Edouard la réprime!

Parler pour ne rien dire, c'est la ligne officielle du gouvernement. Celles et ceux qui attendaient des propositions de sortie de crise en sont pour leur frais. A part de nous concocter une énième loi répressive, le premier ministre demeure muet, sourd et aveugle au mouvement social des gilets jaunes. Après nous avoir seriné que celui-ci s'éffrite et s'éteint, le voilà qui reste pantois devant l'élargissement du mouvement. Je l'ai souvent indiqué ce gouvernement ne joue plus son rôle. Il connaît  nos revendications résumées en 4 questions sociales, environnementales, fiscales et démocratiques. A lui de choisir les revendications aptes à faire baisser la tension. C'est sa responsabilité. S'il n'est pas capable de gouverner, qu'il remette sa démission au chef de l'État.

Pareil pour les parlementaires "la république en marche" qui  plutôt que de papoter sur un éventuel débat public soi disant pour apprendre les revendications de la population devraient légiférer en urgence sur l'augmentation du Smic, des minima sociaux et l'indexation des retraites sur l'inflation. Pourquoi cette loi? C'est le seul  moyen qui existe pour augmenter le pouvoir d'achat des salaires et pensions. Ensuite s'ouvriraient des négociations salariales entre patronat et syndicats. 

Je propose la somme de 130€ mensuels dans un premier temps comme l'ont obtenu les policiers après seulement 6h d'action. Ce serait équitable et les plus démunis sortiraient la tête hors de l'eau. Certains ne mesurent pas toujours combien une telle augmentation ferait du bien au mouvement qui engrangerait une première victoire après des années de défaites sociales, les dernières étant la grève  de la Sncf et la loi travail.

Nous sommes devant un problème: comment  faire descendre dans nos manifs et nos assemblées les citoyens qui nous soutiennent "virtuellement" et qui nous regardent à la télé ou de leurs fenêtres? Et les quartiers populaires? Pourtant la Seine Saint Denis est un des départements les plus jeunes et le département  le plus pauvre. Je constate l'absence de ces catégories dans le mouvement. Beaucoup de travail nous attend pour les convaincre. Mes premières impressions indiquent me semble-t-il un problème de défiance ou de manque de confiance entre nous. Peut-être de la peur, souvent de la méconnaissance. Pourtant de nombreuses problématiques nous sont communes. A travailler sérieusement.

Malgré tout, le mouvement s'ancre  et s'élargit dans les villes et villages du pays. Les mesures gouvernementales soulèvent colère, amertume, déception pour de nombreuses personnes. Des électeurs de Macron commencent à douter de leur choix électoral. Certains se retrouvent avec nous sur les ronds-points ou dans nos assemblées citoyennes. Ils y sont les bienvenus. D'autres mouvements s'agrègent à l'action:  des enseignants stylos rouges, des agriculteurs, quelques gilets rouges et  gilets blancs syndicalistes, lycéens en colère après "parcours sup", les gilets roses des  assistances maternelles de Rouen.

Le pouvoir s'affole et pense pouvoir nous mater. Son calcul ne fonctionnera pas. Les gens attendent des réponses positives sur le pouvoir d'achat et d'autres revendications. La répression et la violence ne règlent rien. Bien au contraire. En mettant de l'essence sur le feu, Macron embrase notre pays tout en démolissant la maison France. Quelle responsabilité dans le désordre et la chienlit!

Ensemble, rassemblés, unis notre mouvement l'emportera et marquera le point!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.