Etre un intellectuel

Laurent Bigorgne le considère comme un ami proche et précise l’avoir rencontré dix ans auparavant. Il ne tarit pas d’éloges sur l’intelligence de celui dont il vante aussi « l’immense modestie » et la « probité intellectuelle ».

Selon son ami Laurent Bigorgne, Jean-Michel Blanquer est un passionné qui a renoncé à son confort personnel pour assumer l’un des postes les plus exposés et les plus difficiles. « Il a les tripes pour ça. Vous connaissez beaucoup de politiques qui rêvent de devenir ministre de l’éducation nationale ? »

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J'aime cet argumentaire fallacieux, typique des "intellectuels français" dont fait soi-disant partie le sacré Laurent Bigorgne, membre de l'institut Montaigne "think tank indépendant" dont la "vocation est d’élaborer des propositions concrètes dans les domaines de l’action publique, de la cohésion sociale, de la compétitivité et des finances publiques". Le rapport avec l'éducation nationale ? Il n'y en a aucun. Je ne sais pas à quel moment les "intellectuels" prendront conscience que le fait d'être "intelligent" n'explique pas tout. On peut être intelligent et inapte à exercer une fonction. Prenez deux frères de 13 et 12 ans pour exemple : le premier est "doué" en mathématiques, le second ne l'est pas ; En tant que parent, vous satisferiez-vous d'une explication ainsi posée par leurs professeurs : votre ainé est intelligent, d'où sa capacité à comprendre les mathématiques. Votre cadet n'est pas intelligent d'ou son incapacité à résoudre les mathématiques.

D'ailleurs, lequel est apte à jouer de la cithare sachant qu'aucun des deux ne sait ce dont il s'agit ?

Jean-Michel Blanquer est peut-être intelligent pour certaines choses mais je doute qu'il soit compétent. Être à la tête du ministère de l'éducation nationale demande plus que d'être "intelligent".

Concernant son prétendu courage, je demande à voir. Il y aura toujours quelqu'un, Blanquer ou un autre, qui tentera d'ajouter son grain de sel à chaque nouveau quinquennat, au grand damne du bon sens et de l'intérêt du corps enseignant mais aussi des élèves.

A quand un ministre de l'éducation nationale issu du corps professoral, qui a l'expérience de l'école, de la vie en classe, qui a déjà eu des parents d'élèves et les inspecteurs sur le dos ? Le dernier en date était Vincent Peillon qui a enseigné en lycée. Jean-Michel Blanquer lui voit la réalité avec le prisme du politique : l'école est une machine qui engendre des dépenses, trop de dépenses. Quand on est recteur d'académie, on y connait quoi à l'école ?

Que Blanquer s'essaye à l'enseignement, avec des classes de maternelle, de primaire, de collège et là ce sera du courage. Il peut tout aussi bien s'essayer à vivre la vie d'un smicard qui était élève lui aussi un jour. Après tout par le jeu des "think tank" de l'institut Montaigne et des autres spécialistes de l'éducation, ne dit-on pas élève un jour, smicard toujours ?

Salutations cordiales aux milliers d'experts de l'école.

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 Je voulais juste publier à nouveau mon commentaire à propos de l'article "Jean-Michel Blanquer, «un conservateur 2.0» à l’Education nationale" par Faïza Zerouala du 2 septembre 2017. Que cela m'aide à me souvenir que la politique m'horripile et que le politique m'exècre. 

Bien à moi.

Paul FARKAS

 

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