jordi gomez (avatar)

jordi gomez

Abonné·e de Mediapart

2 Billets

0 Édition

Billet de blog 19 avril 2008

jordi gomez (avatar)

jordi gomez

Abonné·e de Mediapart

LANGAGE ET CHAOS POLITIQUE

jordi gomez (avatar)

jordi gomez

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

L’Elysée est une drôle d’institution. Si nous la considérons dans son aspect pratique, elle semble pouvoir se muer d’une institution-chose et opaque à une institution-vivante (M. Hauriou) incarnant l’action, le mouvement, le panache. Elle se transfigure, selon les caractères de ces tenanciers, d’un lieu vide de pouvoir à un lieu du pouvoir spectralisé. Structurellement, les premiers mois de la présidence Sarkozy ont surcodé le château d’images maîtrisées du dynamisme incarnant de la sorte le passage d’une maison de repos à un équipement sportif, d’un édifice institutionnel nous le voyons, les discours du président ne sont plus connectés comme avant à la potentialité d’un changement pratique et matériel mais ils s’en éloignent comme une ritournelle étourdissante. Des mots qui croyaient faire ce qu’ils disent, à des mots qui tombent dans l’abîme d’un pouvoir démythifié. Accompagnée d’un recentrage sur des activités « qualifiantes », la pause dans le débit de parole marque une requalification du rôle même du Président. Maintenant, il se tait et se recueil dans les vertus régaliennes du pouvoir ; au final, dans l’incarnation des restes du pouvoir. Les sémiologues auront noté l’utilisation croissante du « je ». Il passera sans doute à l’usage du « nous ».

Ainsi, sans nier à l’évidence toute effectivité et opérationnalité dans la gestion publique, ou sans réduire tout pouvoir à une pure représentation imagée, à une abstraction, on ne doit peut nier la composante primaire du champ politique, la parole. Cette parole qui semble de plus en plus « sale » nous dirait G. Deleuze.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.