Le rêve chinois

Avec ses yeux noisette, sa tignasse et ses épaules carrées, cet homme a de l’allure. Chaque matin, discrètement, il soulève des montagnes de cartons et des tonneaux de restes alimentaires, jusqu’à son camion. Le poids-lourd se gare juste derrière l’hôtel Jianguo, dans une ruelle en pente à côté du Starbucks de la station de métro Yonganli, sur Chang’an.

Malgré cette odeur qui empeste et même si notre homme est en nage, les petits employés de l’hôtel le regardent avec admiration. Car son histoire est une ascension dont ils connaissent le moindre détail. La voici, telle qu’elle fut racontée ce matin, à Lei et moi: “Avant ce gars-là était un champion de kung-fu. Parce qu’il est très beau, la télévision l’invitait régulièrement. Il a même participé au Gala du Nouvel An Chinois sur CCTV, vous vous rendez-compte ! Mais ça ne lui rapportait pas suffisamment d’argent pour nourrir sa famille, alors il s’est mis à ramasser les ordures. Après 5 ans, c’est lui le patron. Il n’a pas l’air comme ça mais il possède 4 ou 5 camions et emploie une vingtaine de personnes“.

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