Les fermes d'Etat chinoises bientôt en U.E.

Ceux qui ont déjà mis le nez à Tianjin savent ce que le mot pollution signifie. A 180 km de Pékin, le fleuron de l'industrie chinoise y est dignement représenté et l'urbanisation galopante n'arrange rien. Du coup, lorsqu'il n'est plus possible de faire pousser le moindre épi de maïs sur place...

Ceux qui ont déjà mis le nez à Tianjin savent ce que le mot pollution signifie. A 180 km de Pékin, le fleuron de l'industrie chinoise y est dignement représenté et l'urbanisation galopante n'arrange rien. Du coup, lorsqu'il n'est plus possible de faire pousser le moindre épi de maïs sur place...

... rien ne vaut les terres arables bulgares ! La municipalité de Tianjin vient de signer un contrat de dix millions d'euros avec les autorités bulgares pour pouvoir cultiver maïs, tournesol et fourrage sur 2000 hectares autour du village de Boynitsa, dans la région de Vidin et à deux pas de la frontière serbe. Vingt millions d'euros supplémentaires pourraient être "signés" dans la foulée pour y faire de l'élevage bovin. Côté chinois, c'est une première mais une "petite" info qui n'apparaît que dans la presse locale. Côté européen... rien. Pour ne pas irriter la Commission Européenne?

La Bulgarie, un des 27 membres de l'Union européenne, est à ce titre bénéficiaire des subventions de PAC (Politique agricole commune). En échange, elle devient peu à peu l'eldorado des exploitants agricoles européens (et notamment français) libres d'y louer et cultiver des terres. Conscient du filon, le pays a augmenté de 24% son volume de terres cultivables depuis 2007.

Mais pas à n'importe quel prix. Début novembre, le ministre bulgare de l'Agriculture s'est par exemple opposé à ce que l'attribution des aides européennes de la PAC soit conditionnée à un ratio de 30% de production "verte".

Bio ou pas, les fermes d'Etat chinoises planteront donc leurs graines dans l'UE. Cet accord ne précise pas si l'exploitation de ces terres se fera avec de la main-d'œuvre chinoise ou locale, avec des semences OGM ou non, avec des engrais européens ou pas sachant que ces derniers n'ont quasimment pas accès au marché chinois. Enfin, on peut se demander si les consommateurs de Tianjin ne risquent pas d'être lésés par un label "CE" ou "Made in Eu" tout relatif.

La Chine - 1,4 milliard d'habitants - est de plus en plus confrontée au problème de sécurité alimentaire, notamment causée par la disparition des terres arables au profit de l'urbanisation. D'où l'intérêt de cultiver ailleurs ses propres légumes. 60% de son huile de soja est actuellement fabriquée à l'étranger, par des entreprises 100% chinoises comme le géant Cosco. Voir un ancien billet sur le sujet ici http://twurl.nl/limdp2

 

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