sur ce dernier point, l'écart de mode de vie et de mentalité entre les classes est criant, la mode britpop en étant la parfaite illustration. Poses, recyclages, drogues, passéisme ; autant d'éléments qui caractérisent une génération anglaise de petite bourgeoisie insouciante. Tout l'inverse, en somme, de l'histoire et de la vision de Disco Inferno. Ian Crause, cerveau du groupe, petit gros trop malin pour son bien, se présente comme l’archétype du gamin seul contre le monde, bousculé par ses camarades, racketté à tous les coins de rue, miné par ses parents et par l’école. On a vu apparaître des génies pour moins que ça…